Services de garde: cri du coeur des regroupements

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Les quatre regroupements de garderies lancent un cri du coeur: si la ministre Francine Charbonneau va de l'avant avec ses compressions et ses réformes, le réseau des services de garde sera en péril.

Jacques Boissinot, La Presse Canadienne

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Jocelyne Richer
La Presse Canadienne
Québec

Les quatre regroupements de garderies lancent un cri du coeur: si la ministre Francine Charbonneau va de l'avant avec ses compressions et ses réformes, le réseau des services de garde sera en péril.

La révision souhaitée du mode de gestion, liée aux compressions budgétaires en série (74 millions $ cette année et 120 millions $ l'an prochain), fait en sorte que la grande majorité des garderies risquent de devoir mettre la clé sous la porte, craignent-ils.

Le gouvernement est en train d'étouffer le réseau, a déploré le président de l'Association des garderies privées, Samir Alahmad, en conférence de presse, mercredi.

Entouré du président de l'Association des centres de la petite enfance, Louis Sénécal, de la présidente du Conseil québécois des services de garde à l'enfance, Francine Lessard, et de la présidente du Rassemblement des garderies privées, Julie Plamondon, M. Alahmad s'est présenté au parlement pour revendiquer d'être entendu par le gouvernement.

«C'est quoi leur objectif? Nous, on se questionne. Est-ce que l'objectif, vraiment, est de mettre le réseau en péril?», s'interroge M. Alahmad, qui considère que Québec «est en train d'étouffer le réseau, qui est déjà étouffé».

Le gouvernement veut évacuer le «volet éducatif de notre mission», déplore de son côté Louis Sénécal.

Depuis des mois, un climat de méfiance s'est installé et les relations sont très tendues entre le réseau et la ministre de la Famille, Francine Charbonneau, qui veut maintenant réduire les coûts de gestion des services de garde, après avoir revu le mode de financement, augmenté le tarif et procédé à d'importantes compressions.

Aussi, la grande majorité des services de garde «ne seront pas capables de maintenir leurs opérations, à partir du 1er avril», si Québec maintient la pression sur son réseau, soutient M. Alahmad.

Les quatre organisations étaient venues à Québec revendiquer notamment la création d'une «réelle» table de négociation entre elles et Québec pour influencer les décisions et orienter les changements à venir. Mais elles sont reparties bredouilles.

La ministre ferme la porte

La ministre Charbonneau a aussitôt fermé la porte à leur requête. «On est en discussion. Je suis pas en négociation, je suis en discussion», a dit Mme Charbonneau, lors d'un bref point de presse, après une courte rencontre avec les représentants des groupes.

Elle se dit ouverte au dialogue, tandis que les porte-paroles du réseau l'accusent de se livrer à un monologue sans fin depuis qu'elle est en poste. Ils lui reprochent notamment d'avoir pris plusieurs décisions lourdes de conséquences sans aucune consultation et d'adopter une approche strictement comptable.

Ils exigent aussi que toute nouvelle refonte du mode de financement se traduise par un réinvestissement des sommes éventuellement récupérées dans le développement du réseau.

Une autre source d'inquiétude du réseau tient à la volonté de la ministre de calquer le niveau de subventions versées sur le tiers des garderies exerçant le meilleur contrôle de leurs dépenses, ce qu'elle appelle le «tiers performant».

Mais il s'agit là d'un «écran de fumée» masquant la volonté cachée de Québec de revoir le modèle de services de garde éducatifs québécois, en place depuis une vingtaine d'années, selon Louis Sénécal, persuadé que le réseau n'a plus aucune marge de manoeuvre financière après des années de coupes gouvernementales.

Les porte-paroles des associations étaient accompagnés par le député péquiste Sylvain Pagé et la députée solidaire Françoise David.

Selon elle, contrairement à ce que prétend la ministre, le «tiers performant» regroupe les garderies «les moins performantes», où les réductions de dépenses peuvent entraîner une baisse de qualité des services offerts.

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