MRC d'Acton: des milliers de citoyens bientôt sans médecin

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«Pour le recrutement, les méthodes traditionnelles ne fonctionnent plus», avertit Nicole Saulnier, directrice générale de la Coopérative de solidarité de santé de la MRC d'Acton. «Tous nos appels et demandes d'aide au ministère de la Santé ont été ignorés ou refusés», dit le préfet et maire de Roxton Falls, Jean-Marie Laplante.

Alain Dion, La Voix de l'Est

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Pascal Faucher
La Voix de l'Est

(Acton Vale) La MRC d'Acton perdra trois de ses sept médecins d'ici le mois d'août. Des milliers de patients se retrouveront orphelins. Face à la catastrophe appréhendée, les dirigeants locaux pressent Québec d'agir.

«On ne demande pas d'argent, a indiqué le préfet de la MRC, Jean-Marie Laplante, en conférence de presse lundi à la gare d'Acton Vale. Tout ce qu'on demande, c'est une meilleure répartition des ressources.»

Présentement «la médecine rurale est malade», clame le maire de Roxton Falls. «Depuis 20 ans, aucun médecin n'a été alloué à la MRC. Il y a eu une crise à la fin des années 1990, on y a remédié en fondant la coopérative, mais aujourd'hui, on est rendus au même point.»

Effectifs

Située à l'extrémité de la Montérégie, mais pas considérée comme une région éloignée, la MRC d'Acton souffre de sa situation géographique. Comme les effectifs médicaux sont alloués par région administrative, elle en reçoit peu. Elle peine aussi à attirer de nouveaux médecins.

«Les médecins lisent "Montérégie" et se voient à 15 minutes du pont Champlain, dit Nicole Saulnier, directrice générale de la Coopérative de solidarité de santé de la MRC d'Acton. Pour le recrutement, les méthodes traditionnelles ne fonctionnent plus. Il ne faut pas attendre qu'on soit en crise.»

«Il y a des médecins en masse au Québec, ajoute Mme Saulnier. Mais comment sont-ils répartis? Il faut que la Montérégie soit subdivisée. Le gouvernement évaluera ensuite les besoins des petits secteurs pour mieux y répondre. Quand on nous dit qu'on n'a pas besoin de médecins ici, on tombe des nues!»

Le système actuel pénalise les régions, dit M. Laplante. «On met les médecins dans les grands centres. Il faut que ça change. Faut-il fermer la clinique tout comme East Angus l'a fait dernièrement pour faire activer les choses?»

Départs

La pénurie de médecins avait mené à la création de la coopérative en 2009. Or, un médecin est récemment parti et deux autres doivent l'imiter d'ici l'été, dont le Dr Luc Labreque, un pilier de la médecine locale qui pratique à Acton Vale depuis une quarantaine d'années.

Il restera donc quatre médecins - dont un pratique à Upton - et tous affichent complet. Aucun service de sans rendez-vous n'est offert dans la MRC depuis décembre dernier. Les soins dispensés par la coop au CHSLD de la MRC d'Acton sont aussi compromis par le manque de médecins.

«Ça laisse des gens à l'abandon, dit Mme Saulnier. C'est pourquoi il faut prendre le taureau par les cornes. Demande-t-on aux gens de Montréal d'aller se faire soigner à Vaudreuil ou à Repentigny? Non. Ça prend une médecine de proximité.» La MRC souhaite aussi que Québec assouplisse les règles pour permettre l'implantation d'un groupe de médecine familiale.

Jean-Marie Laplante estime les besoins de sa MRC à sept médecins supplémentaires. «Les soins de première ligne sont essentiels à la survie des régions, dit-il, rappelant que ses citoyens «paient les mêmes taxes que les autres». «Mais tous nos appels et demandes d'aide au ministère de la Santé ont été ignorés ou refusés.»

Ailleurs

M. Laplante et Mme Saulnier invitent les autres populations rurales en manque de médecins à se faire entendre. «Les régions ne manquent pas d'attraits, souligne le député de Johnson, André Lamontagne. Leur défi, c'est d'assurer la pérennité de leurs services de proximité.»

«Si les gens d'ici engorgent les urgences ailleurs, on n'est pas plus avancés», fait remarquer Huguette Saint-Pierre-Beaulac, mairesse de Sainte-Christine et membre du c.a. de la coopérative.

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