Québec refuse de vendre et de distribuer de la marijuana

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Le gouvernement Couillard refuse de prendre en charge la vente et la distribution de la marijuana.

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Patrice Bergeron
La Presse Canadienne
Québec

Le gouvernement Couillard refuse de prendre en charge la vente et la distribution de la marijuana.

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«Je n'aurai jamais l'obligation de commercialiser (la marijuana) même si ça devient légal, ce n'est pas à l'État québécois de faire ça», soutient le ministre québécois des Finances, Carlos Leitao. 

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Le premier ministre Justin Trudeau avait suggéré un partenariat du fédéral avec les provinces, qui auraient notamment à réglementer la distribution, une fois que la drogue sera légalisée. Le syndicat des employés de la Société des alcools du Québec (SAQ) voyait même d'un bon oeil la possibilité de lancer la société d'État dans ce marché potentiel.

Toutefois, le ministre des Finances, Carlos Leitao, a été catégorique jeudi, à la sortie de la réunion des élus libéraux. Pas question de se lancer dans l'aventure, a-t-il tranché, après avoir pourtant été plutôt évasif sur le sujet autrefois.

«Moi, je n'ai aucun plan, idée, intention de commercialiser ça», a déclaré en point de presse celui qui est aussi ministre du Revenu et responsable de la Société des alcools.

«Ce sera au fédéral de vérifier comment commercialiser ça», a poursuivi M. Leitao. Et selon lui, Ottawa ne peut non plus contraindre le gouvernement du Québec à mettre en place un réseau.

«Je n'aurai jamais l'obligation de commercialiser (cela) même si ça devient légal, ce n'est pas à l'État québécois de faire ça.»

Quant à savoir sur quel réseau de distribution pourra alors compter le fédéral, M. Leitao a tout simplement répondu: «Qu'il s'arrange.»

Trudeau réplique

Le premier ministre Justin Trudeau n'a pas mis de temps à réagir aux déclarations du ministre québécois des Finances. En conférence de presse à Ottawa, il a esquivé l'écueil et a de nouveau joué la politique de la main tendue face aux provinces et aux municipalités.

«Il y a un certain nombre de choses que le gouvernement peut et doit faire, mais pour la distribution et la vente, on s'attend à travailler avec les provinces et les municipalités, pour s'ajuster de façon à s'aligner avec leurs priorités.»

Ottawa peut en effet changer le cadre législatif, mais il doit compter sur les provinces pour mettre en place une réglementation, à l'instar de la mise en marché des boissons alcoolisées, avait déjà laissé entendre M. Trudeau.

Rappelons que le chef libéral fédéral Justin Trudeau a fait de la légalisation de la marijuana un de ses engagements électoraux l'automne dernier. C'est un engagement qui a particulièrement marqué les esprits, puisqu'il mettrait fin à des décennies de répression de la consommation de la marijuana.

Le Parti libéral du Canada propose de retirer la consommation et la possession de marijuana du Code criminel. La prohibition de la marijuana ne fonctionne pas, peut-on lire dans le programme du PLC, car les jeunes arrivent tout de même à en consommer et un trop grand nombre de Canadiens se retrouvent avec un casier judiciaire pour la possession de petites quantités, et pendant ce temps, le trafic de drogue profite au crime organisé et favorise des activités qui posent de graves menaces à la sécurité publique.

«Protéger nos jeunes»

Cependant, le gouvernement Trudeau veut aussi faire adopter des lois plus strictes, pour punir sévèrement quiconque fournit de la marijuana à un mineur, conduit un véhicule après en avoir consommé ou en fait la vente hors du nouveau cadre législatif.

«Nous voulons réglementer et contrôler la marijuana pour protéger nos jeunes, pour empêcher le crime organisé, les gangs de rue et les trafiquants d'armes de tirer profit de la vente de la marijuana», a résumé M. Trudeau jeudi.

Peu après la victoire de Justin Trudeau aux élections fédérales d'octobre dernier, des ministres du gouvernement Couillard avaient déjà exprimé leur malaise par rapport à la décriminalisation de la marijuana.

Le premier ministre Philippe Couillard avait affirmé qu'il était en faveur, mais qu'il avait tout de même certains doutes. L'ex-ministre de la Sécurité publique, Lise Thériault, avait fait part de ses inquiétudes. Quant à Carlos Leitao, lorsque les journalistes lui avaient demandé s'il en avait déjà consommé, il avait laissé entendre que oui en répondant: «On a tous eu 18 ans.»

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