Quand le sort s'acharne...

«J'ai l'impression que c'est irréel», a lancé d'entrée... (photo Janick Marois)

Agrandir

«J'ai l'impression que c'est irréel», a lancé d'entrée de jeu Jonathan Collin, lundi après-midi.

photo Janick Marois

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Jérôme Roy
La Voix de l'Est

(Bromont) La vie semblait finalement vouloir reprendre son cours normal pour la famille de Jonathan Collin. Mais, cruelle ironie du sort, l'homme a appris mardi dernier que le cancer de sa conjointe, Kathy, était revenu beaucoup plus fort. Trop fort.

«J'ai l'impression que c'est irréel», a lancé d'entrée de jeu le Bromontois, lundi après-midi. Visiblement, l'homme est encore sous le choc, une semaine après le terrible verdict, et il fait appel à la générosité du public pour absorber le coup dur.

«Le tabarnak...»

Après avoir combattu un cancer du sein pendant un an et demi, Kathy Gaudreault prenait du mieux. Il y a quatre mois, elle avait terminé ses traitements. La mère de deux enfants - âgés de sept et neuf ans - s'était même trouvé, tout récemment, un emploi «comme elle n'en avait jamais eu». Elle était directrice des opérations à l'hôtel St-Martin de Bromont.

«Même l'oncologue avait dit: "Yes! J'aime ça, des patientes comme ça: il n'y a plus rien! ", se rappelle Jonathan. Elle [Kathy] était super contente, mais elle avait toujours des douleurs dans le cou, ça lui descendait dans le dos».

La femme de 39 ans a donc repassé d'autres tests et l'ombre est revenue planer sur le couple, il y a trois semaines. Une bosse dans le cou était devenue «grosse comme une balle de ping-pong». Le diagnostic, prononcé mardi dernier, a été sans équivoque.

«L'oncologue a l'âge de ma blonde. Elle a pris son souffle et elle a dit: "OK. Tu as dix métastases dans les poumons, puis à l'extérieur des poumons. Tu as une métastase ici. Ça, c'en est une autre. T'en as dans la hanche, le bas des côtes. Les deux bords, c'est des métastases. La chaîne de ganglions, ce qu'ils avaient vu dans le dos, c'est des métastases"», énumère, déconcerté, Jonathan Collin.

L'annonce, livrée vers midi, a frappé de plein fouet. Même la professionnelle de la santé s'est montrée émotive.

«Elle dit ça tel quel: "Le tabarnak, y'est agressif! "», raconte le père de famille.

Comme si ce n'était pas assez, Kathy souffre souvent de maux de tête. Son cerveau pourrait aussi être touché.

Lundi prochain, elle entreprendra de puissants traitements de chimiothérapie. Pour le reste de ses jours. L'objectif est de mettre un terme à l'évolution des métastases, pas de les éliminer.

«La journée qu'ils vont arrêter la chimio: Pop, pop, pop! Ça va repartir plus fort», illustre Jonathan.

Lui éviter de s'en faire

C'est pour cette raison que Jonathan Collin récolte des fonds. Il veut que les derniers moments passés avec Kathy telle qu'il la connaît soient beaux, que la famille en garde un beau souvenir.

«Ma blonde, je ne la reverrai plus, là. La femme que je vois depuis dix ans, il me reste une semaine. Après ça, je vois quelqu'un qui va fighter».

Il faut dire que juste avant que sa conjointe souffre de son premier cancer, l'humoriste a essuyé un important revers financier de 40 000$. Son projet Bromont en couleur n'a pas fonctionné. Deux coups durs qu'il pensait pouvoir mettre derrière lui.

«J'étais vraiment confiant, que c'était une christie de passe rough et je lui disais: "Ça achève Kath, ça achève. Pis après, on repart. On va prendre peut-être un an ou deux, mais on va se relever, financièrement aussi". Mais on n'a pas eu le temps, semble-t-il regretter. On n'a pas eu le temps.»

Il lui a donc demandé de faire une liste. Cinq choses qu'elle aimerait faire. Il doit aussi payer les frais liés aux traitements et à la maladie: médicaments, déplacements, perte de revenus, etc. Il tient surtout à ce que Kathy ne s'en fasse pas avec la question monétaire.

«Je ne veux que ma femme s'en aille à 39 ans en disant: on n'a pas d'argent. C'est inhumain, plaide Jonathan Collin. [...] On arrive de là, l'année passée et il n'y en a pas d'aide. [...] C'est pour ça que je n'attendrai pas après personne, c'est là que ça en prend».

À l'aide de sa page «Dons pour Kathy» sur le site Eventbrite, il a déjà récolté un peu moins que 2000$. Annie Frenette, une généreuse amie qui a déjà souffert du cancer, a aussi offert à la famille deux nuits dans un hôtel de Québec. Jonathan Collin hésite très longuement avant de révéler un objectif, mais finit par avouer que 20 000$ l'aideraient à se procurer une certaine paix d'esprit pendant la tempête dont il ignore la durée. Kathy pourrait survivre jusqu'à cinq ans, ou partir après six mois.

Face à l'ironie

L'humoriste a une entente avec TVA à Sherbrooke pour une prestation captée par des caméras en juin. Jonathan n'a pas encore abandonné l'idée et se donne le temps de voir l'évolution de la situation avant de trancher dans ce dossier.

«Peut-être que ça va me faire du bien», suggère-t-il.

Ironiquement, son spectacle doit s'intituler Vie de marde et il doit y aborder avec humour les épreuves auxquelles il a été confronté.

Autre ironie du sort: afin de remettre ce qu'il avait reçu lors d'une première collecte de fonds, Jonathan Collin voulait aussi mettre sur pied un organisme. La Fondation J'aide était destinée à assister les gens aux prises avec un diagnostic de maladie grave dans les hôpitaux de Cowansville, Granby et Sherbrooke. Les démarches pour créer l'OSBL avaient été entamées; même que son logo et sa page Facebook avaient été créés. De plus, un premier événement pour récolter des fonds, mettant en vedette Sarah Dagenais-Hakim, devait avoir lieu le 4 mai dans un restaurant de Sherbrooke.

Tout a été annulé et le projet se trouve sur la glace en raison du revirement de situation.

S'il avoue ressentir beaucoup de colère face à l'injustice qui afflige sa famille, Jonathan est visiblement résigné et admet qu'il n'est pas seul à faire face à ce genre d'épreuve. Il admire Kathy, qui a l'intention de déjouer les pronostics, de même que ses enfants qui «sont plus forts que nous».

Sa collecte de fonds, qui devait prendre fin mardi, devrait être prolongée de quelques jours.

 

Vous désirez aider la famille de Jonathan Collin? Visitez la page Dons pour Kathy sur le site eventbrite.ca

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer