Vins québécois en épicerie : un pas dans la bonne direction

Le vigneron Léon Courville aimerait que les étiquettes... (photo archives La Voix de l'Est)

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Le vigneron Léon Courville aimerait que les étiquettes des vins québécois vendus ailleurs qu'à la SAQ puissent afficher millésime et cépage, contrairement à ce que prévoit le projet de loi 88.

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Cynthia Laflamme
La Voix de l'Est

(Granby) Le député de Granby, François Bonnardel, et les vignerons Léon Courville et Francis Lavoie s'entendent pour dire que le projet de loi 88, déposé jeudi matin par le gouvernement libéral concernant les alcools québécois, représente un pas en avant. Mais l'enjambée aurait pu être plus grande, affirment les deux premiers.

Si le projet de loi permet aux producteurs d'alcools à 16 % et moins de vendre directement en épicerie, sans verser de marge à la Société des alcools du Québec (SAQ), les vignerons devront cependant retirer de l'étiquette les informations relatives au millésime et au cépage.

«On ne sera pas plus transparent, surtout qu'on m'avait dit à la SAQ qu'on était prêt à revoir ce modèle, souligne M. Bonnardel. On était prêt à ouvrir ce marché pour être plus transparent pour les produits et pour que les Québécois sachent exactement ce qu'ils vont boire. Je suis extrêmement déçu de voir qu'on garde le même modèle d'affaires, qu'on ne l'ouvre pas plus.» Il croit que cette fermeture vise à protéger les cinq grands embouteilleurs québécois qui achètent le vin international en vrac pour le revendre en épicerie.

«Confusion pour le consommateur»

Même bémol pour M. Courville qui, en plus d'être propriétaire du Domaine les Brome, est le président de l'Association des vignerons de Brome-Missisquoi et co-porte-parole du regroupement Le Québec dans nos verres. «On va essayer de travailler en commission parlementaire pour améliorer ça. C'est un peu une courbette ou une concession aux normes. Je pense que ça vient des histoires des accords internationaux parce que, chez nous, ceux qui importent du vin qu'ils vendent en épicerie ne peuvent pas mettre le cépage et le millésime. Mais tant qu'à être rendu là, pourquoi pas aller jusqu'au bout?»

Selon lui, un tel règlement exigera des coûts - puisque les bouteilles sont actuellement étiquetées avec le cépage et le millésime -, un embarras supplémentaire et une confusion pour le consommateur. «Je trouve ça un peu niaiseux. Ce bémol-là, je ne le comprends pas.» Les vignobles qui seraient un peu moins touchés, si le projet de loi est adopté tel quel, sont ceux dont le nom du cépage se trouve à même le nom du produit. C'est le cas de la Réserve Pinot noir et du Réserve Riesling du Domaine Les Brome. Ou encore le Saint-Pépin et le Frontenac Noir du Coteau Rougemont. Et ce ne sont que quelques exemples.

«Un beau rêve»

Pour Francis Lavoie, propriétaire du Domaine de Lavoie, à Rougemont, ce n'est pas un problème tant que les consommateurs ont accès à des produits québécois. «À l'heure actuelle, avec la SAQ, on a 400 points de vente possibles. (...) Le marché s'ouvre et on est super heureux de ça. Ça veut dire que moi je peux faire ma propre livraison et que je choisis mes points de vente. C'est un beau rêve.»

Outre le bémol de l'étiquetage, le projet de loi est positif pour les vignerons. «C'est quatre ans d'efforts. Denis Paradis et moi on avait commencé à penser à ça en 2011, explique Léon Courville. On a mis ça de l'avant en 2012, Stéphane Billette a présenté quelque chose en 2013, et là on se retrouve à la fin de 2015 avec un projet de loi. Je ne pensais jamais que le chemin allait être si long pour quelque chose qui semble tellement évident pour bien du monde, pour l'expansion de l'industrie, pour avoir de nouveaux débouchés.»

L'expansion se fera notamment grâce aux profits supplémentaires que pourraient faire les vignerons puisque les vins seront vendus directement en épicerie, en marché ou en dépanneur, pourvu que le point de vente ait un permis d'épicerie. La marge qu'ils paient actuellement à la SAQ ne serait pas appliquée pour les autres marchés.

M. Lavoie voit déjà sa production de vignes doubler, voire tripler. Mais il y voit surtout un avenir à léguer à son fils. «C'est un beau cadeau de Noël. Tous les partis poussent dans le même sens. J'ai un fils qui prend la relève et pour lui ça signifie la survie de l'entreprise. Commercialiser juste à la SAQ, c'est assez compliqué. Pour nous, le 3 décembre 2015 est une bonne journée.» Il promet d'être là en commission parlementaire, tout comme Léon Courville.

Contactés par La Voix de l'Est, les propriétaires de microbrasseries n'ont pas retourné nos appels. Il n'a pas non plus été possible de rejoindre Pierre Paradis, député de Brome-Missisquoi et ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec.

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