Le promoteur de la Fête du chocolat lance un appel à la solidarité

L'organisateur de la Fête du chocolat de Bromont,... (Alain Dion, La Voix de l'Est)

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L'organisateur de la Fête du chocolat de Bromont, Michel Bilodeau, se dit inquiet pour l'avenir de l'industrie événementielle en région.

Alain Dion, La Voix de l'Est

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Jean-François Guillet
La Voix de l'Est

(Bromont) À l'instar du directeur général du spectacle aérien des Cantons-de-l'Est, dont la seconde mouture est compromise, l'organisateur de la Fête du chocolat de Bromont, Michel Bilodeau, tire la sonnette d'alarme. Le promoteur appelle à une plus grande cohésion des commanditaires, commerçants locaux et gouvernements afin d'assurer «la survie de tout un pan de l'économie régionale.»

«Quand je vois le spectacle aérien qui est menacé à Bromont, ça m'interpelle. Je partage les mêmes appréhensions pour la 16e Fête du chocolat, a indiqué en entrevue le grand manitou de l'initiative gourmande. Ça va prendre un électrochoc. Les gens qui font des événements en région, on est tous sur la corde raide. C'est quasiment l'hécatombe à la grandeur du Québec. On ne peut pas rester les bras croisés en attendant que tout s'écroule.»

L'an dernier, l'homme d'affaires avait bouclé l'événement malgré un budget amputé de 35%, a-t-il noté, réussissant même à dégager un léger surplus. Près de 38 000 personnes avaient alors répondu à l'appel durant les deux week-ends de festivités à la fin mai.

Pour les promoteurs, garder la tête hors de l'eau demeure donc un défi de tous les instants en cette période économique morose. «Est-ce qu'on a encore de la place pour faire des événements en dehors des grandes villes? A-t-on les moyens de nos ambitions? L'élastique est étiré au maximum, a-t-il imagé. Les subventions sont de plus en plus anémiques. Et les commerçants sont sollicités de tous les côtés, même par les gros joueurs. Dans le monde événementiel, on doit constamment se renouveler en développant de nouveaux produits. Pourtant, on a de la difficulté à supporter ceux qui sont déjà en place.»

Partenariats

Bien qu'il dresse un bilan peu reluisant de la situation qui prévaut dans la sphère événementielle, Michel Bilodeau garde le cap. Selon lui, il est possible de «revenir à un certain équilibre» en se «serrant les coudes». «Comme promoteurs, il va falloir repenser notre mode de financement. Arrêtons de travailler en silo. Faisons des partenariats et revoyons notre modèle d'affaires. On n'a pas le choix de sortir des sentiers battus.»

L'organisateur a déjà sondé le terrain pour d'éventuelles associations. Les gens d'affaires restent toutefois sur leurs gardes. «Le contexte économique fait en sorte que tout le monde est en mode survie. Il faut déployer des efforts énormes pour obtenir des fonds. La "tarte" est de plus en plus restreinte pour le financement des événements en région. Tout ça parce que les gros commanditaires axent leurs subventions vers les grands centres comme Montréal, Québec, Sherbrooke et Trois-Rivières.»

À la croisée des chemins

En 16 ans à la barre de la Fête du chocolat, M. Bilodeau a songé plusieurs fois à «lancer la serviette». «Chaque fois que je suis sur le point de tout laisser tomber, je me rappelle mes débuts. C'est certain que je suis inquiet pour la Fête du chocolat, mais la passion prend encore le dessus. Orchestrer un événement, ça amène une pression et une responsabilité énormes. Tu "kidnappes" la ville en quelque sorte. La municipalité bat au rythme de ce que tu as créé. Ça demande beaucoup d'abnégation, de dévouement pour la communauté», a confié l'homme de 56 ans.

Le promoteur espère que son «cri du coeur» aura des échos, tant auprès du public que des commerçants d'ici, puis des instances gouvernementales. «La Fête du chocolat génère des retombées de plusieurs millions de dollars dans la région. C'est indéniable. C'est la même chose pour une foule d'autres événements à travers le Québec. On est à la croisée des chemins. Est-ce qu'on veut d'une industrie touristique en déclin ou en santé? Il me semble que le choix est facile à faire.»

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