Aliments Ultima demande aux syndiqués de se serrer la ceinture

Selon le syndicat, l'employeur a demandé aux travailleurs... (Janick Marois, La Voix de l'Est)

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Selon le syndicat, l'employeur a demandé aux travailleurs de l'usine Aliments Ultima, de Granby, de rouvrir leur convention collective pour subir des coupes de 20% en salaires et en avantages sociaux.

Janick Marois, La Voix de l'Est

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Cynthia Laflamme
La Voix de l'Est

(Granby) Mauvaise nouvelle pour les employés syndiqués d'Aliments Ultima. L'employeur souhaite rouvrir la convention collective afin de passer le couperet dans les salaires et les avantages sociaux, selon le président du syndicat des employés de l'usine de Granby, Martin Delage. La demande a été rejetée.

«L'employeur nous a fait une demande à savoir si on était ouverts à s'assoir et à réduire des avantages sociaux et nos salaires, explique-t-il en entrevue. Il voulait aller chercher 20%.»

Deux rencontres ont été planifiées la semaine dernière par la direction avec l'exécutif syndical et les conseillers syndicaux. C'est à ces occasions que l'employeur a fait la nomenclature de tous les endroits où il voyait des économies possibles à réaliser. Et toutes concernaient les avantages sociaux, le salaire et les primes, indique M. Delage. Le syndicat représente 291 personnes, dont environ 220 travaillent toutes les semaines.

«Si des économies avaient été faites partout dans l'entreprise et que la seule place où il en restait à aller chercher était dans nos poches, peut-être - je dis bien peut-être - que ce serait différent. Je pense qu'ils ont pris le chemin de la facilité: demander aux syndiqués et à aux employés de production qui sont rentables de couper dans leurs avantages sociaux et leur salaire.»

 D'autant plus, ajoute-t-il, qu'il ne croit pas que de telles demandes ont été faites dans les autres installations de l'entreprise mère, Agropur.

Le président du syndicat ne pense pas que la solution pour réduire les coûts et augmenter la productivité de l'usine de fabrication de yogourt se trouve dans ces coupes. «On est prêts à regarder la productivité et l'efficacité, laisse-t-il tomber. Il y a plein de choses qu'on peut regarder dans l'usine, qui permettraient de sauver des dollars et d'amener de l'argent avant de jouer dans nos poches et nos conditions de travail.»

Compétition

Selon M. Delage, Aliments Ultimas cherche à rendre son usine granbyenne plus compétitive sur le marché du yogourt. Mais il est loin d'être convaincu par ses arguments.

«L'employeur a fait des comparatifs en s'inspirant d'autres usines dans le domaine du yogourt. Le syndicat a fait la même chose, mais on n'arrive pas aux mêmes chiffres, glisse-t-il. C'est ça qu'on a de la misère à comprendre. Il amène ses chiffres et il n'est pas capable de s'expliquer.»

Le syndicat a refusé de rouvrir la convention collective avant son terme. Rien ne l'oblige à le faire, laisse tomber Martin Delage. Ce dernier préfère que le travail soit fait ailleurs avant de sabrer les salaires.

Il ne craint pas que ce refus se traduise par des pertes d'emplois. «On a un contrat avec General Mills encore bon jusqu'en 2018, analyse-t-il. On a une convention collective jusqu'en 2017. Cette semaine, tout le monde travaille. On a un beau produit, on a confiance en notre produit. On est compétitifs parce qu'on est des spécialistes du yogourt: ça fait 40 ans qu'on en fait à Granby.»

Stratégie et futur

La porte-parole d'Aliments Ultima, Diane Jubinville, n'a pas confirmé pas la teneur des demandes faites auprès de l'exécutif syndical et rapportées par Martin Delage. Par contre, «je vous confirme qu'il y a eu des discussions, comme il y en a avec les autres employés, pour parler de stratégies et du futur de l'entreprise», a-t-elle indiqué.

La convention collective est active jusqu'en mars 2017, a-t-elle souligné, et des discussions auront lieu jusqu'en mars 2017.

«On n'en discutera pas sur la place publique, que ce soit par rapport à ce qui est discuté avec les syndiqués ou tous les autres employés ou par rapport au futur de l'entreprise, a affirmé la porte-parole. Ça fait partie des stratégies d'entreprise. Notre futur ne passe pas uniquement par Yoplait [dont le contrat se termine en 2018]. Notre futur passe par nos marques Iögo et Olympic. On a le parfait contrôle sur ces éléments-là et c'est là-dessus qu'on mise.»

Quant aux discussions ayant trait à la convention collective, Mme Jubinville soutient qu'il s'agit d'une attitude responsable de ne pas attendre au dernier instant pour l'aborder.

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