Chaîne humaine devant le CPE Les jeunes pousses

Une trentaine de personnes ont formé une chaîne... (Alain Dion, La Voix de l'Est)

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Une trentaine de personnes ont formé une chaîne humaine devant le CPE Les jeunes pousses de Waterloo lundi.

Alain Dion, La Voix de l'Est

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Jérôme Roy
La Voix de l'Est

(Waterloo) C'est au tour des CPE de contester les mesures d'austérité du gouvernement Couillard. Lundi après-midi, une trentaine de personnes - employés, parents et enfants - ont formé une chaîne humaine devant le CPE Les jeunes pousses de Waterloo sous le thème «Attachez vos tuques, on continue».

«Nous, on fêtait notre trentième anniversaire cette année [...] et on en a mené des batailles, mais une aussi drastique, non», déplore Carole Berniquez. La directrice générale du CPE compte 24 ans d'expérience à cet endroit, qui offre aujourd'hui 65 places.

Après avoir fait face à une coupe d'environ 26 000$ pour cette année financière, le CPE Les jeunes pousses devra composer avec une nouvelle ponction de 85 000$ pour celle qui s'en vient, ce qui représente près de 10% de son budget d'exploitation.

«Il y a des inquiétudes parce qu'ils savent très bien qu'il va y avoir des heures de coupées au niveau du personnel éducateur, se désole Mme Berniquez. Par rapport à nos réunions d'équipe, nos heures pédagogiques, qui sont là pour analyser les besoins des enfants, les intérêts, c'est des choses qui risquent de s'envoler avec ces coupures-là. C'est sûr que ça va affecter le service.»

La directrice générale du CPE précise qu'une employée administrative a déjà perdu une journée de travail par semaine cette année et elle entrevoit d'autres difficultés, notamment pour la cuisine de l'établissement. «C'est inimaginable, c'est irréaliste!» lance-t-elle.

«Chez nous, c'est à peu près 14 heures de coupures [dans la cuisine]. (...) Tout est fait maison ici. On a suivi de la formation aussi, autant le personnel que les cuisinières pour s'assurer d'amener une saine alimentation, d'avoir des bonnes habitudes. Le ministère prône les saines habitudes de vie, même dans leurs documents, mais en même temps, pour les rencontrer, il faut s'investir.» Elle suggère même que certains enfants, comme ceux aux prises avec des allergies alimentaires, pourraient éventuellement être contraints d'amener leur propre lunch à l'établissement.

Éviter un retour en arrière

Pour Mme Berniquez, les coupes signifient un retour en arrière qu'il faut absolument éviter.

«Je me souviens, voilà 20 ans, être ici comme directrice, et n'avoir aucune conseillère, aucune secrétaire. Je me souviens d'avoir fait une labyrinthite, de me tenir après les murs pour venir faire une paye. Ça ne peut pas reposer sur les épaules d'une seule personne! C'était dur cette époque-là, mais on s'est battues pour avoir mieux et aujourd'hui, les gens sont plus exigeants (...) On n'est pas un service de gardiennage, on a une mission éducative et on y tient!», martèle la directrice générale du CPE.

Des appuis

Des parents qui venaient chercher leurs enfants ont pris quelques minutes pour former la chaîne humaine devant l'institution. Parmi eux, Éric Lapierre juge la situation inacceptable.

«Ma fille est venue au CPE ici, mon garçon est au CPE ici, c'est sa dernière année, et puis j'ai vu la détérioration des services au fur et à mesure des coupures. En plus, j'étais sur le C.A. les deux années précédentes, on a eu à faire des choix difficiles... Je trouve que c'est vraiment grave ce qui arrive. On est ici pour supporter le réseau...»

Esther Laframbroise, coordonnatrice de l'Espace familles de Waterloo, se dit quant à elle «scandalisée» par les compressions.

«Moi, j'ai entendu dire qu'il y a certaines femmes qui ont choisi de rester à la maison au lieu de retourner sur le marché du travail, parce que ça leur coûte trop cher d'envoyer leur enfant à la garderie. Si on pense à toutes les familles monoparentales qui vont s'appauvrir... Ça touche les femmes, mais ça touche aussi les petits travailleurs, les familles qui n'ont pas un gros revenu», croit-elle.

Au cours de l'activité de mobilisation, Carole Berniquez a invité la population à signer une pétition sur laquelle figurent déjà environ 350 noms. Elle espère en recueillir 600.

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