Primes de transition: l'UMQ veut que la loi change

La présidente de l'UMQ, Suzanne Roy, croit que... (Alain Dion, La Voix de l'Est)

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La présidente de l'UMQ, Suzanne Roy, croit que l'engagement moral des élus de Granby à ne pas toucher leur allocation de transition s'ils quittent leurs fonctions pour un autre emploi doit être soutenu par une modification à la réglementation.

Alain Dion, La Voix de l'Est

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Marie-France Létourneau
La Voix de l'Est

(Granby) Que les élus de Granby renoncent à leur prime de transition s'ils quittent leurs fonctions pour des raisons autres que la santé, c'est bien. Mais un changement de législation en la matière serait beaucoup mieux, estime la présidente de l'Union des municipalités du Québec (UMQ), Suzanne Roy.

«Je pense que c'est la meilleure chose à faire pour protéger l'ensemble des citoyens du Québec», a commenté lundi la présidente de l'UMQ, de passage à La Voix de l'Est.

Selon elle, l'UMQ a fait des représentations en commission parlementaire il y a quelques semaines, dans le cadre du projet de loi 83, afin que les règles du versement de l'allocation de transition soient revues. Mais les élus de Granby n'ont pas attendu avant de s'engager récemment, dans un geste symbolique et unanime, à renoncer à leur allocation de transition s'ils doivent quitter leurs fonctions au cours d'un mandat pour occuper un autre emploi.

«La Ville de Granby va avoir une législation pour appuyer son code d'honneur», relève Mme Roy, également mairesse de la ville de Sainte-Julie.

À l'instar du maire Pascal Bonin, la présidente de l'UMQ croit toutefois que la légitimité des allocations de transition et de départ versées aux élus ne doit pas être remise en question. «Si on ne veut pas avoir comme élus municipaux que des retraités indépendants de fortune, il faut s'assurer qu'il y ait des règles en place qui offrent à tous ceux qui voudraient faire de la politique de ne pas sacrifier les conditions financières de leur famille. Ils ne sont pas là pour s'enrichir, mais ils ne peuvent pas mettre leur famille en danger», croit Suzanne Roy.

Grandes attentes

Les attentes de l'UMQ sont par ailleurs grandes à l'endroit des prochains budgets, provincial et fédéral, qui seront déposés au cours des prochains jours. «Il y a pour 14 milliards$ de projets qui attendent et qui sont prêts à être lancés à court terme», affirme Mme Roy.

Alors que les gouvernements souhaitent favoriser la création d'emploi et de richesse, les «municipalités doivent être priorisées comme lieux d'investissement», dit-elle. «Les projets sont prêts et les besoins sont là. Ça va toucher les populations et intervenir dans toutes les régions du Québec», ajoute-t-elle.

Le ministre fédéral de l'Infrastructure et des Collectivités, Amarjeet Sohi, s'étant montré ouvert à une révision de la répartition des coûts, l'UMQ y va d'ailleurs d'une nouvelle proposition de partage, plutôt que la traditionnelle règle où chaque palier de gouvernement (municipal, provincial et fédéral) assume un tiers de la facture.

«Pour chaque dollar que le gouvernement investit dans le programme tripartite, le fédéral touche 0,30$ en taxes et impôts et le provincial, 0,27$. Comme le municipal n'a pas autant de retombées économiques, pourquoi pas une répartition où 50% des coûts seraient assumés par le fédéral, 33% par le provincial et 17% par les municipalités? Ça compenserait les impôts et les taxes qu'elles ne touchent pas dans le programme tripartite», note Suzanne Roy, qui plaide pour que les municipalités aient aussi voix au chapitre pour déterminer les priorités d'investissement.

Selon elle, le récent refus qu'ont essuyé plusieurs municipalités du Programme de soutien aux installations sportives et récréatives démontre l'ampleur des besoins. Granby comptait sur ce programme pour financer une partie de son futur centre aquatique. «Il y avait 420 millions$ de demandes pour un budget de 50 millions$», expose la présidente de l'UMQ.

Vers une réforme du milieu municipal

La présidente de l'UMQ, Suzanne Roy, souligne que les municipalités sont à «un tournant», alors que plusieurs grands chantiers, «en faveur des citoyens», se concrétiseront au cours des prochains mois. À commencer par la révision du cadre des relations de travail, prévue au printemps.

«Notre objectif n'est pas de décréter des conditions de travail, mais d'avoir des outils de travail pour le faire, s'il n'y a pas d'autres issues. On souhaite toujours d'abord négocier de bonne foi», précise Mme Roy.

Une politique de redditions des comptes est également souhaitée par l'UMQ. «On doit s'assurer de revoir nos méthodes et façons de faire. On a tellement d'exemples, comme un document de sept pages de reddition de comptes pour une subvention de 878$. Ça n'a pas de bon sens. Ça nous coûte plus cher que la subvention qu'on obtient. Il faut faire les choses plus simplement pour que les citoyens puissent s'y retrouver», affirme Suzanne Roy.

L'UMQ fonde en outre beaucoup d'espoir sur l'adoption d'une loi à l'automne pour reconnaître les gouvernements de proximité et délimiter les compétences, les pouvoirs et le rôle des municipalités. «Il faut s'assurer que s'il y a des normes qui changent ou des compétences qui nous sont données, il y ait un lien avec l'argent qui nous est attribué», relève la présidente de l'UMQ.

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