Projet de loi 88 sur les boissons alcooliques artisanales: Il y a place à l'amélioration

Jasen Gaouette, copropriétaire du IGA Gaouette à Granby,... (Photo Janick Marois)

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Jasen Gaouette, copropriétaire du IGA Gaouette à Granby, a participé aux auditions de la Commission des finances publiques au sujet du projet de loi 88 sur le développement de l'industrie des boissons alcooliques artisanales.

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Cynthia Laflamme
La Voix de l'Est

(Granby) Les auditions de la Commission des finances publiques au sujet du projet de loi sur le développement de l'industrie des boissons alcooliques artisanales ont attiré plusieurs personnes de la région souhaitant que la réglementation favorise la vente d'alcool du Québec.

La question du cépage et des millésimes sur les bouteilles de vin vendues en épicerie a fait parler la plupart sinon tous les groupes qui ont déposé un mémoire. L'Association des détaillants alimentaires du Québec (ADA) décrie elle aussi l'absence d'ouverture à ce sujet dans le projet de loi 88.

Jasen Gaouette, copropriétaire du IGA Gaouette de Granby, a accompagné la direction de l'ADA à Québec afin d'y présenter et d'y défendre un mémoire traçant les points positifs ou à améliorer du projet de loi devant des élus chargés de se pencher sur le sujet, dont le député de Granby, François Bonnardel, et le ministre des Finances Carlos Leitao.

M. Gaouette souhaite qu'une modification soit apportée au projet de loi pour que les vins puissent être identifiés selon leur cépage et leur année de production.

«C'est une aberration qu'ils ne permettent pas les cépages et les millésimes sur les produits, évoque l'épicier en entrevue. Je pense que tout le monde qui est passé devant la Commission a soulevé ce point-là. C'est le seul produit dans l'épicerie où il n'y a aucun ingrédient sur l'étiquette parce qu'on n'avait pas le droit.»

Le point a aussi été soulevé par l'Association des cidriculteurs artisans du Québec, qui était représentée notamment par Michel Jodoin, de la cidrerie rougemontoise du même nom, et Marc-Antoine Lasnier, du Verger de la Colline à Sainte-Cécile-de-Milton. Ils veulent s'assurer de pouvoir indiquer, sur leurs bouteilles de cidre, quelles pommes ont été utilisées dans la fabrication du produit et en quelle année.

Relations privilégiées

La question de la livraison directe a été abordée par l'ADA. Si elle était adoptée telle quelle, la Loi obligerait les vignerons à envoyer leurs bouteilles dans un entrepôt de la SAQ avant de les faire parvenir aux détaillants, occasionnant des frais.

«Ce qu'on veut, c'est de n'avoir aucun intermédiaire. Ça nous permettrait d'avoir une bonne relation avec eux, d'apprendre à les connaître. Il n'y a personne de mieux qu'un artisan pour vendre un produit artisanal.»

Actuellement, la loi permet aux détaillants, comme le IGA Gaouette, d'avoir un accès direct aux microbrasseries, ce qui a permis à l'épicier de créer des relations d'affaires favorables au développement de ce secteur d'activité. Jasen Gaouette croit que ces relations privilégiées ont permis de faire croître le secteur des microbrasseries et espère que l'effet puisse être le même pour les vignerons.

Nouvelle tendance

Une nouvelle tendance à étudier est certainement celle de bières en fût à embouteiller directement au marché. M. Gaouette a suggéré cette offre de produits à la Commission parlementaire. Le concept est simple. Il suffit d'avoir un employé sur place pour remplir, au goût du client, des cruchons de bière artisanale offerte en fût dans le magasin.

La tendance prend de l'ampleur dans certains États de nos voisins du sud, comme au Vermont, mais demeure marginale. Ce ne sont pas tous les détaillants qui pourraient ou voudraient se lancer dans ce type de service.

Si la proposition a été faite, il ne se fait pas d'illusion. «On a déjà, par le passé, essuyé un refus là-dessus, dit-il. On pose la question tant qu'à être là. Ils vont permettre aux brasseries artisanales de vendre dans des cruchons, donc on se dit: pourquoi pas nous.»

L'Association souhaite enfin que le pourcentage d'alcool maximal permis dans les produits passe à 20%.

«En ce moment, on n'a pas le droit de dépasser 16% pour pouvoir faire la vente en épicerie. On a le droit de vendre quelque chose au-dessus de 20% si le producteur a un permis industriel, comme dans les cidres de glace. Mais avec les permis de production artisanale, ils n'ont pas le droit. On ne veut pas leur couper un marché et on veut que ce soit ajusté», plaide-t-il.

En plus de M. Gaouette, de Michel Jodoin et de Marc-Antoine Lasnier - dont les préoccupations étaient semblables - les auditions de la Commission des finances publiques sur le projet de loi 88 ont attiré le vigneron Francis Lavoie, du Domaine de Lavoie à Rougemont.

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