«On va être autosuffisants en énergie»

Le CTBM peut compter sur une subvention de... (photo Janick Marois)

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Le CTBM peut compter sur une subvention de 5 millions $ pour la réalisation de son projet, dit le président et chef d'exploitation, Benoit Paré.

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Marie-France Létourneau
La Voix de l'Est

(Granby) Le Centre de traitement de la biomasse de la Montérégie (CTBM), spécialisé dans le traitement et la gestion des matières résiduelles, est appelé à devenir une des premières bioraffineries vertes intégrées, sinon la première, au Canada, a affirmé hier le président et chef d'exploitation de l'entreprise, Benoit Paré. Plus de 25 millions $ y seront investis au cours des prochains mois.

Au coeur de ce projet: la conclusion cette semaine d'une entente à long terme avec Olymel pour la gestion agronomique de ses biosolides, de même que l'exploitation d'une usine, qui sera construite sur le site du CTBM, afin de produire des biohuiles et des farines animales.

L'investissement projeté prévoit en outre la construction par le CTBM d'une usine de fabrication d'engrais organiques de spécialités, ainsi que des installations de biométhanisation. «On va réutiliser la totalité des biogaz produits dans notre procédé et celui d'Olymel. On va être autosuffisants en énergie. (...) On va réduire notre empreinte environnementale de façon importante», se réjouit Benoit Paré.

Ce projet est en gestation depuis trois ans, précise-t-il. Obtention de certificats d'autorisations environnementales, octroi de subvention, choix des technologies: les démarches ont été multiples et complexes, dit le président et chef d'exploitation de l'entreprise, située dans le Grand rang St-François, à Saint-Pie-de-Bagot.

Subvention

Selon Benoit Paré, le Centre de traitement de la biomasse de la Montérégie peut compter, pour la réalisation de son projet, sur une subvention de 5 millions $. Celle-ci est accordée dans le cadre du programme Écoperformance, car la production de gaz à effet de serre devrait être réduite de15 000 tonnes par année.

Une bonne partie des matières acheminées au CTBM provient de l'industrie agroalimentaire. L'endroit traite annuellement quelque 50 000 tonnes métriques de boues d'abattoir de porcs et de volailles, d'oeufs impropres à la consommation, d'eau de lavage de canneberges et de résidus issus de la production de produits laitiers, entre autres. La matière solide est valorisée et utilisée pour des fins agricole ou thermique, tandis que la matière liquide est traitée afin d'en éliminer la pollution organique.

«On fait du traitement d'eau industrielle. La résultante est une eau épurée qui s'en va dans un petit cours d'eau», a expliqué M. Paré lors d'une précédente entrevue.

Olymel figure déjà parmi les clients du CTBM. Avec cette nouvelle entente, le volume des matières acheminées sera cependant à la hausse et celles-ci seront traitées différemment, soit selon les nouvelles technologies déployées sur le site, relève le président de l'entreprise privée, propriété depuis 2012 de l'entrepreneur montréalais, Serge Gendron, président du Groupe AGF.

Construction

Benoit Paré affirme que la construction des usines et des équipements de biométhanisation ajoutés aux installations du CTBM pourrait démarrer dès ce printemps et s'étirer sur une période de neuf à 12 mois. À terme, le CTBM aura plus que doublé sa capacité de traitement actuelle.

Cela n'aura cependant pas d'impact sur les heures d'ouverture du site pour la réception des matières. Elles demeureront les mêmes, de façon à ne pas nuire au voisinage, dit Benoit Paré.

Selon M. Paré, le contrat signé par le CTBM avec Olymel a l'avantage de «sécuriser à long terme une partie des matières organiques» traitées. Olymel se réjouit pour sa part d'entreprendre une nouvelle étape. Environ 70 000 tonnes de boues seront traitées au CTBM pour y produire des biohuiles et des farines animales, tandis qu'une autre portion continuera à être utilisée pour la valorisation agricole, dit celui qui est responsable de ce projet chez Olymel, Marcel Leroux.

«Il y a une politique éventuelle qui va interdire à partir de2020 l'enfouissement des matières organiques. Il y a un créneau intéressant pour les nouvelles technologies qui valorisent ces matières. Ça va être un bel exemple d'applications multidisciplinaires», dit Benoit Paré. 

Des installations de biométhanisation et deux usines, l'une pour la fabrication d'engrais organiques de spécialités, l'autre pour la production de biohuiles et de farines animales, seront aménagées. - illustration fournie par le CTBM

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