Attentat au Burkina Faso: les funérailles tenues à Québec

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Plus d'un millier de personnes ont assisté, samedi, à Québec, aux funérailles des six victimes québécoises de l'attentat terroriste du 15 janvier au Burkina Faso.

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Patrice Bergeron
La Presse Canadienne
Québec

Plus d'un millier de personnes, dont le premier ministre Justin Trudeau, ont assisté, samedi, à Québec, aux funérailles des six victimes québécoises de l'attentat terroriste du 15 janvier au Burkina Faso.

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Une volée de colombes a été lâchée dans le ciel gris et neigeux, sous les applaudissements.

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«Vous vous êtes envolés pour une vie nouvelle, si pour vous la vie est plus belle, cela adoucit notre peine», a lu un récitant devant les proches en pleurs qui disaient adieu à leurs morts, avant qu'ils ne soient conduits à leur dernier repos.

Le groupe de six bénévoles en coopération internationale a été fauché au cours d'une attaque menée par des terroristes islamistes dans un lieu fréquenté par des étrangers, dans la capitale, Ouagadougou.

Parmi les victimes, quatre membres d'une même famille: Gladys Chamberland et son conjoint Yves Carrier, 65 ans, de même que leur fils Charlelie et sa demi-soeur, Maude. Les deux autres étaient leurs amis, Louis Chabot et Suzanne Bernier. Ils étaient partis ensemble au Burkina Faso afin de participer à la construction d'une école, pour le compte du Centre amitié de solidarité internationale de la région des Appalaches (Casira). Il s'agit du plus lourd bilan de victimes canadiennes au cours d'un attentat terroriste depuis les événements du 11 septembre 2001.

Une première cérémonie privée pour saluer la mémoire de Suzanne Bernier s'est déroulée à l'église Saint-Thomas-d'Aquin, dans le secteur Sainte-Foy, en fin de matinée.

Église bondée

Puis, en milieu d'après-midi, l'église du Très-Saint-Sacrement accueillait les funérailles communes de cinq autres victimes québécoises de l'attentat. L'édifice était bondé pour cette deuxième cérémonie, qui a duré deux heures. Selon un responsable du diocèse, il y avait plus d'un millier de personnes à l'intérieur.

Les représentants des médias ont pu entrer avant le début du service mais ont été invités à sortir pendant l'office religieux. Les photos des cinq victimes et des gerbes de fleurs étaient exposées devant l'autel, avec quatre urnes, et un cercueil, celui de Mme Carrier.

Après la cérémonie, les urnes et le cercueil ont été déposés entre les corbillards, à l'extérieur, devant les proches rassemblés sur le parvis, dont bon nombre étaient en pleurs.

«Vous pouvez penser enfin à vous et vous baigner dans la lumière, a lu le récitant. Lorsque viendra l'heure, chacun de nous vous rejoindra. Vous pouvez partir le coeur léger. Que la colombe immaculée apporte avec elle votre esprit.»

Une volée de colombes a ensuite été lâchée dans le ciel gris et neigeux, sous les applaudissements.

M. Trudeau a été très discret et est resté pendant toute la cérémonie. Il est ensuite reparti rapidement. Le conjoint de Maude Carrier avait dénoncé son manque de compassion après les événements. Quand le premier ministre l'avait appelé pour lui transmettre ses condoléances, il lui avait raccroché au nez en lui demandant de mettre fin à sa «cassette» politique. La mère de Maude Carrier, Camille Carrier, avait quant à elle reproché au gouvernement Trudeau de ne rien faire contre le terrorisme.

Son ministre Jean-Yves Duclos, aussi député de Québec, s'est toutefois adressé aux journalistes et a répondu aux questions, se faisant demander si son chef avait cherché à se racheter par sa présence samedi.

«Ma présence est importante pour moi, a-t-il répondu. C'est ma paroisse, c'est ma circonscription, je suis tellement fier que ma paroisse ait pu contribuer à une très belle cérémonie en hommage à des personnes extraordinaires, en appui à une famille qui vit une épreuve terrible. On a modestement été là pour accompagner la famille avec beaucoup de respect. (...) Je suis tellement heureux de la façon dont cela s'est passé.»

Nombreux dignitaires

De nombreux dignitaires étaient présents, dont l'ambassadeur du Burkina Faso au Canada, Amadou Adrien Koné, le député conservateur Gérard Deltell, la ministre québécoise des Relations internationales et de la Francophonie, Christine St-Pierre et le chef du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau.

«Ils sont partis d'une manière brutale, inexplicable, a déclaré M. Koné. Il est de mon devoir, en tant que représentant de mon État de venir porter ma compassion à la famille».

Mme St-Pierre, qui représentait le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, absent, a dit être très émue. «On a accompagné la famille, a-t-elle dit. On a aidé à ce qu'il n'y ait pas de tracasserie administrative. (On a été) la courroie de transmission avec le fédéral. On a aidé à notre manière.»

Couillard absent

Le premier ministre Philippe Couillard n'était pas présent, mais il était allé au salon funéraire la veille pour rendre hommage aux victimes, a tenu à faire savoir son attaché de presse.

M. Péladeau a pris le temps de se recueillir devant les photos des victimes. «(C'est) un moment de partage avec cette famille, a-t-il déclaré. C'étaient des héros du quotidien. Des héros extraordinaires. Le Québec est tout attristé de ce qui s'est produit.»

La Congrégation des soeurs de Notre-Dame du Perpétuel Secours, qui avait déjà parrainé les six victimes dans des activités humanitaires au Burkina Faso, était également représentée.

Soeur Lise Desrochers, membre de la Congrégation, s'est rappelée avec émotion de la famille Carrier. «Ils aimaient les gens pour qui et avec qui ils travaillaient, a souligné la religieuse. Ils ont laissé un message d'engagement, que plusieurs autres membres de la famille élargie ont l'intention de poursuivre et de respecter.»

Le 15 janvier, les six Québécois ont été tués quand des djihadistes ont attaqué un restaurant et un café de la capitale fréquentés par des Occidentaux. Les quatre terroristes ont été tués par les forces de sécurité burkinabées et françaises. L'attentat a été revendiqué par le groupe al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI).

Le bilan de cet attentat a fait état de 30 morts, huit Burkinabés et 22 étrangers.

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