«La démocratie en prend pour son rhume»

Le président de Val-des-Cerfs, Paul Sarrazin, s'inquiète de... (Alain Dion, La Voix de l'Est)

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Le président de Val-des-Cerfs, Paul Sarrazin, s'inquiète de la disparition des commissaires scolaires. «Quel sera le pouvoir d'intervention du contribuable?», demande-t-il.

Alain Dion, La Voix de l'Est

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Pascal Faucher
La Voix de l'Est

(Granby) Certaines commissions scolaires ont fait des abus et leurs élections se tenaient dans l'indifférence, reconnaît le président de Val-des-Cerfs. Mais il s'inquiète de voir disparaître les commissaires. «La démocratie en prend pour son rhume», dénonce Paul Sarrazin.

Québec a l'intention de remplacer les actuels conseils des commissions scolaires par des «conseils scolaires» composés de membres non élus: parents, directeurs d'école, membres du personnel et de la communauté. Les enveloppes budgétaires seront directement transférées aux écoles et le ministre de l'Éducation se réserve un contrôle serré de la gestion et des comptes.

Le ministre sera «omniprésent», car il «installe une structure simple qu'il pourra contrôler», déplore M. Sarrazin, qui y voit une perte pour le citoyen ordinaire. «Quel sera le pouvoir d'intervention du contribuable? demande-t-il. Il l'a perdu.»

Quant aux économies appréhendées, le président de Val-des-Cerfs indique que les directions d'école «en ont déjà plein les baskets» et exigeront assurément une augmentation de salaire en lien avec leurs nouvelles responsabilités. «En bout de ligne, est-ce qu'on change quatre trente sous pour une piastre?»

Engouement

La composition des futurs conseils scolaires pose aussi problème. Paul Sarrazin n'imagine pas un engouement supplémentaire des parents. «Est-ce qu'ils voudront s'impliquer autant que les commissaires? Je me pose la question et j'espère aussi que ceux qui se présenteront le feront pour les bonnes raisons. Auront-ils la neutralité nécessaire? Il ne faut pas que ça devienne des guerres de pouvoir.»

Les commissions scolaires ont leurs défauts et Val-des-Cerfs ne fait pas exception, admet le président. Mais depuis son élection en octobre 2014, un «changement majeur» s'est imposé, dit-il: le climat et les relations de travail se sont améliorés et l'organisation fonctionne rondement. «La démocratie nous a bien servis. On fait un excellent travail.»

En tous les cas, il ne s'oppose pas aux transformations annoncées, mais demeure sceptique. Paul Sarrazin confie aussi ne pas vouloir siéger sous la nouvelle mouture. «Je vois ça comme un désaveu, dit-il. Moi, j'ai été élu et je crois à la démocratie. Je vais m'impliquer là où je peux aller à fond. Mais quand je vais quitter la commission scolaire, la maison va être propre.»

Si le projet de loi 86 est accepté, un comité de transition vers les futurs conseils scolaires sera mis en place à partir du 1er avril 2016, pour une prise en charge en novembre.

Colère à des Hautes-Rivières

Par la voix de sa présidente, la commission scolaire des Hautes-Rivières a aussi réagi avec mécontentement à l'annonce du ministre de l'Éducation de modifier profondément les commissions scolaires.

«Sous prétexte du faible taux de participation aux élections scolaires, le ministre abolit avec mépris une valeur importante, la démocratie au suffrage universel et, qui plus est, la seule démocratie paritaire hommes-femmes, pour la remplacer, au besoin, par une démocratie facultative et illusoire», tonne la présidente Andrée Bouchard, par voie de communiqué, au sujet de l'abolition des élections scolaires.

Mme Bouchard s'inquiète aussi de l'avenir d'une école publique «où le ministre se réserve le dernier mot». «Pourquoi, au lieu de déposer un projet de loi aussi complexe, le ministre n'accorde-t-il pas seulement le droit de vote aux commissaires-parents déjà présents aux conseils des commissaires, d'autant plus qu'il en a augmenté le nombre lors des dernières élections? (...) Est-ce que les parents, les directions d'école et chacun des autres acteurs seront si gagnants avec ce nouveau modèle? Je souhaite vraiment que les élèves soient les seuls grands gagnants.»

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