Allocations de transition: un geste symbolique et unanime

Les élus granbyens se sont engagés lundi soir... (photo Janick Marois)

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Les élus granbyens se sont engagés lundi soir à renoncer à leur allocation de transition, s'ils doivent quitter leurs fonctions au cours d'un mandat pour occuper un autre emploi.

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Marie-France Létourneau
La Voix de l'Est

(Granby) Dans un geste symbolique et unanime, les membres du conseil municipal de Granby se sont engagés lundi soir à renoncer à leur allocation de transition, s'ils doivent quitter leurs fonctions au cours d'un mandat pour occuper un autre emploi.

«Il n'y a pas beaucoup de conseils municipaux au Québec qui sont allés aussi loin que ça», a commenté le maire Pascal Bonin.

Fait rarement vu à la table du conseil, les élus présents ont été invités à signer sur une base volontaire et séance tenante ce nouvel engagement personnel.

Détail important: les conseillères récemment élues, Julie Bourdon et Denyse Tremblay, ne sont toutefois pas concernées pour le moment par ce point, car elles doivent avoir à leur actif 24 mois de service continus avant d'avoir droit à une allocation de transition.

Le conseiller municipal responsable des finances, Jocelyn Dupuis, a fait valoir que la réflexion menée par les élus a été réalisée à la suite du départ, coup sur coup et à mi-mandat, des conseillers Pierre Breton et Serges Ruel l'automne dernier. Le premier a été élu député fédéral de Shefford et le second oeuvre dorénavant à ses côtés à titre d'adjoint de circonscription.

«Le fait qu'ils aient droit à une allocation de transition m'a un peu embarrassé», a affirmé M. Dupuis.

Frais importants

Selon Jocelyn Dupuis, les deux élections partielles ainsi que le versement aux deux élus démissionnaires de leurs allocations de départ et de transition respectives ont engendré des coûts totaux de 133 636 $ pour la Ville.

Récemment, le maire Bonin a d'ailleurs souligné que les municipalités n'ont pas le loisir de faire ce qu'elles veulent avec les allocations de transition, car celles-ci sont encadrées par un «carcan» légal. «La Loi (sur le traitement des élus municipaux) ne nous permet pas de mettre des conditions au versement des primes. Tu as une prime ou tu n'en as pas», avait-il expliqué. 

Avec le renoncement volontaire des élus à leur allocation de transition en cas de départ pour un autre emploi, le conseil «est allé aussi loin que le cadre légal le permet», a souligné le maire lundi soir.

Le conseil municipal Jean-Luc Nappert a pour sa part déclaré qu'à ses yeux la rémunération des élus devrait passer par leur «salaire annuel» et non par l'allocation de transition. «Point final», a-t-il laissé tomber.

Son homologue à la table du conseil, Robert Riel, a de son côté rappelé que les élus ont renoncé il y a deux ans à une augmentation de salaire de 16 % pour rattraper un retard observé avec leurs homologues d'autres villes. Ils se sont aussi engagés à ne pas utiliser, si possible, l'allocation annuelle de 6000 $ versée à chacun des élus à titre de frais de recherches et de soutien. «C'est quand même une bonne somme qu'on a refusée», a souligné M. Riel.

De la politique

Cet engagement des élus n'a cependant pas convaincu le citoyen Richard Dubé qui dénonce le versement d'une allocation de transition - aux conseillers municipaux en particulier - depuis des années. «Je n'en démords pas. C'est inacceptable que des gens qui nous représentent aient des privilèges auxquels, nous, on n'a pas droit», a-t-il lancé en affirmant qu'il relancerait le débat lors de la prochaine élection municipale, en 2017.

«Vous faites de la politique, lui a cependant lancé le maire Bonin d'un ton exaspéré. Si vous voulez vous présenter, faites-le!»

«C'est un principe pour moi et vous n'avez pas réussi à me convaincre», a affirmé Richard Dubé.

Le conseiller Jocelyn Dupuis a pour sa part relevé que chaque emploi a ses avantages. «Être conseiller, ce n'est pas un privilège, c'est un emploi. (...) Pour le travail de conseiller, l'avantage, c'est la prime. On n'est pas allés se chercher un privilège. La prime était là. Là, on a réglé le problème de ceux qui partent avant la fin», a-t-il tranché.

Absent lundi, le conseiller Joël Desmarais sera également invité à s'engager à renoncer à son allocation de transition s'il quitte ses fonctions en cours de mandat pour un autre travail.

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