Cancer du pancréas: traquer le tueur tranquille

Dr George Zogopoulos dirige des recherches sur le... (Julie Catudal, La Voix de l'Est)

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Dr George Zogopoulos dirige des recherches sur le cancer du pancréas depuis des années.

Julie Catudal, La Voix de l'Est

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Cynthia Laflamme
La Voix de l'Est

(Sutton) Ce n'est pas tous les jours qu'on peut connaître les avancées dans les recherches sur le cancer. Le chercheur Dr George Zogopoulos a parlé avec fierté de ses découvertes, samedi, lors de l'après-ski de Skions pour la vie pour le Fonds commémoratif Rob Lutterman.

«En 2020, le cancer du pancréas va être la deuxième cause de mortalité du cancer au Canada, aux États-Unis et probablement  dans le monde occidental», souligne Dr Zogopoulous.

En plus d'être membre du conseil d'administration de la Société de recherche sur le cancer, à laquelle est affilié le Fonds Rob Lutterman, Dr Zogopoulos est professeur adjoint de chirurgie à l'Université McGill, chirurgien au CUSM et chercheur au Centre de recherche sur le cancer Morris et Rosaling Goodman. Il se spécialise dans les recherches sur le cancer du pancréas, ce tueur tranquille.

«Les personnes qui ont ce cancer meurent assez vite, explique le chercheur. Elles n'ont pas la chance de participer aux recherches. La plupart ne sont pas opérées et on n'a pas la possibilité d'obtenir une tumeur à étudier pour la recherche.»

Il a obtenu deux bourses pour ses recherches avec la Société de recherche sur le cancer, qui lui ont permis d'étudier la génétique du cancer du pancréas et les sous-types de ce cancer. «On pensait avant qu'il n'y avait qu'un type de cancer du pancréas, précise-t-il en entrevue. Avec les recherches qu'on fait, on sait qu'il y en a plusieurs types. C'est important parce que ça nous permet de diriger les traitements.»

Il faut dire que la situation a beaucoup évolué. Lorsque Rob Lutterman est décédé de cette maladie en 1999, ce cancer était orphelin, explique Sonia Chatoyan, de la Société de recherche sur le cancer. Autrement dit, il n'y avait pas de recherche sur cette maladie avant la création du fonds par la famille et les amis de Rob Lutterman, ce passionné de ski.

Depuis, deux bourses stratégiques de 300 000 $ et quatre bourses opérationnelles ont été octroyées. Une cinquième est sur le point d'être lancée pour un programme de recherche de deux ans, pour une subvention de 120 000 $.

Complexité

En 2012, la clinique où oeuvre le Dr Zogopoulos avait commencé un deuxième type de traitement de chimiothérapie pour le cancer du pancréas. Aujourd'hui, il existe trois traitements de première ligne, expose-t-il en entrevue. Déjà on savait que ce cancer était particulièrement complexe. Le diagnostic tardif, en raison de l'absence de symptômes précoces, complique encore plus les choses.

«De plus en plus, on fait des programmes qui sont dirigés pour le cancer du pancréas, ajoute-t-il. Ça veut dire qu'on approche les patients au diagnostic et on n'attend pas qu'ils reçoivent un premier traitement. Avec ça, on a plus de facilité pour les études.»

Mais ce n'est pas tout. Les cellules cancéreuses dans ce type de cancer ne sont pas nombreuses, ce qui rend difficile l'échantillonnage de cellules pancréatiques de bonne qualité pour étude.

Le cancer, ce tueur

«Maintenant, on commence à séparer les types du cancer dans des sous-types, ce qui nous donne des opportunités pour mieux diriger le traitement. Oui, c'est un cancer assez difficile à étudier, mais avec la technologie, avec des efforts des organisations pour avoir des fonds, ça aide à avancer. On va en venir à trouver des traitements qui sont plus efficaces», ajoute le chercheur, confiant.

L'autre défi sera de trouver un moyen de détecter la maladie à un stade moins avancé, ce qui augmentera les chances de guérison. Aujourd'hui, huit malades sur cent survivent au-delà de cinq ans au cancer du pancréas.

De petits gestes pour de grandes choses

Randy Lutterman, la fille de Rob, a fait connaître sa volonté de faire une différence avec le fonds, mais aussi de commémorer les disparus lors d'une journée comme celle de samedi.

En date de samedi, la collecte de fonds, qui se tient de décembre à mai sur Internet, a permis d'amasser 45 000 $. La Société de recherche sur le cancer double le montant des dons. Avec la somme amassée l'an dernier, une bourse pourra être lancée pour poursuivre la recherche.

«C'est un défi à chaque fois, mentionne Mme Lutterman. On veut aller vers l'avant, on veut toujours faire plus... Mais c'est satisfaisant. On a l'impression qu'on change les choses.»

Son fils de 11 ans, Ryder Lippman, vit depuis toujours dans cette communauté, la grande famille du fonds. Il est conscient de l'ampleur de la mission. Il a même réalisé pour l'école une vidéo dans laquelle il fait savoir que chaque petit geste dans une communauté tissée serrée aide à changer les choses.

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