Des astuces pour s'alimenter à bon prix

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Éplucher les circulaires figure également parmi les astuces pour économiser.

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Jean-François Guillet
La Voix de l'Est

(Granby) Avec le prix des aliments qui ne cesse de gonfler, boucler le budget devient un véritable casse-tête pour bien des familles. Il existe pourtant des astuces simples pour bien se nourrir à coût raisonnable, sans sauter de repas.

«Le prix du panier d'épicerie est sur toutes les lèvres depuis plusieurs mois. Et malgré ce qu'on pourrait penser, pour plusieurs ménages, l'alimentation est le premier poste budgétaire avant même le loyer. Malheureusement, quand les finances écopent, les gens coupent dans la qualité et la quantité des produits qu'ils achètent. Pourtant, il y a des solutions de rechange et des trucs pour arriver à s'en sortir», indique le directeur de l'Association coopérative d'économie familiale (ACEF) de la Montérégie-Est, Roger Lafrance.

Selon lui, la plupart des gens devront changer leurs habitudes d'achat, notamment en mettant de côté leur impulsivité une fois devant les étalages des commerçants. «Tout indique que la hausse du prix des aliments n'est pas passagère. Alors on conseille aux gens de repenser leur façon d'acheter, de consommer. La nourriture est souvent associée au plaisir. Et c'est très bien. Mais il ne faut pas laisser les émotions prendre constamment le dessus», mentionne M. Lafrance.

D'ailleurs, les prévisions sont plutôt éloquentes. Le prix de l'ensemble des denrées alimentaires devrait croître de 2% à 4% en 2016, rapporte une étude réalisée par la Food Institute de l'Université de Guelph. On parle donc d'un taux d'inflation alimentaire plus élevé que le taux d'inflation global. Ainsi, les ménages québécois devraient s'attendre à débourser en moyenne 365$ de plus cette année, relativement à des achats similaires en 2015. Par exemple, le coût du bifteck de surlonge a été majoré de 14,5% en janvier comparativement à pareille date l'an passé, selon Statistique Canada. Pour la même période, le prix du boeuf haché régulier a grimpé de 6,3%. Du côté des fruits et légumes, le prix des bananes a enregistré une hausse de 3%, tandis que celui des oignons a augmenté de 19%. Le coût du céleri a connu un boom fulgurant de près de 70%. Les prix des tomates et du saumon (sockeye) en conserve ont toutefois reculé respectivement de 6% et de 4,6%.

La simplicité au menu

L'ACEF Montérégie-Est offre des séances gratuites d'information sur l'alimentation dans ses locaux de Granby. Voici quelques-uns des trucs évoqués dans ces ateliers fort prisés. Le premier en tête de liste est... justement, la liste. «L'idée quand on va faire l'épicerie, c'est de garder ça simple. En notant ce qu'on a besoin, ça évite de s'éparpiller. Et personne ne veut faire grimper sa facture en ajoutant un aller-retour au marché pour un piment qu'on a oublié», indique M. Lafrance.

Éplucher les circulaires figure également parmi les astuces pour économiser. «Pourtant, il y a beaucoup de gens qui n'osent pas les regarder, concède le directeur de l'ACEF. L'idéal est d'élaborer les repas de la semaine en fonction des spéciaux.» Faire l'inventaire des denrées à la maison et avoir toujours des aliments de base dans le garde-manger est aussi à préconiser. On parle entre autres de poisson en conserve, d'oeufs, de pâtes alimentaires puis de légumineuses. L'achat d'un congélateur est également un bon investissement, souligne M. Lafrance. «Avec le prix des aliments qui monte constamment, acheter en plus grande quantité est un bon truc, principalement les fruits et les légumes quand les prix sont au plus bas, dit-il. Ça permet de les congeler et d'en avoir sous la main en tout temps.»

Une fois dans les allées au supermarché, gardez en mémoire le «bon prix» des aliments. Une visite sur des sites web tels onmagasine.ca et soscuisine.com pourront vous aider dans votre recherche de produits à petits prix. Planificateur de repas, comparateur de circulaires, liste d'épicerie pour téléphone mobile et répertoire du coût des aliments selon les saisons, ne sont que quelques-uns des outils disponibles sur ces plateformes.

«En faisant le moindrement attention, on peut économiser jusqu'à 20% à 30% sur le coût du panier d'épicerie, fait valoir Roger Lafrance. Il ne faut pas hésiter à s'informer, à comparer les prix. C'est une question de gros bon sens.»

À vos fourneaux!

Éviter l'achat d'aliments transformés demeure une bonne façon de réduire la facture d'épicerie. En contrepartie, il faut être prêt à sortir les livres de recettes, puis à mettre les mains à la pâte.

Alors que le coût du panier d'épicerie atteint des sommets, les ateliers des Cuisines collectives de la Montérégie ne cessent de gagner en popularité. «Je ne peux pas nécessairement faire de lien direct avec la hausse des prix des aliments, mais nos services sont très populaires. C'est simple, il faudrait inventer un quart de nuit pour répondre à la demande», indique Mathieu St-François, vice-président du conseil d'administration de l'organisation.

Évidemment, un des principaux attraits de tels ateliers est d'obtenir des repas à petit prix. Les Cuisines collectives n'échappent toutefois pas à l'inflation alimentaire. «Il y a à peine trois ans, on était capables d'obtenir des repas à 75¢ par portion. Maintenant, on est davantage à 1$ chacune. Même si ça demeure abordable, c'est quand même une augmentation de 25%, mentionne Mathieu St-François. Imaginons quand les gens ne font pas attention à leurs dépenses en alimentation.»

Éducation et créativité

Les émissions culinaires ont la cote depuis plusieurs années. Cette réalité amène plusieurs personnes à tester leurs aptitudes en cuisine, mentionne Mathieu St-François. En contrepartie, beaucoup d'efforts restent à faire pour sensibiliser les gens à utiliser les aliments à leur plein potentiel, tout en réduisant le gaspillage. «À une certaine époque, presque rien ne se perdait dans le garde-manger. Ça s'est perdu au fil des années, dit-il. Pourquoi jeter un céleri un peu défraîchi alors qu'il peut très bien servir dans une soupe? C'est la même chose pour une foule d'autres choses. Il y a vraiment de l'éducation à faire de ce côté.»

La créativité va également de pair avec le fait de diminuer au maximum la facture d'épicerie. Il est possible de remplacer la viande par du tofu ou des légumineuses dans une recette, un pâté chinois aux lentilles par exemple. On peut aussi mélanger du porc haché au boeuf, ce qui réduira le coût par portion sans altérer le goût. Certains sites web proposent même des idées de recettes concoctées à partir de ce que vous avez dans le frigo. Il suffit de rentrer la liste d'ingrédients et le tour est joué. «La viande coûte cher, c'est un fait. Mais les gens ne sont pas obligés de devenir végétariens pour autant. Il y a des alternatives. Il ne faut pas hésiter à ouvrir son fourneau, à faire son propre bouillon de poulet, sa sauce tomate. Ça rassemble les gens dans la cuisine et ça permet d'économiser.»

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