Pas question de bannir les sacs de plastique dans la région

Contrairement à Montréal et à Brossard, Bromont, Cowansville... (Janick Marois, La Voix de l'Est)

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Contrairement à Montréal et à Brossard, Bromont, Cowansville et Granby n'ont pas l'intention de bannir les sacs de plastique dans les commerces au détail comme les supermarchés.

Janick Marois, La Voix de l'Est

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Michel Laliberté
La Voix de l'Est

(Granby) Les marchés d'alimentation et les commerces au détail de la région continueront d'offrir des sacs de plastique à leurs clients. Les administrations municipales de Bromont, Cowansville et Granby, contrairement à Montréal et Brossard, n'ont pas l'intention de les bannir.

Interdire les sacs de plastique est prématuré, croit le maire de Granby, Pascal Bonin. «Par quoi va-t-on les remplacer? Quelle alternative va-t-on donner aux gens? Des sacs réutilisables! On en retrouve dans les sites d'enfouissement. Ça ne solutionne pas le problème», croit-il.

Corinne Labbé, mairesse suppléante de Cowansville, soulève également l'argument de l'alternative. «Ce n'est pas assez de dire aux gens que leur empreinte écologique est trop grande lorsqu'ils utilisent des sacs de plastique. Quelle est l'alternative? Il faut en donner une aux gens», soutient-elle. «On peut viser le long terme pour les bannir. À court terme, ça va décourager les gens.»

L'interdiction des sacs de plastique n'est pas considérée comme une priorité pour Bromont, a indiqué la mairesse Pauline Quinlan. La Ville mise davantage sur l'éducation pour réduire leur utilisation. «Il faut continuer de changer nos habitudes. Ça prend du temps. Mais on y arrive. Beaucoup de gens ont des sacs réutilisables maintenant», a-t-elle expliqué lundi. Selon ses observations, les deux tiers des gens arrivent à l'épicerie avec leurs sacs réutilisables.

La Ville de Montréal a annoncé lundi qu'elle interdira aux commerces sur son territoire d'utiliser des sacs de plastique. La mesure, qui entrera en vigueur à partir du 1er mai 2018, vise tous les sacs de moins de 50 microns d'épaisseur, ceux utilisés notamment dans les supermarchés, en plus de tous les sacs dégradables. À noter que seuls les sacs utilisés pour emballer des légumes seront permis.

La Ville de Brossard a lancé le bal la semaine dernière en annonçant la fin des sacs de plastique sur son territoire dès cet automne. On s'attend à ce que les 80 autres municipalités de la région de Montréal interdisent les sacs de plastique dès avril 2018.

Paradoxe

M. Bonin s'est dit étonné de la décision de la Ville de Montréal d'interdire les sacs de plastique. Il qualifie le tout de «gros paradoxe», rappelant que la Ville a déversé des milliards de litres d'eaux usées dans le fleuve en novembre. «C'est tellement gros que ça n'a pas de bon sens», a-t-il dit, décriant que le maire (Denis Coderre) se paie des «publi-reportages» avec son annonce.

Comme il l'avait fait en janvier en entrevue à La Voix de l'Est, M. Bonin a dit estimer que la recherche et le développement pourront déboucher sur la fabrication de sacs de plastique biodégradables de nouvelle génération. Ces sacs auraient un cycle de décomposition rapide, permettant leur compostage, dit-il. La MRC de la Haute-Yamaska travaille d'ailleurs à mettre en place un service de collecte des matières organiques en 2018. «On se concentre à revaloriser ces matières. Durant dix ans, malgré les efforts faits, on n'a pas été capables de mettre en place des structures pour les revaloriser. On ne doit pas s'éparpiller», a-t-il affirmé.

Le comité de développement durable de la Ville de Cowansville, mis sur pied cette année, pourrait étudier la question des sacs de plastique, a dit Mme Labbé. Quoi qu'il arrive, a-t-elle souligné, le comité travaillera de concert avec les commerçants.

Les sacs de plastique sont recyclables, a rappelé Mme Quinlan. Les gens peuvent les mettre dans leur bac bleu, a-t-elle dit. La mairesse est d'avis que les municipalités doivent continuer de miser sur l'éducation pour améliorer le bilan des matières résiduelles. Elle a ajouté que le bannissement de ces sacs serait difficile administrativement à faire respecter. «Si on fait un règlement, il faut le faire appliquer.»

Populaires, les sacs réutilisables

Le recours aux sacs réutilisables est très élevé à Bromont. Au Marché Lambert IGA, 75% des clients utilisent de tels sacs, soutient Valérie Belzile, comptable de l'entreprise.

Au Metro Plouffe de Granby, plus de 60% des clients ont leurs sacs réutilisables, soutient Jean-Pierre Gariépy, directeur de l'établissement. Selon lui, l'imposition de 5¢ par sac de plastique a encouragé les gens à acheter des sacs réutilisables. «Ç'a changé complètement la dynamique. C'est une bonne décision parce qu'ils économisent et c'est bon pour l'environnement», a-t-il indiqué.

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