Pas de semaine de relâche à la CS des Hautes-Rivières

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«C'est un échec, dit la présidente de la commission scolaire des Hautes-Rivières, Andrée Bouchard. Il n'y a pas eu d'impact.»

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Pascal Faucher
La Voix de l'Est

L'annulation de la semaine de relâche n'a rien changé dans les négociations entre la commission scolaire des Hautes-Rivières et le syndicat des enseignants à l'origine de cette décision, il y a un an.

«C'est un échec, soutient la présidente de la commission scolaire, Andrée Bouchard, en entrevue. Il n'y a pas eu d'impact. Les enseignants voulaient avoir des arrangements locaux qui ne faisaient pas notre affaire à cause des compressions.»

«Ça démontre l'inefficacité des moyens utilisés, dit Patrick Dubois, président du Comité de parents. Ça n'a généré que beaucoup de mécontentement.»

Un an plus tard et une semaine de relâche en moins, les négociations en sont au même point. Il n'y a eu aucune percée sur les trois points en litige, soit la question des congés spéciaux, des classes multiâges et de la parité avec les autres employés de Hautes-Rivières.

Qui plus est, la semaine de relâche de 2017 est aussi sur la sellette. «C'est le temps d'adopter le prochain calendrier scolaire et il n'est même pas en consultation, dit Mme Bouchard. Ça crée une incertitude, et je ne peux pas croire que les profs voudront revivre ça!»

La commission scolaire des Hautes-Rivières serait de nouveau la seule à adopter un tel calendrier, si c'est le cas.

«Décision démocratique»

Présidente du Syndicat de l'enseignement du Haut-Richelieu (SEHR), Jacinthe Côté reconnaît que cette mesure - qu'elle refuse d'appeler «moyen de pression» - n'a rien donné jusqu'ici. «On est à la même place que l'an dernier, toujours en discussion avec l'employeur», dit-elle, refusant d'en dire plus «pour ne pas nuire au processus actuel». «On attend des réponses.»

Le syndicat regrette-t-il d'avoir modifié le calendrier scolaire? «On a fait ce qu'il y avait à être fait, dit Mme Côté. On l'a fait en connaissance de cause et c'était une décision démocratique. Ça avait tout son sens, on était en négociation et les enseignants voulaient un ensemble de choses.»

«On n'était pas dans la stratégie, insiste la présidente du SEHR. C'était une négociation, pas un moyen de pression.»

Pas de perte

Jacinthe Côté ne croit pas que les quelque 18 000 élèves de la commission scolaire des Hautes-Rivières, au centre de la Montérégie, soient les grands perdants dans cette histoire. Elle rappelle que pour compenser, l'année scolaire a commencé avec une semaine de retard, en septembre.

«Les élèves auront tous les jours de classe prévus au calendrier pédagogique. Le travail sera fait.»

Dans la grisaille de l'hiver, la semaine de relâche du début mars constituait toutefois un congé salutaire, autant pour les élèves que pour les professeurs, dit Andrée Bouchard, et l'annuler ne favorise pas la réussite scolaire. Selon la présidente de Hautes-Rivières, la plupart des enseignants sont «ben découragés» d'avoir renoncé à ce congé.

«Vous savez, aux assemblées syndicales il y a 100, 150 personnes sur 2000 enseignants, et la décision s'est prise là.»

Mère de quatre enfants, Caroline Massé a «aimé... (Christophe Boisseau-Dion) - image 2.0

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Mère de quatre enfants, Caroline Massé a «aimé prolonger l'été une semaine de plus» et ne voit pas la situation actuelle avec amertume.

Christophe Boisseau-Dion

Des parents mécontents, d'autres non

Tous les parents ne sont pas fâchés de l'annulation de la semaine de relâche à la commission scolaire des Hautes-Rivières, la semaine prochaine.

«J'appuie à 100 % les profs dans leur démarche, indique Marie-Ève Dupré, une mère dont la fille fréquente l'école primaire Saint-Vincent, à Saint-Césaire. Je comprends les désagréments pour certains parents, mais je pense que les enfants ont quand même eu une semaine de répit en septembre.»

La situation est plus difficile pour les élèves du secondaire, croit Mme Dupré. «Au primaire, c'est moins demandant. Je ne vois pas que mon enfant a la langue à terre. Ce qui m'intéresse, moi, c'est sa réussite scolaire.»

Modifier le calendrier est une décision prise par les enseignants «pour le mieux, pour eux et pour les élèves», dit pour sa part Caroline Massé, une mère de quatre enfants qui habite aussi Saint-Césaire. «Ils sont totalement impliqués, et sont des parents eux aussi!»

Elle fait remarquer que gérer une semaine de relâche est de toute façon un fardeau pour plusieurs parents. «C'est très intense, alors je ne vois pas de côté négatif.» Si elle reconnaît que ce répit est bénéfique pour les élèves, elle a «aimé prolonger l'été une semaine de plus» et ne voit pas la situation actuelle avec amertume.

«Les enfants en font les frais»

Le président du Comité de parents de la CS des Hautes-Rivières est d'un autre avis. «Ça a été un enjeu de négociation et les enfants en font les frais, dit Patrick Dubois. La semaine de relâche, c'est un moment de transition, de repos, avant la troisième étape qui compte pour 60 % des notes. C'est aussi un moment pour les parents, une période familiale.»

D'autres parents ne décolèrent pas non plus. «Ce n'est pas au début septembre qu'ils en avaient besoin [NB<saxo:ch value="226 128 137"/>: d'une semaine de congé], ils venaient d'avoir deux mois de congé, écrit une mère sur le réseau social Facebook. C'est en mars qu'ils en ont besoin, afin de repartir la dernière étape en force.»

«Les enfants c'est comme les adultes, ça a besoin de décrocher pour mieux repartir», écrit une autre. «Ils ont besoin d'une relâche, point à la ligne! , estime une autre mère. Les profs se sont fait avoir.»

Haut taux d'absentéisme à prévoir?

La commission scolaire des Hautes-Rivières s'attend à ce qu'il y ait «probablement» un haut taux d'absentéisme dans ses écoles la semaine prochaine, reconnaît la présidente Andrée Bouchard, et surtout au primaire.

«Nous, on a fait nos devoirs», dit la présidente. Mme Bouchard précise que certains parents amènent leurs enfants en vacances en tout temps durant l'année scolaire, mais que d'autres n'ont simplement pas les moyens de prendre des congés durant cette période.

Président du Comité de parents, Patrick Dubois croit lui aussi que les absences seront élevées «autant chez les élèves que chez les enseignants»!

Boycott

Des parents de la MRC de Rouville annoncent déjà via internet qu'ils garderont leurs enfants avec eux la semaine prochaine.

«J'appuie les enseignants dans leurs requêtes, mais des mauvais choix, non, j'appuie pas ça», écrit une mère. «Donner une relâche à nos enfants c'est aussi appuyer nos merveilleux profs», dit une autre.

«Si vous en avez la chance, gardez vos enfants avec vous cette semaine-là ou quelques jours du moins; ils n'en seront que plus performants», écrit une autre. pascal faucher

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