Odette Laneuville, branchée sur l'espace

Au cours des prochaines années, Odette Laneuville aura... (Fournie par l'Université d'Ottawa)

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Au cours des prochaines années, Odette Laneuville aura l'occasion de côtoyer une dizaine d'astronautes de la Station spatiale internationale. On la voit ici en compagnie de son collègue de longue date, Dr Guy Trudel.

Fournie par l'Université d'Ottawa

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Isabel Authier
Isabel Authier
La Voix de l'Est

Odette Laneuville est née et a passé sa jeunesse à Cowansville. Elle est aujourd'hui chercheuse et professeure agrégée à l'Université d'Ottawa. Au cours des prochaines années, elle mènera un important projet de recherche financé par l'Agence spatiale canadienne, en lien avec la NASA.

Avec son collègue, le Dr Guy Trudel, Mme Laneuville étudie depuis 20 ans les conséquences de l'immobilité prolongée sur les individus. Et parce que la réadaptation d'un astronaute de retour sur la planète et celle d'une personne longuement alitée ne sont pas si différentes, ils dirigeront l'étude MARROW auprès de dix astronautes des quatre coins du monde, qui passeront six mois dans la Station spatiale internationale. Un premier «cobaye» s'est d'ailleurs envolé vers la station en décembre dernier et reviendra en mai prochain.

«On va pouvoir déterminer les conséquences physiques à long terme sur les astronautes qui séjournent longtemps dans l'espace. Surtout qu'on sait que ces séjours seront de plus en plus longs», explique la professeure de biologie, en faisant notamment référence au projet de résidence sur la planète Mars.

Plus spécifiquement, l'équipe étudiera les répercussions d'une exposition prolongée à la microgravité sur la moelle osseuse, en particulier sur le fonctionnement des globules rouges et blancs. Pour mesurer ces effets, Odette Laneuville et son équipe resteront sur la terre ferme. Mais ils soumettront les astronautes à des examens en imagerie par résonance magnétique et recueilleront des échantillons biologiques avant, pendant et après leur vol dans l'espace.

En vérifiant les hypothèses et en élaborant des protocoles appropriés, toutes ces connaissances pourront éventuellement être appliquées aux Terriens... «Ça nous permettrait de trouver des façons de réadapter les personnes qui ont été alitées longtemps, aux soins intensifs par exemple. On sait que ça peut prendre du temps à ces gens pour qu'ils reprennent leurs activités journalières. C'est très dispendieux et ils ne reviennent pas toujours à leur condition d'avant. On pourrait réduire les soins de séjours en centre de réadaptation.»

Longue scolarité

Pour atteindre un tel niveau professionnel, une bonne partie de la vie de Mme Laneuville s'est déroulée sur les bancs d'école. Après des études primaires à Cowansville, elle a fait son secondaire à la défunte école Présentation de Marie de Granby. Son DEC en sciences santé obtenu au Cégep de Granby l'a ensuite menée à un bac en biologie médicale à l'Université de Trois-Rivières, à une maîtrise complétée à Montréal, à un doctorat à l'Université de Toronto, suivi de trois années d'études postdoctorales en biochimie passées aux États-Unis.

«J'ai reçu une excellente éducation et j'avais de la facilité à l'école», dit-elle simplement pour justifier son cheminement exceptionnel.

Docteure en pharmacologie, la dame enseigne depuis 21 ans. Une carrière axée sur la recherche et qui l'allume complètement. À preuve, elle n'a pas pris de vacances depuis cinq ans. «On se préparait depuis 2009 pour ce projet», indique-t-elle.

Ses compétences l'amènent aussi à voyager. Quand elle n'enseigne pas, elle est régulièrement appelée à se rendre ailleurs. Quand on lui a parlé, elle s'apprêtait à s'envoler vers Toulouse, en France, pour une étude sur des patients longuement alités.

Mis à part le travail, Odette Laneuville assure qu'elle trouve le moyen de décrocher. «J'ai une vie privée que j'adore, je fais notamment du ski de fond. Mais j'aime vraiment beaucoup mon travail.»

Bardée de diplômes, elle aurait pu être médecin spécialiste ou pratiquer mille et une autres professions au gré de ses passions. «Si j'avais neuf vies comme un chat, je ferais neuf carrières différentes!», lance-t-elle.

Les parents d'Odette Laneuville résident toujours à Cowansville. Une ou deux fois par année, quand le temps lui permet, elle revient dans la région. Et malgré le temps qui passe et sa carrière prenante, elle trouve même le moyen de garder contact avec quelques bonnes amies de l'époque de la Présentation de Marie.

Question de garder les deux pieds sur Terre!

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