Contact avec les animaux dans les zoos: une révision des règles saluée à Granby

Il a fallu deux ans au lion Boomer,... (photo archives La Voix de l'Est)

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Il a fallu deux ans au lion Boomer, qu'on voit ici lors de son arrivée à Granby en 2008, pour arriver à vivre avec ses semblables. -

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Jérôme Roy
La Voix de l'Est

Le Zoo de Granby salue la révision de la réglementation encadrant les jardins zoologiques de la province, particulièrement en ce qui concerne les contacts entre les visiteurs et les animaux.

Mal à l'aise avec les pratiques en vigueur dans certains zoos, le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs a amorcé une réflexion majeure qui pourrait mener au resserrement des règles. Québec s'appuie sur des principes de sécurité publique et d'amélioration des conditions de vie des diverses espèces gardées en captivité pour expliquer la révision.

Directeur de l'activité zoologique au Zoo de Granby, Alain Fafard est au fait du dossier qui, selon lui, est plein de bon sens.

«Nous, on est tout à fait d'accord. On trouve ça de bon augure. Ça fait 20 ans qu'on a arrêté cette pratique de manipuler des bébés. Avec les années, on s'est aperçus que ce n'était pas une bonne chose pour les animaux», affirme-t-il avant d'ajouter que les visiteurs préfèrent, de toute façon, voir les bébés avec leur mère.

Des problèmes de reproduction

M. Fafard dit avoir constaté des problèmes de socialisation et de reproduction pour les animaux ayant été mis en contact avec des humains.

«On a eu beaucoup de problèmes avec des programmes de reproduction, explique-t-il. Avec les années, on s'est aperçus que ces animaux ne font pas de bons reproducteurs. Ils n'ont pas le comportement adéquat.»

Il cite notamment le cas d'une femelle jaguar qui tuait systématiquement ses bébés si les employés du zoo ne les élevaient pas eux-mêmes, car elle ne savait pas quoi faire. Au niveau de la socialisation, il s'appuie également sur le cas du lion Boomer, à qui il a fallu deux ans avant de pouvoir vivre avec ses semblables. Le gorille Mumba est un autre exemple d'animal qui n'est jamais parvenu à réellement s'adapter aux siens.

Prise de conscience

Biologiste à la direction régionale du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, Simon Larouche note que l'on assiste à «une prise de conscience au niveau gouvernemental» et que «dans un processus d'amélioration continue, les politiques seront revues».

Au Zoo de Granby, M. Fafard dit que la tendance est aujourd'hui à la sensibilisation du public au respect de la nature.

Pratique dangereuse

«Le fait de pouvoir caresser les animaux n'est pas une pratique avec laquelle nous sommes à l'aise et c'est pour ça qu'il y a une réflexion qui est présentement en marche. Au plan éthique, on trouve que c'est un très mauvais signal à donner à la population, surtout aux enfants. On vient enlever une forme d'inhibition. Un enfant qui vient flatter un ourson et qui en croise un en forêt éventuellement pourrait se dire: "j'en ai flatté un, il n'y a aucun problème"». Ça reste un animal sauvage qui peut causer la mort», met en relief Simon Larouche, qui rappelle que l'instinct de ces animaux peut se manifester à n'importe quel moment, sans crier gare.

Là encore, le directeur de l'activité zoologique du Zoo de Granby, M. Fafard, est d'accord.

«Ce sont des animaux forts, lourds. Mais même à 100 livres (un félin comme un lion) peut faire de sérieux dommages, ce sont des animaux imprévisibles», prévient l'expert.

 

- Avec la collaboration du Quotidien

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