«La cause des chats errants à coeur»

La vétérinaire Anne-Marie Chassé et Lucie Jodoin, deux... (photo Janick Marois)

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La vétérinaire Anne-Marie Chassé et Lucie Jodoin, deux passionnées des chats, souhaitent stériliser des chats errants à Granby, comme Boris, recueilli alors qu'il était particulièrement mal en point, pour freiner leur prolifération.

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Marie-France Létourneau
La Voix de l'Est

(Granby) L'une est vétérinaire. L'autre est une citoyenne qui a élevé des chats de race. Ensemble, elles se portent au secours des chats errants à Granby. Anne-Marie Chassé et Lucie Jodoin ont élaboré un projet qui vise à stériliser ces chats sans propriétaire pour arriver à mieux contrôler leur population.

«On a toutes les deux la cause des chats errants à coeur et on trouve qu'il n'y a pas beaucoup de choses qui se font pour eux», a expliqué mardi Lucie Jodoin.

Leur objectif: stériliser 450 chats errants par année et, par la suite, faciliter les démarches afin que ceux qui peuvent être adoptés le soient, tandis que les autres, peu ou pas habitués aux contacts humains, soient relâchés en nature.

Les deux partenaires s'activent déjà depuis quelques semaines. Une quinzaine de chats ont ainsi été stérilisés, disent-elles. Certains ont été replacés dans des familles ou des écuries. Pour le moment, les deux instigatrices ont défrayé elles-mêmes les coûts de ces opérations qui s'élèvent à quelques centaines de dollars. Mais, dans un monde idéal, elles aimeraient avoir un soutien financier de la Ville de Granby. Le projet est à l'étude, a confirmé mardi le directeur général de la Ville, Michel Pinault, sans toutefois élaborer davantage.

Bénévoles recherchés

Pour les aider dans leur entreprise, Lucie Jodoin et Anne-Marie Chassé recherchent des bénévoles qui accepteraient de les aider à attraper les chats errants. Quelques cages de capture peuvent être mises à leur disposition. C'est d'ailleurs une annonce publiée sur le site Kijiji à cet effet qui a mis La Voix de l'Est sur la piste des deux amies des animaux.

«Ce qu'on veut faire, c'est attraper les chats. Après, on appelle la SPA pour leur dire qu'on a trouvé tel chat. S'il n'est pas réclamé après trois jours, on le stérilise, on le vaccine, on lui met une micropuce, on lui fait un traitement vermifuge et on le soigne. Ceux qui sont trop malades, on va les euthanasier ou les envoyer à la SPA pour les faire euthanasier. Mais ceux qui sont adoptables, on va les vendre pour défrayer les coûts des traitements», explique Mme Chassé.

Celle-ci précise qu'elle ne vendra pas elle-même les chats. Cette opération pourrait être possible par le biais d'un refuge que la vétérinaire et Lucie Jodoin souhaitent mettre sur pied. Elles ont déjà loué un local à cet effet, mais, pour l'heure, le zonage n'est pas adéquat. Des coûts de 1600$ seraient nécessaires pour que la demande de modification soit étudiée, affirment-elles. Anne-Marie Chassé n'est toutefois pas prête à investir cette somme pour l'instant. Un local est nécessaire, selon elle, car sa clinique vétérinaire de la rue Laval Nord est trop petite et elle ne veut pas mélanger ses deux missions.

Solution

L'initiative mise sur pied par Anne-Marie Chassé et Lucie Jodoin s'apparente au CSRM (capturer, stériliser, relâcher et maintenir), un programme de stérilisation pour les chats féraux, c'est-à-dire les chats domestiques sans propriétaire retournés à un état semi-sauvage, mis en place par la SPCA de Montréal.

La vétérinaire granbyenne affirme que cette technique trouve de plus en plus d'échos dans les municipalités. Une des meilleures façons de contrôler la prolifération des chats errants est de les stériliser, est convaincue Mme Chassé qui a assisté en décembre dernier à un séminaire de l'Ordre des médecins vétérinaires du Québec sur le sujet. Attraper ces félins pour les euthanasier n'est pas une solution, dit-elle, car il se trouve toujours d'autres chats pour occuper les territoires orphelins.

Joint mardi, le directeur général de la SPA des Cantons, Carl Girard, a dit voir d'un bon oeil le projet des deux Granbyennes. «On serait fous de dire non. Plus on stérilise de chats, mieux c'est. Ça stoppe la pyramide. Il y a tellement de chats errants à Granby», a-t-il commenté, sans toutefois pouvoir quantifier le phénomène. Selon lui, ce projet est complémentaire aux services offerts par la SPA, qui a obtenu le contrat pour le contrôle de services animaliers à Granby.

Il a été impossible d'obtenir les commentaires du maire Pascal Bonin sur ce projet.

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