Le nouveau rôle d'évaluation fait des mécontents

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Les valeurs des résidences situées dans les quartiers développés après 2007 sont à la hausse.

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Marie-France Létourneau
La Voix de l'Est

(Granby) Les nouvelles valeurs inscrites au récent rôle d'évaluation triennal à Granby ont fait sursauter certains citoyens. Plusieurs propriétaires de résidences sont surpris, voire mécontents, de constater que leur propriété a perdu de la valeur. Une situation qui ne fait pourtant que refléter le marché immobilier, souligne le maire Pascal Bonin.

«Le rôle est le reflet du marché. Et les prix de vente ont été à la baisse au cours des dernières années dans certains secteurs et certains types de propriétés», a-t-il fait valoir.

«On ne peut rien faire contre le marché. Ce n'est pas la Ville qui le dicte ni les résidants», ajoute-t-il.

La directrice du service d'évaluation de la Ville, Chantal Leduc, est bien au fait de la situation. Les avis d'évaluation récemment acheminés aux propriétaires ont été à l'origine de plusieurs appels à son service. «On en a de tous les genres. Il y a des gens dont l'évaluation augmente et qui ne sont pas contents, d'autres dont l'évaluation baisse et qui ne sont pas contents non plus et il y en pour qui ça ne change pas et qui ne sont pas plus contents», dit-elle.

Délais plus longs

De façon générale, le nouveau rôle d'évaluation, en vigueur pour les années 2016, 2017 et 2018, se traduit malgré tout par une hausse globale des valeurs de 5,7% dans le secteur résidentiel, et plus particulièrement de 4,5% pour les maisons unifamiliales. Le rôle s'appuie sur les transactions immobilières réalisées au 1er juillet 2014.

Les valeurs des résidences situées dans les quartiers développés après 2007 sont ainsi à la hausse, car elles demeurent en demande des acheteurs, fait valoir Chantal Leduc. À contrario, la revente des bungalows de 30 ans et plus est plus difficile et la nouvelle évaluation en est le reflet. «Les délais de ventes des gros bungalows de 300 000$, 400 000$ sont très longs et ils sont souvent vendus sous l'évaluation municipale», note la directrice du service d'évaluation.

La situation est la même pour les condos, fait-elle valoir. Certains projets ont dû composer avec une baisse, alors que d'autres ont vu les valeurs augmenter.

Paradoxal

Un résidant de la rue Lemieux, qui a contacté La Voix de l'Est et préfère ne pas être identifié, a pour sa part vu la valeur de sa résidence fondre de 14%. Un désavantage lorsque viendra le temps de vendre, juge-t-il. Il a entrepris des démarches avec le service d'évaluation pour rectifier le tir.

«C'est dommage pour les gens qui veulent vendre, mais, nous, on doit refléter les prix du marché. Les gens ont du mal à comprendre que quand ils voient des pancartes à vendre durant six mois, un an ou plus pour une maison, on doit refléter ça», dit Chantal Leduc.

Le maire Bonin ne peut s'empêcher de trouver la situation «paradoxale». «Quand le rôle augmente trop, les gens disent qu'ils payent trop de taxes et quand il y a une baisse, ils voudraient en payer plus. C'est la preuve qu'on ne peut jamais plaire à tout le monde», laisse-t-il tomber.

«L'ensemble des valeurs a quand même augmenté de 5,7%. Il y a eu des diminutions et des augmentations, mais il y a eu une majorité de hausses. Mais c'est sûr qu'il y a certains types de propriétés qui sont désavantagées dans le dernier rôle», ajoute-t-il.

Dans les circonstances, «est-ce que les prix précédents faisaient partie d'une bulle immobilière et étaient surélevés?», s'interroge Pascal Bonin. «On peut se poser la question», dit-il.

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