Bromont interdit les pit-bulls: des pétitions totalisant 1800 noms déposées

En interdisant les pit-bulls sur son territoire, Bromont... (photo archives La Presse)

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En interdisant les pit-bulls sur son territoire, Bromont a soulevé la grogne chez des gens aux quatre coins du Québec.

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Jean-François Guillet
La Voix de l'Est

(Bromont) En interdisant les pit-bulls et les croisements de l'animal sur son territoire, Bromont a soulevé la grogne chez des gens aux quatre coins du Québec. Le mouvement contestataire a fait des vagues jusque dans la salle du conseil, lundi. Des pétitions totalisant plus de 1800 signataires ont alors été déposées. Des citoyens ont profité de l'occasion pour faire valoir leur opinion sur le sujet.

«Je ne comprends pas pourquoi Bromont en est venu à une décision comme ça. Bannir une race de chien, peu importe laquelle, ça ne se fait simplement pas. Je crois qu'il y a beaucoup d'ignorance et un manque d'éducation derrière ça», a soutenu durant la période de questions une résidante de Lac-Brome qui possède six chiens. Plusieurs autres citoyens ont tenu des propos similaires, remettant en cause la position tranchée de la municipalité dans le dossier.

Rappelons que le règlement sur les animaux (1024-2015), adopté par Bromont le 11 janvier, stipule qu'«il est interdit d'avoir en sa possession un chien de race bull-terrier, staffordshire terrier, american-pit-bull terrier ou american stafford terrier (communément appelé pit-bull) ou tout croisement de ces races sur tout le territoire de la ville». Les contrevenants s'exposent, en tant que «personne physique», à des amendes allant de 100$ pour une première offense, jusqu'à 1000$ s'il y a récidive. Cette somme peut grimper à 2000$ pour une «personne morale». Les citoyens qui possédaient les types de chiens bannis avant l'entrée en vigueur de la nouvelle norme, le 15 janvier, n'y seront pas assujettis.

Drame

De son côté, le Bromontois Martin Larocque a endossé la position de la municipalité. Lors de l'adoption du règlement sur les animaux, l'homme et les membres de sa famille étaient en voyage au Costa Rica. La rencontre d'un pit-bull a fait tourner la fin du séjour au drame quand la bête a infligé de graves blessures à sa fille de 7 ans. «J'ai fait connaissance avec un pit-bull sur la plage. Le chien, avec une muselière, est venu vers nous. Il s'est couché sur moi, les pattes en l'air. J'ai joué avec lui parce que j'aime les chiens. Je l'ai vu quatre fois durant la semaine. Avant la dernière journée, tout s'était bien passé. Mais ce soir-là, il a attaqué ma fille!», a-t-il raconté. Heureusement, la fillette a reçu les soins appropriés et reprend des forces à la maison.

L'homme ne fera plus jamais confiance à ce genre d'animal. «Ce qui est arrivé à mon enfant, c'est une boucherie. Plutôt que l'épaule, le chien aurait pu lui sauter au cou. Le parrain de ma fille a un pit-bull. Je croyais que c'était des bons chiens. Préparez-vous, ça peut vous arriver», a-t-il laissé tomber.

«Ça aurait pu être un berger allemand!», a rétorqué un citoyen. «On ne peut pas généraliser en mettant tous les chiens dans le même panier», a renchéri un autre.

Pétition

Marie-Claude Barrette est l'instigatrice du mouvement contestataire, lancé le 20 janvier. Selon la représentante du club canin de la municipalité, interdire les pit-bulls et ses métissages est «indigne» d'une localité comme Bromont. «Ce qu'on reproche, c'est l'absence de consultation du conseil à la population. On n'a pas non plus demandé l'avis au club canin. Et le règlement a été pris sans la consultation d'experts et il encourage la stigmatisation», a indiqué l'étudiante en droit et journaliste à La Voix de l'Est, avant de déposer officiellement les pétitions (papier et web) regroupant les noms de plus de 1800 personnes. Selon elle, près de 800 signataires sont bromontois.

Marie-Claude Barrette a ensuite étayé son argumentaire de nombreuses statistiques et de faits concernant les pit-bulls, émanant entre autres de spécialistes canins. «Au Québec, il y a 164 000 cas de morsures d'animaux par année. Dans les 15 [principaux types] de chiens, les pit-bulls ne s'y retrouvent pas», a-t-elle souligné, citant des données de l'Association des médecins vétérinaires du Québec.

Les élus prendront part à des rencontres de travail durant le mois de février concernant une possible abrogation du règlement sur les animaux. Une table ronde avec des spécialistes canins a également été évoquée.

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