Climat : une «étape historique» à concrétiser

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Résumant un sentiment général, le président américain Barack Obama a reconnu dès samedi soir que «le problème n'est pas résolu grâce à l'accord de Paris».

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Mariëtte Le Roux
Agence France-Presse
Paris

Après l'euphorie et les discours qui ont salué l'accord de Paris sur le climat comme une «étape historique», le plus dur reste à faire: concrétiser les engagements ambitieux pris par 195 pays.

Résumant un sentiment général, le président américain Barack Obama a reconnu dès samedi soir que «le problème n'est pas résolu grâce à l'accord de Paris».

Les divergences qui se sont exprimées en près de deux semaines de difficiles négociations au Bourget, près de Paris, ont souligné l'ampleur des obstacles restants à surmonter.

L'accord se fixe pour objectif de limiter «bien en deçà» de deux degrés Celsius la hausse du thermomètre par rapport à l'ère préindustrielle, et même, si possible, à 1,5 degré.

Une tâche qui s'annonce difficile: le réchauffement de la planète a déjà atteint près d'un degré, a averti le mois dernier l'Organisation météorologique mondiale.

Et même s'ils étaient respectés, les engagements de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre déjà annoncés par la quasi-totalité des pays placeraient la Terre sur une trajectoire de +3 degrés.

Le seul espoir réside dans les dispositions de l'accord encourageant les pays à revoir leurs promesses à la hausse dans les années à venir.

«C'est l'élément clé pour assurer que les actions deviennent de plus en plus fortes, de manière à parvenir à 2 degrés et en dessous», a déclaré à l'AFP Tasneem Essop, du WWF.

Selon les scientifiques, au-delà de 2 degrés, le réchauffement de la planète aurait des conséquences dramatiques: tempêtes, sécheresses, montée du niveau des océans, guerre pour l'eau, migrations massives...

Un mécanisme de révision

L'accord prévoit donc un mécanisme de révision des engagements volontaires des pays pour qu'il reste possible de contenir le réchauffement sous les 2 degrés.

Mais selon le Climate Action Tracker (CAT), qui regroupe quatre instituts de recherche, les promesses faites par la plupart des pays sont «insuffisantes» et «presque tous» doivent revoir à la hausse les engagements qu'ils ont pris à l'horizon 2025 ou 2030.

En 2018, deux ans avant l'entrée en vigueur de l'accord, une première étape consistera à faire le bilan des progrès réalisés dans la transition des énergies fossiles (charbon, gaz, pétrole) vers les énergies renouvelables (éolien, solaire...).

Ce bilan doit servir de base aux nouveaux engagements de réduction d'émissions, appelés à remplacer ceux qui entreront en vigueur avec l'accord en 2020.

«Ce sera un moment politique important, où les gouvernements seront incités à accroître leurs efforts», souligne Mohamed Adow, de l'ONG Christian Aid.

Si les engagements ne sont pas bientôt revus à la hausse, le monde pourrait se retrouver coincé sur une trajectoire de trois degrés pour les dix prochaines années.

Certains pays se sont fixé des objectifs à l'horizon 2025, d'autres 2030, une disparité qui complique encore la tâche, selon Tasneem Essop.

Une fois l'accord entré en vigueur, l'impact des efforts menés sera examiné tous les cinq ans à partir de 2023 et, au vu de ce bilan, les engagements seront revus à la hausse tous les cinq ans à partir de 2025.

Beaucoup auraient souhaité que l'accord soit plus exigeant sur ce point, qui a fait l'objet de divergences.

Les États-Unis par exemple veulent que les engagements soient volontaires et non contraignants, pour éviter d'être obligés de soumettre l'accord au Congrès, hostile à sa ratification.

«La justice climatique a gagné»

De leur côté, la Chine, l'Inde et d'autres pays en voie de développement veulent conditionner leurs engagements à l'assurance qu'ils bénéficieront de milliards de dollars de soutien financier pour mener à bien la transition de leur économie des énergies fossiles vers celles renouvelables.

Selon les scientifiques, pour respecter le seuil de 2 degrés, les émissions de gaz à effet de serre doivent baisser de 40 % à 70 % entre 2010 et 2050, et atteindre zéro d'ici à 2100.

Beaucoup espèrent que les lignes de fracture entre pays s'estomperont avec le développement de nouvelles technologies à faible émission de carbone, moins chères, et l'émergence d'un prix mondial du carbone.

L'énergie «verte» «doit être abordable, c'est le principal défi» pour les pays en voie de développement, a souligné le négociateur indien Ajay Mathur auprès de l'AFP.

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