75 tonnes de denrées non périssables amassées

Norman Dunn et son équipe ont mis sur... (Catherine Trudeau, La Voix de l'Est)

Agrandir

Norman Dunn et son équipe ont mis sur pied deux projets pilotes pour aller chercher plus de denrées et pour augmenter l'efficacité du triage.

Catherine Trudeau, La Voix de l'Est

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Cynthia Laflamme
La Voix de l'Est

(Granby) Année record pour la Guignolée de SOS Dépannage - Moisson Granby. Les centaines de bénévoles à l'oeuvre dimanche ont récolté 75 tonnes de denrées non périssables. Du jamais vu en une seule journée depuis les 30 dernières années!

Les dons en argent ont atteint quant à eux 38 000$. C'est 9000$ de moins qu'en 2014, alors qu'on avait amassé 62 tonnes de denrées et 47 000$. Une tonne de nourriture étant évaluée à 5000$, l'organisme sort gagnant au change. 

Les dons étant toujours accepté dans les semaines à venir, le bilan définitif de la campagne sera connu le 15 janvier.

Quand l'économie va mal, les donateurs sont plus généreux, constate le directeur général, Norman Dunn. «C'est ma trentième année. Et, selon l'expérience que j'ai, lorsqu'il y a des coupes par le gouvernement, la générosité des gens est beaucoup plus grande. Quand ça va mal, les gens vont être beaucoup plus sensibilisés.»

En contrepartie, les demandes de nourriture augmentent. Et on retrouve de plus en plus de travailleurs parmi les bénéficaires, signe que le salaire minimum n'est plus compétitif, ajoute M. Dunn.

Nouveauté cette année, l'organisme a mis sur pied un projet pilote visant les édifices à logements, où les bénévoles n'avaient pas le droit d'entrer auparavant. Des petits cartons y ont été distribués, que les locataires pouvaient fixer sur la porte s'ils désiraient donner à la collecte.

 «On essaie ça parce que ça fait beaucoup de denrées qu'on perd en n'allant pas dans les blocs», explique Norman Dunn, en faisant visiter le quartier général où les vivres sont reçus et triés.

Une ligne de feu y a été mise en place cette année, question de rendre le triage plus rapide et plus efficace.

Les lieux sont une véritable fourmilière, où les bénévoles bougent sur fond de musique entraînante.

«Quand les camions arrivent, les palettes sont transportées jusqu'ici, dit M. Dunn. Il y a un pré-tri. Tous les aliments qui ne doivent pas se retrouver sur la chaîne, comme les boites de céréales qui prennent trop de place, vont être pré-triés et placés dans des boites toutes égales pour que ce ne soit pas trop lourd.»

SOS Dépannage a fait l'acquisition de chariots qui permettent de faire circuler les boites sans effort. Ils en voudraient d'autres pour éventuellement couvrir toute la chaîne.

Les boites d'aliments triés sont ensuite placées sur des étagères. Le magasin a été vidé pour faire office de salle de débordement pour absorber les surplus, si l'organisme reçoit plus de denrées que prévu.

Le temps presse. Pendant la Guignolée, SOS Dépannage ferme en effet son magasin, son dépannage alimentaire et son restaurant. Avec les changements apportés, M. Dunn espérait être en mesure de rouvrir lundi soir.

«Il faut finir ça le plus rapidement possible pour être capables d'ouvrir le plus rapidement possible les services aux familles. Faut se dépêcher», lance-t-il.

Banque alimentaire de 12 mois

Son objectif? «Ce qu'on aimerait avoir, c'est 85 tonnes comme l'année passée (au terme de la campagne)», évalue Norman Dunn. La quantité nécessaire, en fait, pour traverser l'année.

«Dans les journaux, toutes les banques alimentaires vont sortir durant l'année pour dire qu'elles sont vides, glisse le DG. Ça fait 5 ans qu'on ne sort pas, parce qu'on n'est pas vide: on gère différemment.»

La mentalité a changé lorsque le directeur général s'est fait demander pourquoi c'était plus important de nourrir les enfants à Noël que pendant une autre journée de l'année.

Une réflexion s'est engagée. Et des changements se sont amorcés.

«On fait beaucoup moins de boîtes de Noël. On en fait à peu près 500», explique-t-il. «Il y a un intérêt pour les dons juste avant Noël. On veut en profiter, mais aussi être capables de faire nos provisions pour ne plus avoir à dire à quelqu'un qu'on va lui donner une livre de boeuf haché, mais qu'on n'a pas plus que ça.» Depuis ce temps, SOS Dépannage peut offrir des paniers à l'année.

Si plus de 85 tonnes sont amassées, les familles dans le besoin bénéficieront de paniers mieux garnis. Les organismes aidés par SOS Dépannage profiteront aussi des surplus. «On nourrit 41 organismes. On va jusqu'à Bedford, mais l'organisme priorisé à Granby est Partage Notre-Dame. La priorité est donnée aux organismes qui font du dépannage alimentaire d'urgence et le Partage en est un», dit Norman Dunn.

Des municipalités partenaires organisent aussi une guignolée et remettent les denrées à SOS Dépannage. En contrepartie, les résidants dans le besoin peuvent venir demander de l'aide à Granby.

Les gens se sont montrés très généreux en... (Catherine Trudeau, La Voix de l'Est) - image 2.0

Agrandir

Les gens se sont montrés très généreux en cette journée de guignolée. François Bonnardel, qui fait le même circuit depuis 2007, a pu le constater devant ces boîtes remplies de denrées non périssables. 

Catherine Trudeau, La Voix de l'Est

Donner de son temps

En voyant 700 bénévoles s'activer dans les locaux de SOS Dépannage - Moisson Granby et 800 autres ratisser les rues pour ramasser les sacs de denrées, Norman Dunn a foi en l'humanité. Le fondateur de l'organisme constate une fois de plus que les valeurs communautaires ont la cote, peu importe l'âge des participants.

François Bonnardel fait partie des visages familiers dans l'équipe. Depuis 2007, le député caquiste ratisse à chaque guignolée le secteur à l'arrière de la Cage aux sports. Dimanche, il avait donné rendez-vous à 10h aux gens désireux de participer à ses côtés. Il y a de l'excitation dans l'air. Ses yeux pétillent. Clairement, il aime ça.

Pendant une heure, ils accumulent les denrées. «Les gens sont généreux année après année, affirme le député. Les besoins sont tellement grandissants! On a besoin de la générosité des gens et ils sont heureux de donner.»

Des gens comme Pierrette, qui s'est fait un plaisir de remettre un sac à Raphaëlle et Jasmin Baillargeon.

Des gens comme France et Charles, qui font le tri en amoureux parmi les jus de tomates, heureux de donner un coup de main. «L'an passé, on est venus et on avait bien apprécié», dit France.

Ou encore comme Christina, 20 ans, une autre bénévole qui connaît la chanson: elle a déjà travaillé chez SOS Dépannage. «J'aime beaucoup aider et les gens en ont besoin», explique la jeune femme.

Denise, elle, est une fidèle. Chaque semaine, elle donne une journée de son temps chez SOS Dépannage. Dimanche, c'était sa première guignolée. Et sans doute pas sa dernière, peut-on croire.

Saviez-vous que...

En 2014, SOS Dépannage a aidé 8000 personnes, soit 8% de moins l'année précédente. L'aide apportée représente l'équivalent de 146 000 déjeuners et tout autant de dîners et de soupers.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer