Virage vert pour Comptoirs Verte Feuille

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Soucieux de réduire leur empreinte écologique, Robert (à gauche) et Charles-Antoine Girard de Comptoirs Verte Feuille à Granby ont diminué de 95 % les déchets de la PME

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Marie-France Létourneau
La Voix de l'Est

(Granby) L'entreprise Comptoirs Verte Feuille de Granby porte bien son nom. Motivée par le désir d'avoir la plus petite empreinte écologique possible, elle a réduit ses déchets de 95 % au cours des dernières années. Elle ne génère qu'un petit sac d'ordures ménagères par semaine. Le reste est recyclé et revalorisé, affirme Charles-Antoine Girard, copropriétaire de la PME du parc industriel.

«Et on vise 99 % d'ici la fin de l'année», a ajouté le jeune gestionnaire de l'entreprise familiale, spécialisée dans la fabrication de comptoirs pour les ébénistes de la région.

Avec un seul sac d'ordures à jeter par semaine, l'entreprise, aussi ouverte au public, a dû se départir de son conteneur à déchets. Elle n'en avait plus besoin. «Notre sac, on va le jeter chez le voisin avec qui on a une entente», souligne Charles-Antoine Girard.

Il y a bien un gros conteneur rouge à l'arrière de la cour de Comptoirs Verte Feuille, mais il est utilisé pour récupérer les résidus et retailles de bois et de stratifiés.

Environ une fois par mois, ce conteneur prend la direction des Entreprises Jos Boucher à Saint-Paul-d'Abbotsford, qui broie le tout pour en faire une matière utilisée pour le chauffage à la biomasse, souligne M. Girard.

Les autres déchets de l'entreprise, comme le carton et le plastique, sont recyclés par le biais de la collecte des matières recyclables. Le métal, lui, prend le chemin du ferrailleur.

Adaptation difficile

Cela ne s'est cependant pas fait du jour au lendemain. La PME de 13 employés a dû modifier l'ensemble de ses pratiques et trouver des solutions pour réduire la quantité de déchets acheminée au site d'enfouissement.

«L'adaptation a été difficile», reconnaît Charles-Antoine Girard, qui en a fait un défi personnel lorsqu'il a joint les rangs de l'entreprise, à la fin de ses études en administration, il y a quatre ans.

Mais l'enjeu en valait la chandelle, juge-t-il aujourd'hui. Selon lui, le virage de Comptoirs Verte Feuille lui permet d'envoyer environ 500 verges cubes de moins par année au site d'enfouissement.

Les économies ne sont toutefois pas forcément au rendez-vous. «Techniquement, ça ne coûte pas plus cher et ça ne coûte pas moins cher. La gestion des poubelles est moins chère parce qu'on n'a plus de frais de tonnage d'enfouissement à payer, mais on a plus de frais de gestion parce qu'il faut maintenant tout séparer. (...) Mais au bout du compte, ce n'est pas plus cher d'être vert», calcule Charles-Antoine Girard.

Selon lui, il ne manque plus qu'une solution à trouver pour que l'entreprise puisse disposer de la poussière de bois qu'elle génère. L'objectif est d'arriver à ajouter cette poussière volatile au contenu du conteneur rouge sans qu'elle se répande dans l'environnement. «On a une problématique de transvidage. Ça va nous prendre un bac sur mesure», estime M. Girard. Une fois cet objectif atteint, l'entreprise aura réduit de 99 % ses déchets.

Valeur

Dans l'unique sac d'ordures généré par l'entreprise chaque semaine se retrouvent principalement les résidus des lunchs des employés, note celui qui est copropriétaire de l'entreprise avec son père Robert Girard et sa mère, Manon Lassonde.

C'est d'ailleurs parce que le respect de l'environnement, et par ricochet le recyclage, est inscrit dans ses valeurs familiales que Charles-Antoine Girard a mis de l'avant ce projet. «Une fois le rythme pris, ça se fait tout seul, laisse tomber Robert Girard. On a aussi un produit qui peut avoir une deuxième vie.»

Nouveau défi: copropriétaire également de Comptoirs Quarzo, rue Saint-Vallier à Granby, spécialisée dans la fabrication de comptoirs de granit et de quartz, Charles-Antoine Girard et sa famille travaillent maintenant à la recherche de solutions pour recycler les retailles de ces matériaux. «C'est facile jeter. Mais la planète n'est pas une grosse poubelle», laisse tomber Robert Girard.

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