Les coupes annoncées dans les CPE dénoncées à Saint-Paul-d'Abbotsford

Éducateurs, parents, grands-parents, membres de conseils d'administration et... (Alain Dion, La Voix de l'Est)

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Éducateurs, parents, grands-parents, membres de conseils d'administration et enfants se sont réunis devant l'église de Saint-Paul-d'Abbotsford, pancarte et casserole en main, pour protester une énième fois contre les compressions de 120 millions annoncées dans le réseau des CPE.

Alain Dion, La Voix de l'Est

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Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est

(Saint-Paul-d'Abbotsford) Le froid était mordant, très tôt lundi matin, mais pas encore suffisamment pour refroidir l'ardeur des manifestants. Éducateurs, parents, grands-parents, membres de conseils d'administration et enfants se sont réunis devant l'église de Saint-Paul-d'Abbotsford, pancarte et casserole en main, pour protester une énième fois contre les compressions de 120 millions annoncées dans le réseau des centres de la petite enfance (CPE).

Selon celles qui y oeuvrent, les CPE sont à bout de souffle et les coupes prévues cette année toucheront inévitablement les services aux enfants. «L'an passé, on a perdu 23 000$ de financement. Cette année, on calcule qu'on va se faire enlever un autre 55 000$, en plus de la coupure du 23 000$ qui revient, calcule Julie Tremblay, directrice générale du CPE l'Amus'Ailes, instigateur de l'événement. La masse salariale représente 81% de notre budget: tout le reste, c'est le loyer, la nourriture, l'électricité... On n'a plus de marge de manoeuvre. C'est évident que ça va avoir un impact sur la qualité de nos services.»

Le conseil d'administration de l'établissement se rencontrera mardi soir pour décider des coupes à effectuer. Un exercice crève-coeur pour sa présidente, Isabelle Chouinard. «On va avoir des décisions très difficiles à prendre, car on va devoir réduire les heures de travail. On espère ne pas avoir à appliquer ces décisions-là, mais on a les mains liées par ce que le gouvernement nous impose», déplore-t-elle.

Même son de cloche au CPE Les p'tites pies de Saint-Pie, dont plusieurs représentants étaient sur place pour se faire entendre. Là-bas, il faudra composer avec 85 000$ de moins cette année. «La réflexion est déjà commencée chez nous, rappelle la directrice Chantal Béland. Il va falloir revoir les horaires, couper des postes... On est rendus là.»

«Il n'y a aucune dépense superflue actuellement, renchérit la trésorière du CPE, Catherine Auger. L'éducation de la petite enfance et les services de qualité accessibles pour tous, c'est un investissement, pas une dépense. Il ne faut pas oublier que toutes ces coupes vont avoir des répercussions plus tard.»

«Où va l'argent?»

Les élus municipaux et la députée d'Iberville, Claire Samson, étaient invités à se joindre au mouvement. Seul le maire Jacques Viens a toutefois bravé le froid en soutien aux manifestants, son discours étant tout en nuances. «Je crois qu'on doit tous faire un effort collectif pour diminuer notre taux d'endettement. On ne peut pas continuer d'endetter les jeunes, reconnaît-il. De l'autre côté, je ne sais pas si les CPE sont le meilleur endroit pour couper.»

«On devrait peut-être y aller individuellement et ne pas punir ceux qui ont une bonne gestion, suggère le maire, faisant référence à des cas isolés d'établissement qui ont abusé du système ou qui accumulent d'importants surplus. Si le CPE de Saint-Paul a fait ses devoirs, il ne devrait pas être pénalisé [au point de] ne plus être capable d'offrir ses services.»

Plusieurs s'expliquent mal l'augmentation des frais de garde, via la modulation des tarifs selon le revenu, alors qu'on diminue également le financement des CPE. «Ils vont chercher 160 millions avec la modulation des tarifs, mais ils nous ôtent aussi 120 millions. Qu'est-ce qui arrive avec cet argent-là?» demande Mme Tremblay.

«C'est dommage que le gouvernement nous demande plus d'argent, mais qu'il en profite aussi pour couper dans les services, constate Anick Roy, une maman venue apporter son soutien. C'est important de garder les CPE, ça aide tous les enfants à se développer, qu'on soit riches ou pauvres. C'est notre cause.»

«Je me demande quel genre de société on veut au Québec, alors qu'on va dans le sens contraire de ce qui se fait ailleurs», se demande pour sa part Mme Auger.

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