Enfant disparu : l'enfer de l'attente

Depuis le 23 janvier 2005, Françoise Algier est... (Archives La Voix de l'Est)

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Depuis le 23 janvier 2005, Françoise Algier est sans nouvelles de sa fille Mélina Martin.

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Jérôme Roy
La Voix de l'Est

(Farnham) La découverte des restes de Cédrika Provencher a suscité de vives réactions partout au Québec ce week-end. La Farnhamienne Françoise Algier, qui est sans nouvelles de sa fille Mélina Martin depuis le 23 janvier 2005, se dit qu'au moins, la famille de Cédrika pourra vivre son deuil.

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Mélina Martin

«Je suis contente qu'ils l'aient trouvée, mais je suis triste qu'elle soit morte. (...) Attendre puis attendre, c'est vivre l'enfer!», a-t-elle expliqué lorsque La Voix de l'Est l'a contactée, dimanche.

Inévitablement, la mère de Mélina Martin a fait le lien avec sa propre histoire au cours du week-end.

«Quand j'ai entendu ça, je me suis dit: "Oups, on pourrait avoir un téléphone de même"», glisse-t-elle.

Mme Algier aurait évidemment préféré que Cédrika Provencher soit retrouvée vivante et ajoute que c'est une dure nouvelle à recevoir à l'approche de Noël. Mais pour la famille, ce sera sans doute «un casse-tête de moins», croit-elle.

La Farnhamienne avait rencontré la famille de Cédrika le 25 mai dernier à Montréal, dans le cadre de la Journée nationale des enfants disparus organisée par Enfant-Retour Québec où les parents vivant une telle épreuve peuvent partager, se connaître.

«Oui, c'est important de se rencontrer. Ça nous aide à garder espoir», confie Mme Algier.

Espoir

Françoise Algier entretient toujours l'espoir d'avoir un jour des nouvelles de sa fille, disparue à l'âge de 13 ans à Farnham alors qu'elle devait participer à des activités au parc Roch-Bourbonnais. La mère dit poursuivre les recherches en essayant différentes choses.

«On n'a pas été chanceux, mais il faut garder espoir, parce qu'il y en a qui trouvent», affirme-t-elle.

Bonnes ou mauvaises, elle espère surtout avoir un jour des nouvelles de sa fille et c'est pourquoi elle ne refuse jamais d'en parler. Elle se dit qu'à un moment donné, quelqu'un, quelque part, pourrait «se réveiller» et donner des informations cruciales. Et les indices non fondés ne semblent pas déranger Mme Algier: visiblement, elle aime mieux les vérifier que ne rien faire.

Un casse-tête perpétuel

Parce que la mère de famille ne cessera jamais de chercher. Questionnée par La Voix de l'Est, elle a souvent qualifié la disparition d'un enfant de «casse-tête» qui ne se règle jamais. Même dix ans plus tard et malgré une certaine préparation, la famille de Mélina - qui a quatre soeurs et trois frères - traverse toujours difficilement la période des Fêtes et de son anniversaire.

«Ce n'est plus pareil. On essaie d'avancer pareil, mais ça accroche», avoue Mme Algier.

Prise entre le soulagement et la tristesse pour la famille Provencher parce que celle-ci pourra au moins entreprendre son deuil, la mère Mélina Martin est formelle: la disparition d'un enfant est une épreuve terriblement difficile.

«C'est une affaire qu'on ne souhaite à personne, même pas à son pire ennemi.»

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