Québécois décédés en Nouvelle-Zélande: des avertissements ignorés

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Le sentier Kepler était dangereux en juillet, au moment où les jeunes Québécois s'y sont aventurés.

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(Shefford) Les deux randonneurs québécois décédés dans une avalanche en juillet 2015 sur le sentier Kepler, en Nouvelle-Zélande, ont ignoré les avertissements répétés par plusieurs personnes sur les dangers d'entreprendre cette marche, selon le rapport du coroner qui s'est penché sur la tragédie.

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Louis-Vincent Lessard (sur la photo), de Shefford, et Étienne Lemieux étaient âgés de 23 ans quand ils ont entrepris de s'aventurer sur le sentier Kepler. 

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Louis-Vincent Lessard, de Shefford, et Étienne Lemieux, de Repentigny, deux étudiants en design industriel à l'Université de Montréal, étaient âgés de 23 ans quand ils ont entrepris de s'aventurer sur le sentier Kepler, dans le parc national Fiordland au début du mois de juillet.

Les deux hommes ont passé la nuit du 8 juillet au refuge Hanging Valley et ils auraient été engloutis par une avalanche le lendemain, alors qu'ils se trouvaient aur le sentier menant à Luxmore Hut et au lac Te Anau.

Les deux jeunes hommes sont morts par asphyxie. Leurs corps ont été retrouvés à environ 350 mètres du sentier, a rapporté jeudi le média néo-zélandais The Southland Times.

Le coroner de Dunedin, en Nouvelle-Zélande, David Crerar, affirme dans son rapport qu'ils ont sous-estimé les dangers auxquels ils étaient confrontés. «Ils ne comprenaient pas les dangers auxquels ils faisaient face», écrit-il.

Les autorités ignoraient que les jeunes étaient disparus jusqu'à ce que les parents alertent la police puisqu'ils n'étaient pas arrivés à l'aéroport de Montréal comme prévu. Les corps ont été découverts le 27 juillet.

Plusieurs avertissements

Le rapport du coroner indique qu'une opératrice de station-service, Diane Holmes, a recommandé à Louis-Vincent Lessard et Étienne Lemieux de ne pas emprunter le sentier Kepler à cause de la «très mauvaise» température.

Les jeunes hommes ont répondu qu'ils étaient habitués à la température au Canada et qu'ils avaient déjà vu pire.

Dans le rapport, Diane Holmes indique que «son impression était qu'ils n'avaient pas pris son conseil au sérieux et qu'ils allaient faire cette randonnée».

Les Québécois ont aussi croisé sur leur route Bervely Thorne, qui loue de l'équipement spécialisé. Ils ont discuté de la nécessité de posséder des piolets et des crampons. Ils ont affirmé être expérimentés dans des conditions où les pistes sont enneigées et glacées.

Beverly Thorne les a avertis qu'il y aurait de la neige sur le sentier, ce qui créerait des risques d'avalanche. Elle leur a conseillé de vérifier préalablement les conditions météorologiques au centre des visiteurs du parc national et de les aviser de leurs intentions. Les aventuriers ne lui ont pas loué d'équipement.

Par la suite, Louis-Vincent Lessard et Étienne Lemieux ont rencontré une ancienne guide de sentier, Shirley Mouat. Lorsque les deux hommes lui ont avoué qu'ils souhaitaient entreprendre le sentier Kepler, elle leur a dit: «Oh mon Dieu, ne faites pas ça, c'est trop dangereux.»

Elle a ajouté qu'il y aurait beaucoup trop de neige et qu'elle ne considérerait pas de traverser la section la plus en hauteur, toujours selon le rapport du coroner. Les deux comparses ont répondu qu'ils souhaitaient ardemment accomplir ce sentier.

Enfin, une garde-forestière du centre de Te Anau, Karin Doughety-Van Amerongen, a indiqué au coroner qu'elle a avisé Étienne Lemieux et Louis-Vincent Lessard que le sentier Kepler ne pouvait être emprunté à cette période de l'année (en juillet), à cause de la neige. Elle leur a même présenté une carte détaillant les avalanches sur le sentier Kepler, ainsi que des pistes alternatives.

Imprudence

En ignorant ces avertissements verbaux et les écriteaux de danger à l'entrée du sentier, et en ne tenant pas compte des prévisions météorologiques et des risques d'avalanches, les deux hommes ont été très imprudents. Ça a d'ailleurs été une cause majeure de l'accident, selon le rapport.

Louis-Vincent Lessard et Étienne Lemieux n'avaient pas de détecteurs d'avalanche, de balises de localisation d'urgence, de pelles, de piolets et de crampons, qui sont obligatoires lors d'un voyage en montagne, ajoute le rapport.

Ils n'ont avisé personne de leurs intentions, en restant évasifs et en les dissimulant délibérément, selon le rapport.

Le coroner recommande une amélioration des pratiques existantes au centre des visiteurs du parc national de Fiordland et un meilleur contrôle sur les risques d'avalanche. Le rapport suggère l'ajout de caméras de sécurité et d'une meilleure signalisation en cas de possibilités d'avalanche.

Pourtant, il a rejeté l'idée que le sentier Kepler puisse être fermé si les dangers sont trop élevés, arguant qu'un parc national doit rester ouvert en tout temps, pour le plaisir de tous.

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