Québec accorde 6 M$ aux centres de désintoxication

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Environ 6 millions $ seront distribués par Québec aux centres de désintoxication, qui déploraient subir les impacts de la réforme des prestations de l'aide sociale.

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Jean Philippe Angers
La Presse Canadienne
Montréal

Environ 6 millions $ seront distribués par Québec aux centres de désintoxication, qui déploraient subir les impacts de la réforme des prestations de l'aide sociale.

Des organismes du secteur ont semblé satisfaits de l'argent offert par le gouvernement du Québec.

La mesure a été annoncée à l'Association provinciale des organismes en dépendance (APOD) ainsi qu'à l'Association québécoise des centres d'intervention en dépendance (AQCID), mercredi après-midi, lors d'une rencontre avec la ministre déléguée à la Réadaptation, à la Protection de la jeunesse et à la Santé publique, Lucie Charlebois.

Le directeur général de l'AQCID, Vincent Marcoux, s'est dit satisfait de cette annonce, tout en disant attendre de voir les modalités de distribution des quelque 6 millions $ pour environ 70 centres de désintoxication offrant des traitements aux prestataires de l'aide sociale.

«On souhaite que ça règle entièrement le problème. (...) On aide les centres à aider les personnes prestataires de l'aide sociale», a dit M. Marcoux, disant croire qu'il faudrait de deux à trois semaines pour s'entendre sur les modalités.

M. Marcoux a souligné en entrevue que cela arrivait après environ un an d'efforts de son organisme et d'autres groupes depuis la mise au jour des réductions des prestations d'aide sociale à venir.

«Nous sommes satisfaits. Enfin! Ça fait un an qu'on est là-dedans. Même si le règlement est passé le 1er mai, on le savait depuis janvier que ce règlement s'en venait. Ça fait un an qu'on travaille fort, aujourd'hui (mercredi), on a appris que la ministre (Lucie Charlebois) travaillait fort également», a commenté M. Marcoux.

Le porte-parole du Parti québécois en matière de santé publique et de services sociaux, Jean-François Lisée, a parlé d'une «bonne nouvelle», soutenant que le gouvernement s'était rendu à la raison de «corriger une partie de ses dégâts».

Saluant l'aide aux centres de désintoxication, M. Lisée s'est toutefois interrogé à savoir si le tir était vraiment corrigé pour les prestataires d'aide sociale toxicomanes qui ont préféré «rester chez eux» plutôt que de voir leurs prestations être réduites.

«Les centres vont pouvoir survivre, on l'espère, mais l'autre partie, ce sont que les prestataires d'aide sociale toxicomanes ont vu leurs prestations réduites de 700 $ à 200 $ et ont déserté, ont préféré rester chez eux», a soutenu M. Lisée.

Réforme de l'aide sociale

Dans le cadre d'une réforme du régime d'aide sociale, le printemps dernier, le ministère de la Solidarité sociale a réduit les prestations d'aide sociale de ceux qui vont suivre une cure de désintoxication dans un centre.

La prestation spéciale pour frais de séjour pour des services en toxicomanie - pouvant atteindre 1517 $ par mois, selon le gouvernement du Québec - est restée la même.

Toutefois, depuis le 1er mai 2015, les adultes qui bénéficient de cette prestation spéciale obtiennent une allocation pour dépenses personnelles d'un montant de 200 $ par mois, plutôt que leur prestation de base d'environ 700 $.

Disant vouloir s'assurer que les personnes qui effectuent un séjour pour des services en toxicomanie ne perdent pas leur logement en raison d'un revenu insuffisant, Québec annonçait aussi au printemps dernier que celles-ci seraient désormais admissibles à la prestation spéciale pour frais de logement, dont le montant peut atteindre 416 $ par mois.

«L'indignation et la pression populaire suscitées par la fermeture de certains centres et la diminution de leur financement auront eu raison de l'intransigeance de la ministre Charlebois et du premier ministre Couillard», a aussi commenté par courriel la députée et porte-parole parlementaire de Québec solidaire, Françoise David.

«L'annonce d'aujourd'hui (mercredi) ne change malheureusement rien pour les bénéficiaires de l'aide sociale qui continueront de voir leur chèque amputé lorsqu'ils se trouvent dans un centre de désintoxication, comme c'est le cas depuis l'été dernier», a déploré Mme David.

La ministre Charlebois n'avait pas répondu à un appel à commenter, mercredi.

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