Arrivée des premiers Syriens : prêts pour un nouvel envol

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Cynthia Laflamme
La Voix de l'Est

(Granby) L'attente est enfin terminée pour SERY, qui trépignait d'impatience d'accueillir les premiers Syriens à Granby. Vendredi, une première famille est arrivée à Granby.

Logeant dans un hôtel de la ville, le père, la mère et leurs quatre enfants pourront bientôt emménager dans leur nouvel appartement, dont ils ont signé le bail lundi. Les enfants ont même eu droit à la visite d'une école. Avec l'aide de l'interprète Moussa Zahzam, ils ont accepté de rencontrer La Voix de l'Est.

La famille s'est montrée infiniment reconnaissante d'avoir pu toucher le sol canadien, vendredi. Après six heures passées à l'aéroport Pierre-Elliott Trudeau pour notamment recevoir des vêtements de base pour survivre à l'hiver, elle a pu prendre l'autobus pour arriver finalement à Granby. «L'accueil a été très chaleureux», a commenté Bassam Alamir, installé aux côtés de sa conjointe, Faten Nserat, dans le restaurant de l'hôtel. «Nous avons été très bien accueillis, nous avons été touchés. Maintenant, il faut qu'on maîtrise la langue et ensuite, on va voir ce qu'on va faire», ajoute-t-il.

Ils ont été quelque peu surpris par le froid et la quantité de neige au sol. En réalité, ils s'attendaient à moins! Ils ont aussi pu découvrir les routes enneigées, lundi, et l'inquiétude de savoir un proche sur la route, comme leurs enfants étaient en compagnie d'une gardienne.

Exil

Bassam Alamir, Faten Nserat et leurs trois premiers enfants ont quitté la Syrie il y a trois ans. À pied, ils ont franchi la frontière de la Jordanie pour s'y établir grâce à l'aide d'amis et d'organismes non gouvernementaux. C'est en Jordanie que leur quatrième enfant, Zaid, est né, il y a quatre mois seulement.

En Syrie, M. Alamir était propriétaire d'une compagnie d'envoi d'argent du style Western Union, comme on en trouve au Québec dans certains supermarchés.

«Quand la révolution a commencé, c'est là qu'il a perdu sa compagnie. Il a tout perdu. Le 18 mars (2013), il a décidé de quitter, a expliqué Moussa Zahzam, transmettant les propos du père de famille. Il se disait "qu'est-ce que je vais faire, avec les enfants? Il faut que je parte."»

La «révolution», c'est la guerre civile qui fait rage depuis 2011. Elle a débuté dans le contexte du Printemps arabe avec des manifestations contre le régime de Bachar el-Assad.

Après être passés par un camp de réfugiés, on les a aidés à trouver un appartement et à commencer à travailler un peu.

 «Ils étaient dans un appartement en Jordanie et une association (ONG) payait leur loyer pendant ces trois ans-là», explique l'interprète. De la famille au Koweït, un ami en Arabie Saoudite et un autre au Liban leur ont prêté assistance durant cette période plus difficile. Ils ont habité en Jordanie pendant trois ans, jusqu'à ce que le Canada leur offre un refuge.

Motivés et soulagés

Aujourd'hui, ils sont prêts pour un nouvel envol. Ils prendront le temps de se poser, de s'installer et d'apprendre la langue pour mieux rebondir. Loin d'être accablés par la tâche, ils sont motivés et soulagés de se trouver à Granby.

Les enfants en âge d'aller à l'école pourront commencer rapidement les cours. Isabelle Meunier, responsable de l'accueil des réfugiés syriens pour Solidarité ethnique régionale de la Yamaska (SERY), indique que la famille pourra obtenir de l'aide de l'organisme pour les cinq prochaines années, comme c'est le cas pour tout nouvel arrivant.

Logements : appel à la population

Bassam Alamir, Faten Nserat et leurs enfants seront rejoints par deux autres familles syriennes cette semaine. SERY demande d'ailleurs l'aide de la population, particulièrement de propriétaires de logements de six pièces et demie.

À l'intérieur d'une semaine, Granby aura accueilli trois familles soit approximativement une vingtaine de Syriens. Comme l'une de ces familles a huit enfants âgés de 10 mois à 11 ans, il est difficile de trouver un logement pour les accueillir. C'est pourquoi Isabelle Meunier, coordonnatrice responsable de recevoir les réfugiés syriens, invite les propriétaires à contacter SERY s'ils ont un logement à louer susceptible de les accueillir.

L'autre famille attendue est aussi grande. Mais comme quelques enfants sont adultes, l'organisme a trouvé deux logements sur un même palier qui pourront les loger.

Granby doit accueillir un minimum de 70 Syriens dans les prochains mois, en plus des réfugiés venus d'ailleurs que SERY accueille année après année. En décembre, l'équipe s'était dite prête et enthousiaste à les recevoir. Plusieurs propriétaires s'étaient aussi montrés ouverts à leur louer leurs logements disponibles.

Des emplois pour les réfugiés

Le Soleil nous apprenait lundi que plusieurs entreprises avaient répondu à l'appel du gouvernement du Québec pour offrir un emploi aux réfugiés syriens. Dans la région, il est difficile de savoir combien d'emplois sont ouverts pour ces nouveaux arrivants. «On est vraiment au début du processus, indique dans un message François Lefebvre, responsable des relations avec les médias du ministère du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale. Les échanges ont commencé avec Solidarité ethnique régionale de la Yamaska et on est en lien avec cet organisme.» Cependant, on sait que 818 emplois sont offerts par 165 entreprises au Québec, ajoute-t-il, dont 85 postes sont ouverts dans 16 entreprises en Montérégie. «Toute personne nouvellement arrivée peut se présenter au centre local d'emploi de sa région pour une analyse personnalisée de sa situation et vérifier son admissibilité au programme du ministère.»

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