Allocations de transition: une réflexion aura lieu chez les élus granbyens

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«Même si on enlevait la prime et si on l'ajoutait au salaire, les gens ne seraient pas plus heureux», dit le maire Pascal Bonin.

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Marie-France Létourneau
La Voix de l'Est

(Granby) Le versement d'une allocation de transition de 21 830$ au conseiller municipal Serges Ruel, qui a quitté ses fonctions au milieu de son mandat, est à l'origine d'une réflexion qui sera réalisée au début 2016 par le conseil municipal de Granby. Si l'existence des allocations n'est pas remise en question, les modalités d'attribution en cas de départ avant la fin d'un terme pourraient être révisées, dit le maire Pascal Bonin.

«Dès que j'ai eu la lettre de démission de M. Ruel, ça a déclenché une réflexion. J'ai demandé à la direction générale de se pencher sur le cas d'une prime de transition prise en milieu de mandat, sans raison de santé ou de maladie. J'avais un malaise avec ça. Et on va venir le clarifier», a déclaré le maire aux médias, lundi soir, au terme de la séance du conseil.

Au cours de la soirée, trois citoyens se sont présentés au micro, lors de la période de questions, pour dénoncer le versement de ces allocations, dont le Granbyen Richard Dubé qui, depuis 2010, dénonce cette «prime» qu'il juge «inacceptable».

Le sujet a de nouveau rebondi dans l'actualité, car deux conseillers municipaux ont remis leur démission au cours des derniers mois. Élu député fédéral de Shefford, Pierre Breton l'a fait pour remplir ses nouvelles tâches à Ottawa, tandis que Serges Ruel, lui, a démissionné pour relever de nouveaux défis professionnels. Si le premier a décidé de verser son allocation de transition dans une fondation, le deuxième l'a encaissée.

Pascal Bonin assure ne pas tenir rigueur aux conseillers qui ont quitté la table. Pierre Breton a démissionné, fait-il valoir, pour accomplir «une autre charge publique». Son «malaise» à la suite du départ de Serges Ruel vient du fait que «ça enclenche une élection partielle qui a des frais», dit-il.

Réactions

Le sujet touche néanmoins une corde sensible au sein de la population. «C'est frustrant. Je n'ai jamais eu de prime et j'ai travaillé toute ma vie», a réagi un citoyen, Arsène Leclaire.

Membre du conseil de quartier deux, Richard Dubé a affirmé que 13 des 14 membres présents à la dernière rencontre du regroupement de citoyens ont exprimé leur désaccord à l'endroit de l'allocation de transition, qui prévoit qu'un élu qui quitte ses fonctions a droit à sa rémunération trimestrielle, multipliée par le nombre d'années de services.

M. Dubé a invité les élus à se questionner sur sa pertinence et à revenir «avec des arguments plus forts que: ''ça se fait ailleurs''».

Les propos de Richard Dubé et d'Arsène Leclaire ont été appuyés par un autre citoyen, Paul Morrisset. «On apprécierait que le conseil s'assoit et réfléchisse à tout ça», a-t-il déclaré.

Le maire Bonin n'entend cependant pas revenir sur le principe général de l'allocation de transition, réintroduite dans la rémunération des élus en 2010. Du côté des élus aussi, le sujet est visiblement délicat. «Je n'ai aucune honte de mon salaire. Je le gagne, je le mérite. Il faut arrêter de vouloir couler le bateau. Il y en a qui sont partis et c'est correct. Mais il en reste huit autres et ce sont eux qui mangent la claque», a-t-il laissé tomber.

Pascal Bonin rappelle également qu'une étude comparative de la rémunération des élus réalisée l'an dernier a permis de constater que les conseillers de Granby gagnent «de 4000$ à 5000$ de moins que leurs comparables». Aussi, ils n'ont pas d'assurances collectives, ajoute-t-il.

Pas de débat

«Même si on enlevait la prime et si on l'ajoutait au salaire, ce qui est l'équivalent de 8 ou 9%, les gens ne seraient pas plus heureux», dit le maire. À ses yeux, le débat n'en est d'ailleurs pas un à la table du conseil. Il s'agit «plus d'un débat médiatique».

Richard Dubé a affirmé être «déçu» pour la première fois depuis l'entrée en fonction du maire il y a deux ans. «J'étais venu en 2010 pour en parler. Mais je m'aperçois que quand ça touche la poche, ce n'est jamais bon», a-t-il déploré.

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