Prisonniers d'opinion et cas d'injustice dans le monde : un voeu pour une libération

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Richard Leclerc organise pour une troisième année une journée de marathon d'écriture de ces cartes de voeux.

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Cynthia Laflamme
La Voix de l'Est

(Sutton) Pas besoin d'aller bien loin pour trouver des cas d'injustice ou de prisonniers d'opinion. Ils peuvent être aussi proches que chez nos voisins du sud. Chaque année, depuis plus de dix ans, des milliers de personnes écrivent des cartes de voeux à ces prisonniers, gardés captifs pour des raisons bien souvent anodines, grâce à une campagne d'Amnistie internationale.

À Sutton, Richard Leclerc organise pour une troisième année une journée de marathon d'écriture de ces cartes de voeux dans un effort pour faire libérer ces prisonniers.

Aux États-Unis, le cas d'Albert Woodfox, emprisonné depuis 43 ans pour un crime qu'il dit ne pas avoir commis, retient l'attention d'Amnistie internationale. Cet homme, maintenu en isolement 23 heures sur 24 depuis 40 ans, a vu sa condamnation être annulée par trois fois puisqu'aucune preuve ne le relie au crime qu'il est accusé d'avoir commis. Et pourtant, la Louisiane bloque sa libération.

Les gens de la région seront invités vendredi à écrire des mots d'encouragement à M. Woodfox. Même chose pour ces filles du Burkina Faso mariées contre leur gré.

Le cas sordide de Teodora del Carmen Vàsquez risque d'attirer l'attention. Cette femme du Salvador a été emprisonnée pour avoir fait une fausse couche en 2007. Elle a accouché d'un enfant mort-né après avoir ressenti des douleurs aigües alors qu'elle était au travail.

La police l'a arrêtée gisant dans une mare de sang. Elle a été condamnée à 30 ans de prison pour «homicide avec circonstances aggravantes». En portant appel, elle espère pouvoir être libérée.

En République démocratique du Congo, deux hommes ont été arrêtés en mars dernier durant une conférence de presse d'un mouvement de jeunes qui encourage la population à participer à des actions et des débats politiques pacifiques. Fred Bauma et Yves Makwambala risquent la peine de mort, même si aucune preuve n'appuie les accusations. Les autorités les qualifient de «terroristes» et de «comploteurs», mais il s'agit de prisonniers d'opinion, selon Amnistie internationale.

L'avocat de Raif Badawi se retrouve lui aussi derrière les barreaux, en Arabie Saoudite. Spécialiste des droits humains, Waleed Abu Al Khair a été condamné à 15 ans de prison pour «outrage à l'autorité judiciaire», «désobéissance au souverain» et «atteinte à la réputation du royaume».

À l'action avec des mots

Richard Leclerc, bénévole depuis 30 ans pour Amnistie internationale, espère que plus de 200 cartes seront signées. «On va avoir en tout neuf causes. Neuf personnes auxquelles on peut écrire. Neuf personnes qu'on veut faire libérer. Les gens peuvent écrire une carte pour chaque personne. On les amène ensuite chez Amnistie à Montréal et ils les envoient.»

C'est l'effet de masse qui fait changer les choses, selon lui. «Quand ils reçoivent des sacs de cartes de Noël de partout dans le monde, c'est gênant pour le gouvernement et c'est une pression qui fait que très souvent, on les libère, souligne-t-il. Ça marche!» Les cartes sont parfois adressées directement aux gens dont on souhaite la libération, parfois au gouvernement du pays en question.

Les cartes pourront être signées au Cafetier, à Sutton, de 9 h à 18 h, pour cette troisième édition du marathon d'écriture. Les gens pourront écrire ce qu'ils veulent dans les cartes, mais quelques conseils de base sont donnés, comme éviter de parler de la situation politique du pays, de Noël ou du Jour de l'An pour des raisons de religion et d'Amnistie internationale dans les cartes.

La campagne internationale «Écrire ça libère» - slogan trouvé par des étudiants de M. Leclerc - a déjà permis de faire libérer 97 personnes sur les 148 cas de prisonniers d'opinion visés depuis 2000. Douze des 60 personnes victimes d'injustice ont par ailleurs reçu réparation depuis le début de la campagne.

Au Canada, ce sont plus de 54 000 cartes qui ont été envoyées en 2015, dont approximativement 175 provenaient de Sutton.

La campagne «Écrire ça libère», qui vise à envoyer des milliers de cartes de souhaits à des prisonniers d'opinion, des défenseurs de la liberté et des victimes d'injustice, aura lieu le vendredi 11 décembre de 9h à 18h au Cafetier, à Sutton.

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