Sommet québécois du golf : «Il faut se tourner vers l'avenir»

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Les baby-boomers, nés entre 1946 et 1965, constituent une part importante de l'achalandage des clubs de golf. Or, les jeunes adhèrent peu à cette activité, a fait valoir Paul  Arsenault, titulaire de la Chaire de tourisme Transat.

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Jean-François Guillet
La Voix de l'Est

(Bromont) À l'ère où tout bouge à vitesse grand V, l'univers du golf est en pleine mutation. Des ténors de cette sphère étaient réunis au Château Bromont pour prendre part à trois jours de réflexion sur l'avenir de l'industrie. Une première au Québec. Le point culminant du congrès a eu lieu jeudi avec une série de conférences et un gala.

Le conférencier Paul Arsenault a dressé le portrait... (Janick Marois, La Voix de l'Est) - image 1.0

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Le conférencier Paul Arsenault a dressé le portrait de l'avenir touristique du golf au Québec. 

Janick Marois, La Voix de l'Est

«Le monde du golf est à un moment charnière. On ne peut plus travailler chacun de notre côté. Il faut partager des idées, regarder en avant. C'est un sport qui a un potentiel énorme. Le sommet, c'est une façon de canaliser l'énergie de tout le monde pour faire encore mieux», a indiqué en entrevue Martin Ducharme, représentant de l'Association des terrains de golf du Québec.

De son côté, le conférencier Paul Arsenault a secoué son auditoire avec une allocution portant sur l'avenir touristique du golf à l'échelle provinciale. «Au cours des cinq prochaines années, on prévoit une stabilisation du marché. Un mot poli pour dire que l'industrie va plafonner si rien n'est fait pour corriger le tir», a lancé le titulaire de la Chaire de tourisme Transat.

Selon le spécialiste, la solution réside en partie dans le commerce en ligne, dont sont friands de plus en plus de consommateurs. Il émet toutefois un bémol. «Les outils de comparaison, qui sont magnifiques en soi, peuvent devenir nos pires ennemis si on n'est pas capables de se présenter de façon attrayante comme entreprise.»

François Roy, directeur général adjoint chez Golf Québec, a pour sa part relevé que les amateurs de golf délaissent petit à petit le «membership».

«L'industrie migre tranquillement vers une clientèle publique. Le nombre de golfeurs n'est pas en déclin au Québec, a-t-il souligné. Par contre, on constate un changement dans la quantité de rondes jouées. [Les clubs] de golf ont fait l'erreur de l'Église catholique en attendant que les gens viennent à eux. Il faut plutôt aller les chercher, capter leur attention. Tout ça sans dénaturer le sport et en rehaussant l'offre.»

PERCEPTION

Les idées préconçues à l'endroit du golf freinent l'essor de l'industrie, a souligné Paul Arsenault. «Chez les non-golfeurs, seulement 5% souhaitent commencer à le pratiquer. C'est encore perçu comme un sport snob et dispendieux. Il faut briser cette perception négative.»

Des propos que partage Martin Ducharme. «Pour se démarquer, il faut offrir une expérience haut de gamme, en gardant les deux pieds sur terre. Les gens viennent jouer au golf pour avoir du plaisir. Et la notion de plaisir, c'est différent d'une personne à l'autre, a mentionné le directeur général du Golf Château Bromont. Il faut demeurer à l'écoute de ce que les gens veulent et s'adapter. C'est la clé si on veut attirer des joueurs de toutes les tranches d'âges.»

Le rationnement des «dollars loisirs» se fait toutefois sentir depuis quelques années dans la région, a indiqué M. Ducharme. «L'industrie du golf se porte relativement bien ici. Mais ce qui nous rend la vie plus difficile, c'est la compétition malsaine. Il faut se rassembler. Pourquoi ne pas faire comme le ski et offrir la possibilité de faire une escapade dans deux ou trois clubs?», a-t-il clamé.

CHOC DES GÉNÉRATIONS

Les baby-boomers, nés entre 1946 et 1965, constituent une part importante de l'achalandage des clubs de golf. Or, les jeunes adhèrent peu à cette activité, a fait valoir M. Arsenault. «Ils ont l'impression que c'est trop rigide. Que l'aspect ludique n'est pas au rendez-vous. D'ailleurs, c'est possiblement le seul sport où vous avez affaire à un shérif qui vous surveille.»

Selon le conférencier, ce désintérêt est encore plus marqué chez les 18-34 ans (NDLR: les milléniaux). Entre 2009 et 2013, la clientèle américaine dans cette tranche d'âge aurait chuté de 13%, a-t-il cité en exemple.

«En tant que chefs d'entreprise, on a le choix de prendre notre mal en patience en espérant que la prochaine génération sera plus attirée par le golf. Pour cela, il faudra vivre avec un trou dans les revenus durant10 à 15 ans. Sinon, il faut commencer à les connaître parce que le futur repose sur eux.»

«Pour les milléniaux, l'expérience prime sur les possessions. Et ils sont toujours en mode interaction», a poursuivi l'orateur chevronné. Mais tout n'est pas noir en ce qui concerne l'avenir, car les 18-34 ans représentent près du tiers des joueurs au Canada. M. Arsenault a également évoqué les résultats d'un récent sondage, qui place le golf en milieu de peloton (11%) des sports pratiqués par les jeunes de cette génération, presque ex aequo avec le ski.

L'originalité demeure une des pistes de solutions pour séduire de jeunes adeptes de golf en devenir. Privilégier des rondes plus courtes (2h), avoir un DJ sur le terrain d'exercice et penser à des dérivés comme le footgolf (avec un ballon de soccer), sont quelques-unes des options soulevées par le conférencier.

«Les jeunes veulent de l'instantanéité et on va devoir s'adapter. Entre autres en rendant notre site web encore plus convivial et interactif. Il faut définitivement se tourner vers l'avenir en ne reniant pas le passé, a dit M. Ducharme. Le défi, c'est de réussir à jumeler la clientèle traditionnelle avec la nouvelle génération. Jouer avec un jean et le chandail sorti des pantalons, ça ne me dérange pas. L'habit ne fait pas le moine après tout.»

L'ATTRAIT DES HÉROS

Chaque sport a ses icônes. Le golf n'y échappe pas. Toutes les étoiles montantes d'ici qui percent dans les hautes sphères ont l'effet d'un électrochoc pour stimuler la relève québécoise.

«C'est important de créer des héros. Ce sont eux qui façonnent notre sport et tout un pan de l'industrie. Et le Québec fait plutôt bonne figure à ce chapitre», a indiqué François Roy, directeur général adjoint chez Golf Québec.

Celui-ci a notamment cité en exemple les récentes performances de la Québécoise Maude-Aimée Leblanc. La Sherbrookoise de 26 ans vient tout juste de se tailler une place dans le circuit de la LPGA. Pour ce faire, elle a terminé 4e lors de l'épreuve de qualification, à Daytona Beach, en Floride.

«En plus des joueurs établis, on a la chance d'avoir plein de jeunes espoirs qui poussent, a poursuivi M. Roy. Il y a actuellement 600 écoles qui offrent l'option de golf scolaire. C'est une véritable pépinière et ça permet de maintenir le bassin de golfeurs à travers la province.»

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