Une première canadienne à St-Armand: contrôler les voyageurs à distance

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Karine Blanchard
La Voix de l'Est

(Saint-Armand) Le poste frontalier de Morses Line à Saint-Armand est maintenant ouvert en tout temps grâce à un projet pilote de traitement à distance des voyageurs qui se présentent à l'extérieur des heures où un agent est en fonction. Ce point d'entrée est le premier au Canada à bénéficier de ce système de vérification qui a nécessité un investissement de 16 millions$.

«C'est un projet pilote. Ce système nous permet de traiter les déclarations ou les arrivées des passagers à distance avec notre centre d'appels qui est à Hamilton en Ontario», explique Pierre Provost, directeur régional par intérim pour la région du Québec à l'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC).

Reconstruit au coût de 2,5 millions$, le poste frontalier situé dans le chemin Dutch est en service dans ses nouveaux locaux depuis juillet 2015. Pour pallier les heures d'ouverture qui ont été réduites, l'ASFC a développé un nouvel outil qui lui permet de faire entrer des voyageurs au pays sans que la présence d'un agent soit requise.

Le nouveau système de traitement à distance des voyageurs, fonctionnel depuis le 8 février, s'adresse aux résidants et citoyens du Canada et des États-Unis qui veulent entrer au pays entre 16 h et 8 h, soit pendant l'absence des agents. Aucun enregistrement préalable n'est nécessaire avant d'arriver à ce point d'entrée où une trentaine de voitures se présentent quotidiennement pour traverser la frontière.

Fonctionnement

En arrivant au poste de Morses Line, le voyageur s'arrête à une première barrière. Grâce à un message diffusé sur un écran et l'activation d'un feu vert par un agent situé au Centre de déclaration par téléphone de l'ASFC - déjà utilisé par les plaisanciers -, l'automobiliste peut avancer lorsque la barrière s'ouvre et roule jusqu'au garage où la porte est ensuite ouverte.

Une fois à l'intérieur, il s'approche du kiosque, une borne ajustable équipée de lecteurs numérique et magnétique, de caméras et de microphones. C'est grâce à cet appareil que le voyageur peut interagir avec l'agent du centre situé à plus de 700 kilomètres de là.

Le voyageur doit répondre à une série de questions, comme a pu le constater La Voix de l'Est lors d'une démonstration à laquelle étaient conviés les représentants des médias jeudi. Nombre de personnes dans le véhicule, citoyenneté, biens à déclarer, lieu de résidence et durée de séjour à l'extérieur du pays sont quelques-unes des questions soumises aux voyageurs. Les citoyens doivent également glisser leur passeport dans le lecteur pour la suite des vérifications.

«L'agent transige avec le voyageur tout comme il le ferait d'un bureau. L'agent peut garder un contact visuel par les caméras situées un peu partout dans le garage. Une fois que l'agent est satisfait, il active les barrières qui sont sécurisées et permet l'admission au Canada», explique Michel Martineau, chef des opérations pour le secteur Montérégie-Est à l'ASFC. Les installations sont équipées d'une trentaine de caméras à l'intérieur et l'extérieur.

Lorsque le citoyen doit acquitter des droits et des taxes pour des biens qu'il apporte au pays, la transaction se réalise à même le kiosque et le paiement s'effectue par carte de crédit, explique M. Martineau.

Lorsque l'agent n'est pas satisfait des vérifications, il peut demander l'assistance de ses collègues du poste de Saint-Armand situé à 13 kilomètres de celui de Morses Line. «Il y a moyen d'effectuer des opérations de façon inopinée ou de préparer des opérations d'évaluation de risque», explique M. Provost.

«On est confiants qu'avec le système et les infrastructures qui ont été mis en place que nous sommes en mesure de traiter le risque comme n'importe quel autre point d'entrée, ajoute-t-il. On est extrêmement confiants que ce projet pilote nous permettra à la fin d'évaluer que non seulement on peut accroître notre capacité de service, mais qu'on est en mesure de contrôler la menace et le risque tel qu'on le fait dans les points d'entrée réguliers.»

second projet

Le projet pilote implanté au poste frontalier de Morses Line sera d'une durée d'un an. Il a nécessité un investissement de 16 millions$ pour le développement et l'acquisition de la technologie ainsi que la mise en place des infrastructures. Une fois l'expérience terminée, une analyse sera réalisée pour déterminer si le projet sera reconduit et peut-être implanté ailleurs.

L'investissement permet aussi l'implantation du même système dans le cadre d'un second projet pilote au Manitoba qui est prévu l'automne prochain.

Le député de Brome-Missisquoi, Pierre Paradis, a souligné la mobilisation du maire de Saint-Armand, Réal Pelletier et de la population lorsque l'ASFC avait annoncé une réduction des heures d'ouverture, il y a quelques années.

Il s'est également réjoui de l'implantation d'un tel projet. «On va avoir un poste ouvert 24 heures sur 24! , dit-il. Ça a son utilité. Je rêve d'une frontière le plus fluide possible entre nos deux pays et ça va dans ce sens-là.»

«On est confiants qu'avec le système et les infrastructures qui ont été mis en place que nous sommes en mesure de traiter le risque comme n'importe quel autre point d'entrée », a indiqué Pierre Provost, directeur régional par intérim pour la région du Québec à l'Agence des services frontaliers du Canada.  - Photos Janick Marois

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