L'aventure thérapeutique d'un survivant du cancer

Étienne Gagnon, 14 ans, entame une expédition en traîneau... (alain dion)

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Étienne Gagnon, 14 ans, entame une expédition en traîneau à chiens d'une soixantaine de kilomètres au coeur de la nature du parc Algonquin en Ontario. Treize autres jeunes survivants du cancer provenant des quatre coins du pays prendront également part au périple, qui s'échelonnera du 27 février au 6 mars.

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Jean-François Guillet
La Voix de l'Est

(Lac-Brome) Combattre un cancer est en soi un défi de taille. C'est l'épreuve que surmonte Étienne Gagnon. Mais voilà, il en faut davantage pour arrêter l'adolescent de 14 ans de Lac-Brome. Le jeune battant s'apprête à repousser ses limites en participant à une expédition de six jours en traîneau à chiens au coeur de la nature du parc Algonquin en Ontario.

Étienne Gagnon a le bonheur facile. Il suffit d'évoquer une virée en forêt ou sur un plan d'eau pour que le jeune autiste arbore un large sourire. En septembre dernier, alors qu'il était en plein traitement pour éradiquer le lymphome de Hodgkin qui tentait de s'enraciner en lui, il a pris part à son premier périple chapeauté par la fondation Sur la pointe des pieds.

Il n'oubliera pas de sitôt cette excursion de quatre jours en canot rabaska, avec une douzaine d'autres jeunes de 14 à 18 ans, sur le réservoir du Poisson Blanc en Outaouais. «L'expédition, j'ai aimé ça parce qu'il y avait une belle complicité entre les participants. J'avais posé une question [aux organisateurs] avant de décider d'y aller: "Est-ce que ma mère va être là? " Quand on m'a dit que non, j'ai embarqué!», lance en riant l'adolescent.

Fébrilité

De son côté, Dominique Labrecque, la maman d'Étienne, était plutôt fébrile à quelques heures du départ de fiston vers l'inconnu, le 27 février. «Je sais que mon garçon n'a pas peur de se lancer dans l'aventure. Être avec la meute de chiens, en pleine nature, c'est le genre de chose qui l'allume. Moi, je vais jouer la groupie en suivant son trajet par GPS et sur le blogue de la fondation», dit-elle en jetant un regard complice à l'aventurier en devenir.

D'ailleurs, Étienne ne sera pas seul à se familiariser avec la vie des meneurs de traîneaux à chiens, communément appelés «mushers». En fait, ils seront 14, venus des quatre coins du pays. En groupes de deux, ils dirigeront leur attelage d'un campement à l'autre, bouclant une quinzaine de kilomètres à chacune des étapes de l'expédition de six jours. «Ça va être le fun. Je vais me dépasser. Jamais je n'aurais pensé faire ça dans ma vie», confie le jeune scout. Ils seront accompagnés pour l'occasion de guides puis d'une équipe médicale.

Clin d'oeil

La fondation Sur la pointe des pieds a soufflé 20 bougies cette année. Kayak de mer, rafting, canot-camping et randonnée, ne sont que quelques exemples de périples offerts aux jeunes atteints de cancer. Pour l'équipe de l'organisme sans but lucratif, l'expérience de «mushers» sera un retour aux sources.

«L'idée de la fondation est venue du besoin d'un oncologue de l'hôpital de Montréal pour enfants, qui trouvait que ses traitements guérissaient le corps, mais pas toutes les autres sphères affectées par le cancer. Il voulait trouver une approche plus globale qui s'harmonisait avec la nature. La première expédition est née en 1996 avec cinq de ses patients. Comme c'était en traîneau à chiens, on veut faire un clin d'oeil en ramenant ce genre d'aventure thérapeutique pour souligner les débuts de l'organisation», indique Marc-André Galbrand, chargé de projets pour la fondation.

Chaque excursion, poursuit-il, est une façon pour les adolescents de «tourner la page» sur un épisode ardu de leur existence. «On ne veut pas changer les comportements chez les jeunes. Le but, c'est avant tout de dédramatiser ce qu'ils ont vécu à travers leur combat contre le cancer. Ça leur fait réaliser qu'ils ne sont pas seuls à être passés par là, explique-t-il. En même temps, ça renforce leur estime de soi, car chaque défi est unique.»

Du rêve... à la réalité

Outre l'effervescence de la fin de son périple, le 6 mars, Étienne aura droit à une surprise de taille à son retour au bercail. En effet, l'équipe de l'organisme Rêves d'enfants profitera de l'absence du jeune homme pour transformer sa chambre. Cinéma maison, console de jeux vidéo et mobilier tout neuf matérialiseront cette transformation quand il regagnera ses pénates. «C'est vraiment exceptionnel ce qui arrive à Étienne avec la fondation Sur la pointe des pieds et avec Rêves d'enfants. C'est un baume sur une année plutôt éprouvante pour la famille, confie la mère monoparentale, l'oeil humide. Pour lui, autant que pour moi, ce sera un nouveau départ.»

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