Début des audiences de la CMQ à Cowansville

La juge administrative, Me Sylvie Piérard.... (Archives La Voix de l'Est)

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La juge administrative, Me Sylvie Piérard.

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Jean-François Guillet
La Voix de l'Est

(Cowansville) Le bras de fer entre Cowansville et les représentants du comité Robinson, qui s'articule principalement autour de la validité de la refonte du plan d'urbanisme de la localité, a franchi une nouvelle étape, jeudi. Les deux parties ont amorcé deux jours d'audiences devant la Commission municipale du Québec (CMQ) à l'hôtel de ville.

«On a mis des heures à étudier le dossier. On est très "confiants" d'avoir gain de cause. Ce qu'on va mettre en évidence, ce sont les contradictions dans la modification de zonage que fait la Ville avec ses propres orientations dans son plan d'urbanisme», a fait valoir le porte-parole du comité Robinson, Jean-Yves Hinse, quelques minutes avant que commence, à 10 h, la séance publique devant la juge administrative Me Sylvie Piérard.

Une dizaine de citoyens s'étaient déplacés pour l'occasion. «Il ne faut pas tomber dans les dimensions légales et les opportunités, a-t-il ajouté. On a beaucoup d'éléments qu'on va mettre en preuve qui, par rapport à ce qui était visé par la Ville, ne se traduit pas dans la réalité.»

Le projet contesté, dont les coûts sont estimés à 24,5 millions de dollars, est piloté par Pur Immobilia. Le promoteur veut utiliser le vaste terrain (1,4 hectare), sis au 738, rue Principale, pour y ériger une résidence pour personnes âgées. Pour ce faire, le bâtiment existant construit en 1900, communément appelé Maison Robinson, devra être démoli.

Patrimoine et environnement

D'entrée de jeu, la juge a établi les bases du mandat de la CMQ dans le dossier. «L'examen de la conformité oblige que la Commission vérifie si le règlement [de zonage] met en péril, compromet, contredit ou rend caduque les orientations et les objectifs du plan d'urbanisme. La Commission n'a pas à examiner si le conseil municipal a pris les bonnes décisions. La Commission ne vérifie pas non plus si les règlements ont été pris légalement.»

Me Piérard a ensuite entendu les propos du comité, représenté par Me Marianne Dessis. L'avocate a prévu présenter sept témoins, alors que Me Annie Aubé doit en amener deux pour défendre la Ville. La firme de relations publiques AGC Communications a également été embauchée par la municipalité dans le dossier.

L'architecte Natalie Veilleux a été la première à être questionnée par Me Dessis. Une bonne partie de son témoignage a porté sur l'aspect patrimonial du site où est projetée la construction de l'édifice de 150 logements sur quatre étages. Elle a notamment appuyé son argumentaire en citant un paragraphe du programme particulier d'urbanisme (PPU), qui traite de la valeur historique du secteur ciblé.

«Il est riche en bâtiments patrimoniaux d'intérêt. La rue Principale constitue une transverse pour découvrir ces derniers, en plus de s'inscrire dans un circuit patrimonial existant. La banalisation du cachet historique constituerait une menace aux bâtiments qui portent l'histoire de Cowansville. Leur préservation et leur mise en valeur deviennent alors incontournables.»

Le second témoin des requérants a été Ghislain Vallières. Le policier et ex-conseiller municipal (2009-2013) a notamment évoqué un manque de rigueur de la Ville au plan environnemental.

«On veut construire le plus gros bâtiment résidentiel de Cowansville, à un endroit où, justement, on veut protéger le lac (à l'arrière) en ayant le moins d'impacts sur l'activité au niveau du développement [résidentiel]. Mais, on fait le contraire de ce qu'on dit, a-t-il fait valoir. Dans les 16 principes du développement durable, il y a la précaution. Avant d'accepter un bâtiment comme celui-là, est-ce qu'on a pris la précaution de demander à des experts [en environnement] de se prononcer?»

Les audiences se termineront vendredi. La juge doit prendre la cause en délibéré. Advenant un revers devant la CMQ, le comité Robinson pourrait porter l'affaire en Cour supérieure.

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