Spectacle aérien des Cantons-de-l'Est: la seconde édition compromise

La première mouture du spectacle aérien des Cantons-de-l'Est... (Photo archives La Voix de L'Est)

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La première mouture du spectacle aérien des Cantons-de-l'Est avait attiré près de 35 000 personnes à Bromont.

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Jean-François Guillet
La Voix de l'Est

(Bromont) La seconde mouture du spectacle aérien des Cantons-de-l'Est, prévue à l'aéroport Roland-Désourdy de Bromont en août 2016, est compromise, a appris La Voix de l'Est. Ceci principalement parce que les bailleurs de fonds ne sont pas au rendez-vous.

À l'instar de plusieurs sources proches du dossier, le directeur général du spectacle aérien des Cantons-de-l'Est (SACE), Sylvain Faucher, a corroboré au journal que l'événement peine à trouver des commanditaires.

«Il y a quelques jours, j'ai informé les membres du conseil d'administration de l'aéroport [Roland-Désourdy] de nos progrès sur tous les fronts, tant pour les opérations, la logistique que le marketing. Lorsque je suis arrivé aux finances et commandites, j'ai dû leur mentionner qu'on a frappé un sérieux obstacle, a-t-il indiqué. Notre budget est d'environ un demi-million de dollars. En ce moment, on est environ 175 000$ de court. C'est majeur!»

Rappelons qu'en 2014, le premier événement du genre à se tenir à Bromont avait attiré près de 35 000 personnes. Le spectacle à grand déploiement avait été mis sur pied grâce à une enveloppe globale avoisinant 350 000$.

Le SACE avait alors dépassé les attentes, générant un surplus de 83 000$. Ceci n'inclut toutefois pas le remboursement des avances de fonds totalisant 75 000$, qui provenaient des trois villes propriétaires de l'aéroport, soit Bromont, Granby et Cowansville.

Conjoncture

Il semble que le désistement de plusieurs «gros joueurs» ait fait piquer du nez la campagne de financement. «J'ai un paquet de gens qui ont travaillé énormément fort depuis près de neuf mois pour aller chercher des commandites. Il y avait des signes encourageants de plusieurs compagnies majeures. Mais dans les quatre derniers mois, l'histoire a changé», a mentionné M. Faucher.

Celui-ci attribue principalement à la conjoncture économique morose ce désengagement de la part de nombreuses entreprises.

«Il suffit de regarder autour de nous pour constater que la valeur du dollar fait très mal dans plusieurs secteurs d'activité. Si on prend le Shakedown de Saint-Sauveur, la compétition internationale de planche à neige, près de 85% du financement de l'événement provient de commandites, a-t-il cité en exemple. Et pour la première fois en 14 ans, c'est annulé. Il y a un message là-dedans. Il se passe quelque chose et on en est victime nous aussi.»

Sur la corde raide

Bien qu'il dise vouloir «tout faire» pour présenter l'événement comme prévu du 19 au 21 août prochain, le directeur général du SACE demeure terre-à-terre. Selon lui, à moins d'un revirement majeur, le spectacle aérien n'aura pas lieu.

«Un plan de communication est déjà prêt si l'événement est annulé. On peut toujours croire à un miracle. Mais on parle de quelques jours avant la date butoir du premier paiement [aux pilotes].»

Pour M. Faucher, terminer l'exercice avec un déficit n'est pas une option. «En 2014, on avait planifié [accueillir] un maximum de 50 000 spectateurs. On en a eu 15 000 de moins. Là, on vise une foule de près de 60 000 personnes avec une logistique pour 75 000. C'est compréhensible que les coûts vont augmenter. Avec une météo que je ne contrôle pas, en ce moment, je ne suis pas en position de garantir de ne pas être dans le rouge [si le spectacle a lieu]», a-t-il fait valoir.

Malgré la précarité financière du SACE, il semble que des sommes pourraient être injectées rapidement. Un prêt sans garantie de 33 000$ pourrait potentiellement être accordé à l'organisme sans but lucratif. En effet, comme elles l'avaient fait en 2014, Bromont et Cowansville ont déjà octroyé de telles avances de fonds pour aider l'organisation à présenter le spectacle. Or, aucune demande n'a été faite par l'OSBL en ce sens auprès de la municipalité de Granby, a confirmé Robert Vincent, maire suppléant et président du conseil d'administration de la Régie aéroportuaire régionale des Cantons-de-l'Est (RARCE).

«Les organisateurs savent qu'ils doivent faire une demande officielle par écrit pour avoir l'argent par la Ville», a-t-il mentionné. «On va regarder ça prochainement, a dit M. Faucher à ce sujet. Mais je ne suis pas inquiet que Granby joigne le bal.»

De son côté, Bromont a également prévu, à même son budget 2016, une contribution de 24 000$ au spectacle aérien.

Casse-tête

Dans le cas d'une annulation de l'événement, le report de celui-ci à 2018 est dans les cartons. Insérer le spectacle aérien dans le calendrier demeure toutefois un «véritable casse-tête», a souligné M. Faucher.

«En 2016, on a réussi à avoir la même période qu'en 2014. Le problème pour 2018, c'est que ça concorderait avec les Jeux équestres mondiaux. On aurait besoin de près de 300 chambres par nuit pour les pilotes. Ce serait donc impensable. Mais il y aurait peut-être une fenêtre possible pour y arriver.Le spectacle aérien des Cantons-de-l'Est n'est définitivement pas mort!»

De son côté, le directeur général de l'aéroport, Robert Blais, qui avait piloté le premier projet du SACE, espère toujours que les gens d'affaires de la région se mobiliseront pour sauver l'événement. «Le spectacle aérien est très porteur pour l'aéroport et la région en entier. Ce serait très triste de devoir le reporter. Les finances, c'est le nerf de la guerre. L'organisation devra se tourner vers de plus petits commanditaires pour compenser la perte des gros joueurs. Et ça, c'est tout un défi, mais c'est toujours possible.»

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