De Granby à Natashquan: le Zoo à la rencontre d'une communauté innue

À Natashquan, le biologiste Simon Paquette (en rouge)... (photo fournie par le Zoo de Granby)

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À Natashquan, le biologiste Simon Paquette (en rouge) a rencontré les jeunes de la garderie jusqu'en 5e secondaire pour leur présenter différents animaux «ambassadeurs» du Zoo de Granby.

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Cynthia Laflamme
La Voix de l'Est

(Granby) Plus de 1200 kilomètres séparent Granby de Natashquan, un trajet de près de 15 heures. Rien toutefois pour effaroucher le Zoo de Granby, qui y a organisé récemment une rencontre entre un biologiste, cinq animaux et la communauté innue de la Côte-Nord.

Le département de programmes éducatifs n'a pas de limites. Ce sont davantage les écoles qui doivent faire face à des contraintes puisque, en plus de payer l'activité, elles doivent acquitter les frais de déplacement et de nuits d'hôtel, ce qui peut les freiner.

Comme l'école qui a approché le Zoo est située dans une réserve amérindienne, l'enseignante que Marjolène Tremblay-Dion avait rencontrée dans un congrès a pu demander une subvention.

Les animaux amenés sur place ont été sélectionnés en fonction du temps de route, précise la coordonnatrice adjointe du département éducation et environnement au Zoo.

«Nos animaux "ambassadeurs" sont habitués à voyager, explique-t-elle. On choisit les espèces qu'on va amener. Par exemple, les moufettes ne voyageront pas pendant une semaine parce qu'elles vont se tanner. Il faut cibler les espèces qu'on peut apporter. Cette fois, au lieu d'amener des espèces particulières à chacun des programmes, on a amené les animaux et on a brodé les programmes autour de ceux qu'on pouvait transporter aussi loin dans ces conditions-là.»

Le biologiste du Zoo, Simon Paquette, est parti dimanche 29 novembre et est arrivé le lendemain à Natashquan. Cinq animaux «ambassadeurs» étaient du voyage, soit un scinque à langue bleue (lézard), un python royal, un tatou à trois bandes, un chinchilla (rongeur) et une crécerelle d'Amérique (rapace). Il avait aussi avec lui tout le matériel nécessaire aux programmes, comme des artéfacts et des fourrures.

Il est rentré au bercail le vendredi suivant. Entre-temps, il n'a guère eu le temps de souffler. «Il a vu des enfants du Centre de petite enfance jusqu'à ceux du secondaire 5 et il les a vus deux fois chacun, souligne Mme Tremblay-Dion. Une fois avec le programme sur les reptiles, une fois avec le programme sur les mammifères. Et en soirée, il a fait deux conférences avec le CSSS.»

Multiples facettes

Le voyage a aussi été une occasion d'échanges culturels. L'enseignante voulait, en plus de démystifier des animaux peu connus, que les enfants acquièrent du vocabulaire qu'ils n'utilisent pas souvent en français.

«Il y avait aussi une partie importante pour elle, qui était de parler des métiers. Dans les régions éloignées, les choix sont moins connus. Les enfants pensent qu'ils peuvent être professeurs, concierges et policiers et, s'ils ne veulent pas être ça, ils ne voient pas d'autre option, explique Marjolène Tremblay-Dion. C'est sûr que, dans les présentations, il y avait toujours une partie sur les métiers du Zoo. La professeure voulait que les enfants réalisent qu'il y en a d'autres options, que tu peux faire plein d'autres choses dans ta vie.»

La visite du biologiste a été un véritable événement dans le village, qui ne reçoit pas régulièrement de visites. «Simon a été bien impressionné par le village et la réserve en entier parce que, entre les présentations, tout le village voulait voir les animaux. Tout le monde qui passait savait qu'il était là. Il a trouvé ça vraiment très intéressant de voir la diversité de cette population-là.»

Tant le biologiste que les enfants et les gens de la réserve ont trouvé cette visite enrichissante.

C'était la première fois que le Zoo se rendait aussi loin. «On a remarqué que les écoles plus éloignées veulent nous faire venir aussi. Nous, ça nous fait plaisir, mais il y a toujours le problème de déplacement qui devient compliqué. On s'est associé avec la Fondation du Zoo pour nous permettre de nous rendre en 2016 dans la région de Val-d'Or», annonce Mme Tremblay-Dion. Les écoles n'auront qu'à payer le programme, sans avoir à débourser les coûts de repas, les nuits et le transport.

Il n'a pas été possible d'obtenir les commentaires de Simon Paquette puisqu'il était en vacances au moment de mettre sous presse.

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