Soulagement chez BRP à Valcourt

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Malgré le gel salarial annoncé, les employés de BRP étaient surtout soulagés, mercredi, en apprenant que l'entreprise allait investir 118 millions dans ses activités manufacturières à Valcourt. Aucune perte d'emploi n'est en vue.

René Marquis, La Tribune

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<p>Jacynthe Nadeau</p>
Jacynthe Nadeau
La Tribune

(Valcourt) Les employés de BRP ont appris avec soulagement mercredi que l'entreprise allait investir 118 millions $ dans ses activités manufacturières à Valcourt au cours des cinq prochaines années. Quelque 1600 travailleurs subiront toutefois un gel de salaire de trois à cinq ans, mais aucune perte d'emploi n'est en vue.

C'est le président et chef de la direction de BRP José Boisjoli qui en a fait l'annonce au cours d'une assemblée générale convoquée à moins de deux heures d'avis, mercredi, ce qui a fait craindre le pire aux employés.

Les investissements viseront à accroître l'efficacité et la productivité pour «renforcer le rôle stratégique de Valcourt en tant que Centre d'expertise en design, recherche, développement et production manufacturière pour l'ensemble des activités de BRP dans le monde», déclare le manufacturier.

La direction de l'entreprise semble écarter pour le moment tout scénario de transfert de production vers le Mexique, où elle assemble les motomarines depuis 2012.

Modernisation

«On va totalement moderniser les activités de Valcourt dans le cadre de la production de motoneiges et de Spyders, se borne à dire Sylvain Morissette, directeurs corporatif, communications globales chez BRP. Quand on parle de modernisation, c'est non seulement au niveau technique et technologique, mais aussi une modernisation de nos processus et nos façons de faire. C'est cette annonce-là qu'on fait.»

«Ce n'est pas si pire. Il y a un gel de salaire, mais pas de coupures de postes», a lancé avec un soulagement palpable une employée, Line Benjamin, à la sortie de la rencontre qui se tenait à l'aréna de Valcourt d'où les médias étaient tenus à l'écart.

«Il va y avoir de l'amélioration dans l'usine. En somme, c'est positif. José Boisjoli a été l'homme de la situation», renchérit Guy Lépine.

«Au début de la réunion, ça s'annonçait comme des coupures, j'ai craint le pire», avoue un autre employé, Gilles Billette. «Mais là je suis rassuré. Même gelés pendant trois à cinq ans, on fait de bons salaires ici. On va être capables d'acheter le pain et le beurre. M. Boisjoli et son équipe ont fait du bon travail pour préserver toutes les jobs.»

«Il va y avoir pas mal de changement dans l'usine, mais on n'a pas le choix. La game est mondiale aujourd'hui», ajoute-t-il en se disant tout prêt à mettre l'épaule à la roue.

«J'ai bien aimé la rencontre, lance Francine Beauchesne. J'ai craint pour une baisse de salaire alors qu'on reste au même salaire pour trois à cinq ans, c'est correct!»

Le gel salarial touchera les employés des services techniques, administratifs et manufacturiers, soit 60 % du personnel qui travaille à Valcourt. Il entrera en vigueur avec la prochaine année financière le 1er février 2016. La dernière fois que les employés de BRP ont tous été réunis en assemblée générale, c'était pour annoncer le transfert de la production de motomarines Sea-Doo au Mexique. Cela avait entraîné la perte de 500 emplois.

La production des motoneiges Ski-Doo 2016 a pris fin cette semaine à Valcourt et la production des roadsters Can-Am Spyder est prévue débuter lundi.

BRP doit par ailleurs publier vendredi les résultats de son troisième trimestre de l'exercice financier 2016.

Mieux payés que partout en Amérique du Nord

Plusieurs groupes d'employés de BRP au Québec touchent une rémunération supérieure de 15 % et plus à celle d'entreprises «concurrentes» en Amérique du Nord ou d'entreprises québécoises comparables à l'extérieur de Montréal.

C'est ce constat dressé à la suite d'une analyse exhaustive de l'industrie qui motive la direction de BRP à imposer un gel de salaire de trois à cinq ans à 60 % de ses employés de Valcourt.

Car avant de procéder à des investissements «majeurs» de 118 millions $ à Valcourt, BRP entend revoir «l'ensemble de ses pratiques et politiques de travail afin de les rendre plus flexibles et plus agiles, ainsi que les conditions de travail de ses employés des secteurs techniques et administratifs».

«La mondialisation et la pression grandissante de la concurrence dans nos marchés au cours des dernières années, qui ont mené à la délocalisation d'un bon nombre de nos activités vers le Mexique, nous incitent aujourd'hui à revoir en profondeur nos façons de faire au Québec. Pour nous donner l'agilité nécessaire afin de demeurer compétitifs (...) et pour que nos investissements génèrent les avantages anticipés, ils doivent être accompagnés d'une refonte de nos conditions de travail là où les écarts de marché sont trop importants», a dit le président et chef de la direction José Boisjoli à ses employés, selon un communiqué émis par l'entreprise.

M. Boisjoli a délégué son directeur corporatif, communications globales, Sylvain Morissette, pour répondre aux questions des journalistes après la rencontre.

Par souci de protection du secret industriel, M. Morissette a préféré ne pas élaborer sur le plan d'investissements de 118 millions $. Cela commencerait dès le début de 2016, avec l'introduction de nouveaux équipements de fabrication ultramodernes pour la production des véhicules Can-Am Spyder et les motoneiges Ski-Doo.

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