Santé mentale: Me Ménard réclame plus de ressources

Me Jean-Pierre Ménard a relevé une certaine méconnaissance... (Archives La Presse)

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Me Jean-Pierre Ménard a relevé une certaine méconnaissance de la loi P-38 de la part des psychiatres eux-mêmes. Il dénonce également le manque de ressources en santé mentale.

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Cynthia Laflamme
La Voix de l'Est

(Granby) «Revendiquer un changement à la loi pour éviter des histoires comme ça, c'est une aberration!» Des commentaires sur la loi P-38 formulés à la suite du meurtre présumé de Caroline Choinière par son colocataire, Alex Lacasse-Deaudelin, à Granby, a fait réagir l'avocat spécialisé dans la défense des patients, Me Jean-Pierre Ménard, sur l'interprétation de la loi et les ressources disponibles sur le terrain.

La triste histoire survenue le11 janvier a soulevé plusieurs questions sur la Loi sur la protection des personnes dont l'état mental présente un danger pour elles-mêmes ou pour autrui (P-38). Il avait été rapporté par divers intervenants que la loi ne permettait pas aux psychiatres de garder un patient contre son gré plus de 24h, sauf s'il représentait un danger grave et immédiat.

«La Loi n'impose pas du tout au psychiatre de libérer le patient après 24h. Elle permet de le garder tant que le médecin évalue que le patient présente une dangerosité prévisible pour lui-même ou pour autrui, non pas grave et immédiate. C'est moins lourd, la dangerosité est moins élevée. Le psychiatre n'a aucune contrainte qui l'oblige à libérer le patient, sauf si le patient ne présente pas de signe de dangerosité.»

«Ça démontre une certaine méconnaissance ou ignorance de la loi, déplore l'avocat. On demande que les psychiatres et tous les professionnels concernés reçoivent plus de formation sur les droits des patients pour mieux les comprendre.»

Rappelons que l'individu accusé de meurtre au deuxième degré, qui doit revenir devant le juge le 29 janvier pour comparaitre et déterminer s'il est apte à subir son procès, aurait été admis en psychiatrie à l'hôpital de Granby. Il aurait obtenu son congé 24 heures plus tard, soit la veille de la découverte du corps inanimé de sa colocataire.

Le cas de Lacasse-Deaudelin a soulevé le débat, mais comme Me Ménard n'a pas pris connaissance du dossier, il préfère s'en tenir au débat plus large portant sur la Loi P-38.

Le cas Lacasse-Deaudelin 

Il dénonce par le fait même le manque de ressources en santé mentale. Il n'est pas le premier à le dénoncer, la santé mentale est l'enfant pauvre du système et subi encore des coupures, dit-il. Avec le manque de ressources dans la région, il se questionne sur le suivi qu'Alex Lacasse-Deaudelin aurait pu obtenir en quittant l'hôpital de Granby.

«Ce qu'on voit sur le terrain, c'est qu'il y a un problème aigu et majeur de ressources communautaires. Il n'y a pas de ressource de santé mentale à domicile. Dans votre région, il n'y a pas de centre de crise non plus. Un centre de crise aurait été parfait pour le monsieur en question, qui s'occupe de suivre et de prendre en charge des patients qui ont reçu leur congé de l'hôpital et qui ont besoin d'un support dans la communauté.»

Sans un centre de crise et sans ressource spécialisée en CLSC, les parents qui ont un fils souffrant de troubles de santé mentale n'ont pas beaucoup d'options pour signaler qu'il ne va pas bien.

«Comment ça se fait que la seule solution pour les parents, ce soit d'appeler la police? Pourquoi les parents ne pourraient pas appeler au CLSC pour qu'il y ait un intervenant qui vienne faire un premier contact avec le fils et qu'on l'amène vers une démarche pour qu'il se fasse soigner. Quand le seul recours, c'est la police, les gens sont hésitants à faire ça.»

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