Collège de Maisonneuve: un projet-pilote pour le «vivre-ensemble»

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La ministre de l'Enseignement supérieur, Hélène David (au centre), accompagnée du maire de Montréal, Denis Coderre, et de la directrice générale de l'établissement, Malika Habel, a expliqué que l'argent servirait notamment à embaucher du personnel de terrain pour prévenir les tensions et régler les situations existantes.

La Presse Canadienne

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Anne Laguë
La Presse Canadienne
Montréal

Le gouvernement québécois a répondu à l'appel à l'aide du Collège de Maisonneuve et annoncé, dimanche, une aide financière pour mettre en branle un projet-pilote «d'appui au vivre-ensemble» axé sur la prévention des tensions.

Aux 500 000 $ pour le Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence (CPRMV) annoncés il y a une dizaine de jours, Québec ajoutera 400 000 $ spécifiquement pour le Collège de Maisonneuve pour «implanter des mesures d'appui au vivre-ensemble».

En conférence de presse au collège, la ministre de l'Enseignement supérieur, Hélène David, accompagnée du maire de Montréal, Denis Coderre, et de la directrice générale de l'établissement, Malika Habel, a expliqué que l'argent servirait notamment à embaucher du personnel de terrain pour prévenir les tensions et régler les situations existantes.

Selon des révélations récentes du quotidien La Presse, le Collège de Maisonneuve a notamment été la scène de bagarres impliquant un ou des étudiants prétendument radicalisés, et d'une «occupation» de la bibliothèque de l'établissement. Dans un autre incident, le prédicateur Adil Charkaoui a été arrêté pour voies de fait.

Il y a trois semaines, le maire a rencontré la direction du collège pour faire le point sur la situation. Il a indiqué que les discussions avaient notamment porté sur la «prévention» en lien avec la propagande de l'État islamique.

Ces situations n'ont toutefois pas été directement évoquées ni confirmées par les trois représentants, dimanche, sauf pour l'arrestation de M. Charkaoui. Mme Habel s'est toutefois contentée de dire que le dossier était entre les mains de la justice. Quant à M. Coderre, questionné à ce sujet par un journaliste, il a répondu qu'il n'allait pas «faire de publicité» à quiconque.

Le projet-pilote, a-t-il insisté, est une mesure de prévention pour favoriser le «vivre-ensemble».

«Ce qu'on dit aujourd'hui, c'est qu'on veut redonner le collège à sa communauté et que finalement, au lieu de jouer dans le "diviser pour régner", on travaille tous ensemble. Un des éléments essentiels dans une résolution de conflit ou dans une stratégie de prévention, c'est d'avoir des gens qui sont présents pour faire des liens et prévenir des conflits éventuels.»

L'an dernier, quatre étudiants du collège ont été arrêtés à l'aéroport Montréal-Trudeau, alors qu'ils s'apprêtaient prétendument à se rendre en Syrie pour joindre les rangs d'organisations islamistes extrémistes. Selon Malika Habel, le ressac de ces événements se fait maintenant ressentir.

«Nous devons maintenant nous rapprocher davantage de nos 7000 étudiants et de nos 1000 employés, dont certains ont vu leurs certitudes, leurs croyances, leurs valeurs être ébranlées.»

Personnes-ressources

Le projet-pilote permettra à l'établissement de «compter sur de nouvelles personnes-ressources qui iront sur le terrain, au-devant des membres de notre communauté pour les entendre parler de leur vécu, accueillir leurs questions, leurs perceptions, voire leurs préoccupations», a poursuivi Mme Habel.

Selon la ministre David, les étudiants issus de la diversité culturelle ressentent les effets des actualités. Ils sont ébranlés dans leur identité et inquiets de l'image d'eux qui est véhiculée dans la sphère publique.

Les détails du programme ne sont pas encore connus. L'information et l'expérience acquises au cours du programme pourraient servir pour d'autres situations semblables, à l'extérieur du collège. Ce sera également, d'après le maire Coderre, un «maillon» de plus dans la chaîne, complémentaire au CPRMV.

Mme Habel a par ailleurs affirmé que la direction n'avait aucune information sur des étudiants voulant aller en Syrie. «Cette année, c'est le calme plat, si ce n'est les incidents que vous connaissez» mentionnés dans les médias, a-t-elle affirmé.

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