L'arrivée massive des Syriens est terminée

«On va découvrir plein de choses nouvelles, plein... (Alain Dion, La Voix de l'Est)

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«On va découvrir plein de choses nouvelles, plein de belles choses, de belles valeurs», croit Isabelle Meunier. La responsable de l'accueil des Syriens à SERY leur donnait, mardi, un atelier sur le transport en commun à Granby.

Alain Dion, La Voix de l'Est

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Cynthia Laflamme
La Voix de l'Est

(Granby) «J'ai l'impression que SERY et la Ville ont apporté leur contribution dans ce drame humain. C'était très euphorisant quand la première famille syrienne est arrivée.» Isabelle Meunier est la personne-ressource pour tous les Syriens arrivés depuis janvier à Granby. Maintenant que l'arrivée massive de réfugiés est terminée, la coordonnatrice à l'accueil à SERY témoigne des échanges culturels, mais aussi des barrières à franchir.

Depuis le 15 janvier, Solidarité ethnique régionale de la Yamaska a accueilli 10 familles totalisant 64 personnes. La dernière est arrivée le 28 février, après une semaine particulièrement occupée pour Mme Meunier. Elle a reçu, en 7 jours, six familles. «Si on avait eu une septième famille, ça aurait commencé à congestionner. Là, on aurait eu des difficultés. Au niveau de la logistique, j'étais à ma limite», confie la dame, qui donnait mardi un atelier aux derniers arrivés sur le transport en commun à Granby.

Isabelle Meunier ne s'en cache pas: dans les prochaines semaines, elle souhaite reprendre son souffle. Elle fait ce métier depuis quinze ans, mais en était à sa première expérience d'immigration massive.

«C'était de nouvelles procédures. Ils apprennent de nous et on apprend d'eux. Ce sont différentes cultures qui nous déstabilisent en tant qu'intervenant, alors qu'on a l'habitude de recevoir des gens du continent africain et d'Amérique du Sud, explique Mme Meunier. On va découvrir plein de choses nouvelles, plein de belles choses, de belles valeurs. De ces valeurs, ce que je retiens de plus, c'est l'hospitalité de ces gens-là qui sont très reconnaissants envers le Canada et envers les personnes qui les ont accueillis.»

Des barrières

La responsable a connu, et connaît toujours, certaines des difficultés que partage aussi la nouvelle communauté syrienne.

«Leur grand défi actuellement, c'est la langue! lance-t-elle. C'est impossible de communiquer. Ça doit être tellement frustrant. Je la vis cette frustration-là parce que, parfois, je veux leur donner des informations, des explications. J'y vais avec un mot en français, un mot en arabe, un logiciel de traduction. Je me sens tellement frustrée de ne pas pouvoir leur donner tout ce que je voudrais... Je me dis qu'à l'inverse, ça doit être extrêmement frustrant pour leur quotidien qu'ils veulent nous raconter. Ça prend toujours des interprètes.»

La situation à Granby est toutefois bien différente de ce qu'ont vécu les Syriens à Toronto, où ils sont demeurés des semaines à l'hôtel. Soutenus dès les premières minutes par Mme Meunier, les nouveaux Granbyens ont été logés rapidement. Neuf appartements de cinq pièces avaient été trouvés pour ces familles, en plus d'un logement plus grand encore pour loger une famille de deux adultes et leurs huit enfants.

Une autre difficulté s'est présentée quand le temps est venu de recevoir les familles. Faisant habituellement affaire avec le YMCA pour le transport des nouveaux arrivants dans leur ville d'accueil, SERY devait cette fois composer avec la Croix-Rouge, qui a connu quelques ratés.

La coordonnatrice à l'accueil a, par exemple, attendu une famille pendant deux jours, sans qu'on l'avise qu'elle était coincée à Toronto. Une autre famille s'est pointée une journée plus tôt que prévu. Elle a ainsi dû réagir vite, ayant été avertie à peine 15 minutes avant son arrivée.

Vers des procédures normales

Le centre de bienvenue à Montréal a été démantelé le 29 février. Mais Mme Meunier ne croit pas que l'arrivée de Syriens s'arrêtera là. Avec le nouveau bassin qui s'est ouvert, Granby pourrait en accueillir à nouveau, mais cette fois, selon les procédures normales. Contrairement aux dernières semaines, ils arriveront en semaine et leur arrivée sera connue deux à trois semaines à l'avance.

Durant cette période achalandée, les municipalités d'accueil du Québec ont toutefois cessé de recevoir des réfugiés d'autres pays, selon ce qu'a pu constater Mme Meunier.

Était-ce mieux ainsi? «Non, parce que les besoins sont aussi ailleurs, au Congo par exemple où ça ne va pas mieux, répond-elle. J'aurais préféré que ça continue sur la même lancée, que ça ne vienne pas diminuer le volume des gens d'origine africaine. Mais je suis quand même très contente de recevoir ces Syriens, ajoute-t-elle avec fierté. J'ai l'impression de participer à quelque chose de spécial, d'extraordinaire, de très humain.»

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