Plus de 900 employés ont perdu leur travail dans les pharmacies

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Les pharmacies ont dû prendre des mesures pour pallier leur situation financière chancelante.

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Stéphanie Marin
La Presse Canadienne
Montréal

Plus de 900 employés ont perdu leur travail dans les pharmacies du Québec depuis septembre, qui ont aussi réduit sensiblement leurs heures d'ouvertures, révèle un sondage Léger.

Le coup de sonde a été mené à la demande de l'Association québécoise des pharmaciens propriétaires dans 1145 pharmacies, soit 61% du total de ces établissements dans la province.

Selon le communiqué diffusé par l'Association, les congédiements et les heures d'ouverture réduites découlent du retard du gouvernement du Québec à déplafonner les allocations professionnelles des pharmaciens.

Cette mesure était prévue dans l'entente signée avec les pharmaciens propriétaires en juin 2015. Ils avaient alors accepté de contribuer à l'effort budgétaire du gouvernement et convenu de lui verser 400 millions $ sur trois ans, à même leurs honoraires. 

En contrepartie, pour atténuer l'impact financier sur eux, le gouvernement s'est engagé à lever temporairement le plafond des allocations professionnelles, aussi appelées ristournes, soit le montant remis aux pharmacies par les compagnies de médicaments génériques en fonction du volume de vente de ces médicaments, a rappelé l'association.

Depuis septembre, les pharmaciens disent avoir versé près de 50 millions $ au gouvernement en vertu de l'entente signée en juin. Mais ils déplorent que cinq mois après le début des compressions et huit mois après la signature de l'entente, le déplafonnement n'est pas encore en vigueur.

Réduction des heures de travail

Les pharmacies ont donc dû prendre des mesures pour pallier leur situation financière chancelante.

Parmi celles-ci, les réductions des heures de travail du personnel: le sondage fait ressortir que la disponibilité des pharmaciens a régressé partout. Au total, les Québécois sont privés chaque semaine de plus de 3545 heures d'ouverture. Et plus de 48 000 heures de travail par semaine ont été supprimées, y-est-il révélé.

Le sondage fait aussi ressortir que la moitié des pharmacies a réduit les heures de travail des pharmaciens de six par semaine. Les assistants techniques, le personnel sur le plancher et les autres professionnels de la santé, dont les infirmières, ont aussi vu leurs heures réduites.

Bref, des conséquences majeures sur l'économie des pharmacies de quartier et sur l'accessibilité aux patients. Selon l'Association, il y a 1866 pharmacies au Québec qui emploient 41 000 personnes.

«Nous savions que les délais liés au déplafonnement se répercutaient sur les services de proximité, mais l'ampleur des conséquences révélée par le sondage est alarmante», a déclaré dans le communiqué Jean Bourcier, vice-président exécutif et directeur général de l'Association.

«S'il s'agissait d'emplois perdus au sein d'une même entreprise, le gouvernement mettrait tout en oeuvre pour les sauver. Or, dans le cas présent, il ne suffirait que de mettre en vigueur une entente signée il y a huit mois», ajoute M. Bourcier, qui avance que les pharmacies québécoises comptent plus d'employés que ceux de Rona, Bombardier et Rio Tinto réunis.

Des délais normaux, selon le cabinet du ministre Barrette

Au cabinet du ministre de la Santé Gaétan Barrette, on fait valoir que les délais sont normaux et respectent le processus habituel.

Pour permettre le déplafonnement, il faut adopter un règlement, explique-t-on. Or, celui-ci a été pré-publié le 23 décembre dernier et la période de consultation s'est terminée le 5 février. Les commentaires reçus sont actuellement analysés et le processus suit son court pour l'adoption du règlement, a fait savoir par courriel Julie White, l'attachée de presse du ministre.

Néanmoins, le Parti québécois accuse le ministre Barrette d'être responsable de toute cette situation et de la perte des 934 emplois.

«Il a réduit l'accès à des services de soins, des services de santé dans toutes les villes du Québec, dans tous les quartiers du Québec», a déploré Jean-François Lisée, porte-parole du PQ en matière de services sociaux et de santé publique, en point de presse mercredi matin.

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