Menacé de mort avec sa famille

Carlos Villamil et ses enfants Jeremmy et Karla... (photo Catherine Trudeau)

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Carlos Villamil et ses enfants Jeremmy et Karla ont fui la Colombie après avoir été menacés de mort.

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Cynthia Laflamme
La Voix de l'Est

(Granby) Éduqué et engagé au sein de sa communauté, Carlos Villamil n'a pas quitté de gaieté de coeur son pays d'origine. Sa vie et celles de ses enfants étant menacées en Colombie, il a pris dès que possible l'avion pour le Canada. Granby est devenu son refuge.

Ce père monoparental, étudiant à l'université, habitait sur le campus avec Karla Giuliana, 10 ans, et Jeremmy Joshua, 7 ans. Le trio faisait partie de la quinzaine de familles habitant dans les résidences universitaires, qui abritaient 33 enfants et 400 étudiants. Carlos étudiait en génie électrique tout en enseignant à lire et à écrire à des enfants de6 et 7 ans dans une école primaire d'un quartier défavorisé.

Très impliqué, il était membre, depuis 2000, du syndicat des enseignants de service de l'État, et activiste de l'Union pour la défense des droits des enseignants et des enfants. Carlos Villamil était aussi un représentant des étudiants et un leader social qui «travaillait pour les droits et l'aide sociale, spécialement pour les étudiants mariés ou célibataires qui ont des enfants», explique-t-il. Il était particulièrement sensibilisé au sort des étudiants qui concilient études et famille.

Le Colombien gagnait environ 350$ CAN par mois, un salaire assez maigre pour qu'il ait droit à la soupe populaire le midi, entre ses cours à l'université et l'enseignement qu'il dispensait en après-midi.

La mère des enfants a quitté la famille alors que Jeremmy avait 1 an. Son départ l'a plongé dans une situation difficile, l'homme s'imaginant mal élever seul deux jeunes enfants. Mais quelques mois plus tard, il s'est relevé et a ajouté au fil du temps de nouvelles habiletés à ses talents paternels. Il a, par exemple, conçu un véhicule de bois sur lequel les enfants s'assoyaient et qu'il poussait pour voyager à travers le campus et la ville.

Lorsque tout bascule

Heureuse au quotidien, la vie de la famille a basculé en l'espace de deux mois. «Les politiques néolibérales sont arrivées à l'université et à l'école où j'enseignais, raconte en anglais M. Villamil. L'université a voulu mettre dehors des résidences les étudiants avec enfants. Quelques années avant, les politiques de privatisation du système public d'éducation ont fait leur chemin dans la société colombienne, comme en ce qui concerne les résidences étudiantes, les prêts étudiants ou le prix des semestres. On a fait des manifestations, des protestations et des plaintes publiques pour réduire les intentions néfastes pour le système de l'éducation.»

Par la suite, plusieurs leaders étudiants ont commencé à recevoir des menaces de mort. «Des groupes paramilitaires opérant en dehors des lois ont menacé de me tuer et de tuer mes enfants si on continuait avec le plan de protestation», confie Carlos Villamil.

Le 20 avril 2015, on l'avait déjà persécuté à quatre reprises, et menacé de mort. Des menaces suffisamment sérieuses pour qu'il quitte précipitamment les résidences avec Karla et Jeremmy afin de trouver refuge chez sa mère. La petite famille y est demeurée jusqu'à son départ pour le Canada.

Après un transit par Toronto, les Villamil sont arrivés à Montréal le 9 juin 2015. Le 30 juin, ils étaient acceptés comme demandeurs d'asile et le 31 août, ils recevaient le statut de réfugiés. Ils ont été épaulés par un employé du bureau de comté de l'ancien député Réjean Genest, devenu un ami, qui les ont aussi mis en contact avec La Voix de l'Est

Carlos Villamil a rapidement choisi Granby comme ville d'accueil pour sa tranquillité. La petite famille refait petit à petit sa vie depuis. Les enfants fréquentent l'école primaire et le père apprend le français à temps plein dans l'espoir d'enseigner l'espagnol un jour.

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