Lutte à la pauvreté: des projets porteurs mis en péril

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Nicolas Luppens, coordonnateur du GASP, a présenté mercredi le rapport sur les projets menés dans le cadre du Plan d'action pour la solidarité et l'inclusion sociale (PARSIS).

Janick Marois, La Voix de l'Est

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Cynthia Laflamme
La Voix de l'Est

(Granby) Neuf projets ont eu des impacts concrets en matière de lutte à la pauvreté et à l'exclusion sociale en Haute-Yamaska en 2014 et en 2015. Réalisés dans le cadre du Plan d'action régional pour la solidarité et l'inclusion sociale (PARSIS), les projets ont su répondre à un besoin, si bien que les objectifs ont été fracassés.

Malheureusement, comme le PARSIS s'est achevé en 2015, le financement est aussi arrivé à son terme. Les organismes de la région qui ont oeuvré pour réaliser ces projets sont donc entrés en période de latence.

L'avenir de la plupart d'entre eux est compromis. Le ministère du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale travaille sur la troisième édition du plan d'action gouvernemental pour lutter contre la pauvreté. Les consultations publiques sont terminées. Le ministère s'attendait à recevoir150 mémoires, mais en a reçu plus de 200. La date du prochain plan est inconnue.

Selon Nicolas Luppens, coordonnateur du Groupe Actions Solutions Pauvreté, le gouvernement aurait dû prévoir deux ans à l'avance la mise en place du troisième plan panquébécois pour éviter cette période flottante. Si 307 000$ ont été octroyés pour le PARSIS, il faudrait annuellement 235 000$ pour assurer la survie et la continuité de sept projets.

Les Ateliers Porte-clés, pilotés par la Maison des familles de Granby et région, pourront pour leur part continuer leurs activités avec un des trois groupes d'enfants accompagnés grâce à du financement privé.

Ces ateliers ont joué un rôle important pour engager les parents dans la réussite éducative de leurs enfants et pour tisser un lien école-famille-communauté, selon la directrice de la Maison des familles, Line Lambert. «C'est un projet qui est très concerté, qui ne peut pas vivre seul», a-t-elle fait savoir en conférence de presse.

Des projets rassembleurs

Le plan d'action, mis sur pied par le GASP, a été positif pour la communauté de la Haute-Yamaska. Il a notamment permis de réunir les trois travailleuses de rue de la région qui travaillaient séparément pour la maison des jeunes La Barak et Partage Notre-Dame, à Granby, et la maison des jeunes L'Exit, à Waterloo.

Leurs efforts ont été réunis afin d'offrir un maximum de services d'accompagnement et pour harmoniser le travail de rue en Haute-Yamaska.

Un comité, nommé Impact de rue, a été formé avec les trois organismes, le GASP et le CIUSSS-Estrie. «Les trois travailleuses de rue vont travailler sous une même bannière, explique la coordonnatrice de la Barak, Marie-Ève Houle. On se rencontre régulièrement et on avance.»

Des ateliers culinaires pour les personnes vivant en situation ou qui sont à risque d'itinérance ont aussi été offerts par les Cuisines collectives de la Montérégie, en partenariat avec Partage Notre-Dame. Le but était de développer une estime de soi et des connaissances en cuisine et en alimentation. L'organisme a aussi, avec SOS Dépannage, donné des ateliers aux jardiniers des jardins collectifs et communautaires ainsi qu'aux habitants de Saint-Cécile-de-Milton.

Des jardins collectifs ont par ailleurs été lancés ou agrandis et le mouvement des Incroyables comestibles a été mis sur pied par une citoyenne. Ces deux volets ont fait partie du projet de développement de l'agriculture urbaine en Haute-Yamaska, qui a connu une grande popularité alors que plus de200 personnes à faible revenu ont pu bénéficier des récoltes.

L'ACEF Montérégie-Est a voulu, dans le cadre de la priorité «logement» du plan d'action, réaliser un portrait de la situation en consultant 250 locataires à faible revenu. En excluant le prix des loyers, dont la problématique était déjà connue, d'autres problèmes comme l'état des logements ont été cernés. «Pour nous, ça a été quelque chose d'intéressant, confie Roger Lafrance, coordonnateur du bureau de Granby. Ça faisait longtemps qu'on voulait un portrait de la situation sur le terrain.»

C'est aussi dans le cadre du PARSIS que le site Partage-Logis a été élaboré pour faciliter les annonces de recherche de colocation. Plus de vingt personnes y avaient placé une annonce. Malgré la fin du financement, l'ACEF s'est engagé à continuer de gérer le site.

Ces deux projets de l'ACEF sont d'ailleurs les seuls à ne pas nécessiter un financement récurent ou ponctuel.

La force de la Haute-Yamaska

Mandatée par le gouvernement pour l'attribution des enveloppes, la Conférence régionale des élus (CRÉ) de la Montérégie-Est a eu l'occasion de participer à l'élaboration du PARSIS dans la MRC Haute-Yamaska.

La CRÉ a ainsi accompagné le GASP, le CSSS Haute-Yamaska, devenu le CIUSSS de l'Estrie, le CLD et la CDC de la Haute-Yamaska.

«Force est de constater que notre vision était bonne de s'associer à ce triumvirat qui avait une expertise complémentaire, une connaissance des différents enjeux et des besoins en regard à la pauvreté et la solidarité sociale, remarque Pascale Vincelette, conseillère en développement régional pour la CRÉ. J'ai analysé tous les rapports des neuf projets. Je suis agréablement surprise des résultats.»

«Il y a des défis de pérennité, mais je pense que des graines ont été semées pour travailler encore ensemble. Ici, il y a une mobilisation intersectorielle au niveau de la pauvreté et du développement social qui est incroyable et qu'on ne retrouve pas ailleurs dans les autres territoires de MRC», conclut-elle.

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