Le torchon brûle à Stukely-Sud

Depuis les derniers mois, le maire de Stukely-Sud,... (Photo Janick Marois)

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Depuis les derniers mois, le maire de Stukely-Sud, Gérald Allaire, doit faire face à une féroce opposition d'un groupe de citoyens qui lui reprochent sa manière de gérer la municipalité.

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Cynthia Laflamme
La Voix de l'Est

(Stukely-Sud) Depuis des mois, un regroupement de citoyens affronte le maire de Stukely-Sud dans ce qui peut sembler, pour certains, être de l'acharnement.

À coup de demandes d'accès à l'information et d'envois postaux à chaque adresse du village, ce petit regroupement conteste les décisions prises par le conseil. Le maire a rétorqué via le bulletin municipal en 2015, qualifiant de cirque  les séances du conseil, où ce regroupement questionne les élus.

Si la situation s'est calmée depuis quelques semaines, la tension est toujours présente dans ce village comptant un peu plus de 1020 habitants. Six mois après le premier envoi de ce regroupement citoyen à la population, les revendications sont toujours les mêmes.

«On continue à surveiller les gestes [du maire] au niveau des finances, parce que c'est ce qui nous préoccupe», indique Patrick Binckly, qui fait partie du regroupement.

Un dossier concernant le chemin Robert-Savage a notamment fait couler l'encre d'un juge qui a dû se prononcer alors qu'Ivan Francoeur demandait à être dédommagé pour le passage incessant de camions d'excavation. C'est que les chemins de la municipalité sont interdits aux camions lourds, sauf en cas de livraison ou pour aller chercher de la marchandise, explique de son côté le maire, Gérald Allaire.

Ivan Francoeur se plaignait des désagréments occasionnés par le passage de plusieurs dizaines de camions par jour, provenant de la compagnie Normand Jeanson Excavation. L'entreprise est basée à Stukely-Sud, mais la carrière où elle s'approvisionne est à Bonsecours.

M. Francoeur a réussi à être indemnisé de 4000$ par le Village et le maire, Gérald Allaire. Somme qu'il a rapidement reçue. Mais M. Francoeur poursuit sa bataille contre le passage de ces camions devant la maison qu'il a vendue à son beau-fils.

«Les camions continuent à passer, personne ne s'en occupe», déplore M. Francoeur. Il dit avoir entre autres écrit à la municipalité et à la Sûreté du Québec pour demander à ce que les camions cessent de passer. Il ajoute qu'un voisin a lui aussi intenté une poursuite.

«On ne sait plus à quel saint se vouer. Il y a quelque chose qui ne marche pas dans cette municipalité-là et tout le monde se lance la balle. Je veux que le maire dise à Jeanson de prendre les routes provinciales pour aller à sa carrière.»

Le maire répond

Or, le jugement dont nous avons obtenu copie condamne seulement le village et son maire à dédommager le plaignant.

«Il n'a pas obtenu qu'on arrête les camions. Il a été dédommagé, rétorque le maire Gérald Allaire. On ne peut pas les arrêter les camions! C'est une longue bagarre juridique.»

«La carrière de Jeanson est dans la zone des no-truck. (Mais) même les contrôleurs routiers disent qu'ils peuvent passer parce qu'ils vont à leur carrière. Un no-truck, c'est de dire de ne pas traverser un chemin interdit, à moins que t'aies une livraison à faire ou de la marchandise à aller chercher. Jeanson a de la marchandise à aller chercher.»

Il assure que la municipalité est bien administrée et que les réponses aux questions sont données le soir même des conseils, sinon à la séance suivante ou en privé.

«Le regroupement de citoyens voudrait que la municipalité soit administrée à sa façon et non pas à la nôtre. Ces gens-là voudraient prendre le contrôle de la municipalité, même s'ils ne sont pas élus. Ils contestent tout (...) Ceux qui disent que je ne donne pas de réponses, c'est parce que je ne réponds pas ce qu'ils veulent entendre.»

Le regroupement a été formé à la suite de la dernière élection, d'abord par des candidats de l'opposition, défaits, et des partisans. Il est maintenant composé de six personnes, selon Patrick Binckly.

«Ils ont tous été battus et depuis ce temps-là, ils n'acceptent pas la défaite, glisse M. Allaire. C'est de même que je le vois. Depuis deux ans, c'est à moi et à l'équipe qu'ils en veulent.»

Il ne cache pas avoir reçu une lettre de la part du ministère des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire, qui faisait suite à des plaintes de citoyens sur des attributions de contrats. «Il n'y a pas eu de blâmes comme tels, il y a eu des recommandations, qu'on applique.»

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