Anticosti: Couillard s'en prend aux péquistes

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Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard

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Alexandre Robillard
La Presse Canadienne
Québec

Malgré de nouvelles informations montrant que le cabinet de son prédécesseur Jean Charest a participé à des discussions sur l'exploration d'hydrocarbures à Anticosti, le premier ministre Philippe Couillard a maintenu que les péquistes sont les seuls responsables de l'implication gouvernementale dans ce projet.

M. Couillard a réagi très brièvement à la publication, mercredi, d'échanges de courriels entre une agence d'investissement gouvernementale et du personnel de M. Charest, en 2012.

En marchant vers le Salon bleu pour la période des questions, M. Couillard a maintenu que les péquistes sont seuls responsables de l'implication gouvernementale dans le projet. «Bien sûr», a-t-il laissé tomber.

En chambre, M. Couillard a accusé les péquistes d'avoir engagé le gouvernement dans un projet nécessitant la fracturation hydraulique, une méthode d'exploration controversée qui nécessite l'injection de produits chimiques dans le sol.

«Ce qui fait problème ici, c'est cette décision franchement impardonnable d'avoir engagé des fonds publics dans un processus de fracturation hydraulique sur une île comme Anticosti, a-t-il dit. Ça, ce n'est pas pardonnable, surtout d'un parti qui comptait, qui compte encore peut-être, des militants environnementaux dans ses rangs.»

Les échanges de courriels montrent pourtant que la question du recours à la fracturation hydraulique faisait déjà partie d'échanges de courriels entre Investissement Québec (IQ) et Pétrolia, qui détient des permis d'exploration sur l'île.

De son côté, le ministre des Transports, Jacques Daoust, a changé sa version, mercredi, relativement aux informations qui circulaient entre le gouvernement et IQ, dont il a été président-directeur général de 2006 à 2013.

«Normalement, à cette étape-là où c'est rendu, j'ai vu ce matin dans le journal, Luc Séguin, qui travaillait pour moi, qui était en discussion avec l'entreprise, ce n'est pas anormal, a-t-il dit. Tous les gouvernements ont voulu savoir depuis longtemps s'il y avait du gaz naturel et du pétrole.»

Lettre d'intention

Mardi, M. Daoust avait pourtant affirmé qu'une lettre d'intention, telle que celle qui a été conclue en août 2012 avec des entreprises à Anticosti, n'avait pas à être soumise aux représentants politiques.

Après avoir affirmé mardi qu'il n'était pas au courant du projet d'investissement à Anticosti, en 2012, M. Daoust était plus vague, mercredi.

«Aujourd'hui, vous me le demandez quatre ans plus tard: je ne le sais pas», a-t-il dit.

Mercredi, le ministre des Ressources naturelles, Pierre Arcand, s'est refusé à tout commentaire, après avoir affirmé la semaine dernière que le projet d'Anticosti ne s'était pas rendu au niveau politique.

L'opposition réagit

Avant la période des questions, le leader parlementaire caquiste François Bonnardel a accusé M. Couillard d'avoir volontairement omis l'implication des libéraux dans le dossier.

«Je vais être poli, mais je pense que M. Couillard n'a pas dit la vérité aux Québécois, a-t-il dit. Je pense que M. Couillard était bien au fait de la situation, c'est impossible que M. Couillard n'ait pas été mis au courant.»

Le chef péquiste Pierre Karl Péladeau a soutenu que les libéraux s'étaient livrés à une «imposture». «Preuve à l'appui avec des courriels, bien, c'est le cabinet de M. Charest qui a entamé cette transaction et c'est le gouvernement de Mme Marois qui l'a terminée», a-t-il dit.

M. Péladeau a écorché au passage M. Daoust, dont il a mis les affirmations en doute.

«Je ne sais pas si c'est de l'aveuglement volontaire ou du mensonge pur et simple, a-t-il dit. (...) Il n'arrive pas d'une commission scolaire, là. Il a assumé, pendant de nombreuses années, la présidence d'Investissement Québec, le véhicule, et il prétend qu'il n'était pas au courant. Fumisterie.»

Dans un courriel envoyé au président-directeur général de Pétrolia, Alexandre Gagnon, M. Séguin écrivait le 4 juillet 2012 qu'un «ministère», qui n'est pas identifié, devrait «fournir à IQ un réconfort concernant l'autorisation de forage par fracturation pour fin d'exploration pétrolière».

Par ailleurs, un conseiller du ministère des Finances à l'époque, Grégory Larroque, écrivait également à M. Gagnon pour lui faire un compte-rendu, le 27 juillet 2012, de ses démarches auprès du cabinet de M. Charest.

«J'ai fait appeler le bureau du premier ministre après avoir parlé à Richard Brosseau, qui en a parlé à Dan Gagnier. Mon but était de mettre de la pression sur IQ.»

M. Larroque a fait partie de l'équipe de travail du ministère des Finances qui a mis sur pied Ressources Québec, une filiale d'IQ, responsable de la politique de prise de participation pour le développement des ressources naturelles, indique le site web du cabinet McCarthy Tétrault où il exerce maintenant la fonction d'avocat auprès de M. Charest.

La semaine dernière, Le Journal de Québec a révélé qu'en date du 29 août 2012, deux vice-présidents de Ressources Québec proposaient d'acquérir des actions de Pétrolia, Maurel & Prom et Corridor Ressources pour explorer le sous-sol d'Anticosti, un partenariat de 70 millions $.

En février 2014, Mme Marois avait annoncé deux ententes avec ces entreprises pour un investissement à terme de 115 millions $ dans l'exploration des hydrocarbures d'Anticosti.

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