Arctique : un moratoire sur les pêches possible?

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Le Canada souhaite travailler avec ses partenaires de l'Arctique en passant par une interdiction des pêches en haute mer pour préserver les écosystèmes.

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Bob Weber
La Presse Canadienne
Washington

Le Canada et les pays côtiers de l'Arctique participeront à des négociations avec d'autres pays, lundi, sur la possibilité d'imposer un moratoire sur les pêches dans les hautes mers de la région nordique jusqu'à ce qu'on en sache davantage sur l'état des écosystèmes.

Les pourparlers, qui se tiendront à Washington, visent à confirmer une interdiction qui a déjà été approuvée par le Canada, les États-Unis, la Norvège, le Danemark et la Russie en juillet.

Le Canada souhaite travailler avec ses partenaires de l'Arctique quant à la recherche scientifique dans cette région et cela passe par une interdiction des pêches en haute mer jusqu'à ce que des mesures appropriées soient mises en place pour préserver les écosystèmes, a fait savoir le ministère des Pêches et des Océans.

Le moratoire toucherait les eaux dans le centre de l'océan Arctique qui dépassent les limites territoriales de tous les pays. La pêche commerciale n'est pas pratiquée à l'heure actuelle, mais avec le réchauffement de la planète, elle pourrait devenir attrayante.

Dans les dernières années, 40 pour cent de ces eaux n'étaient pas couvertes de glace à l'été.

Les pays côtiers de l'Arctique présents

Le Canada et les pays de l'Arctique discuteront avec la Chine, le Japon, la Corée du Sud, l'Islande et l'Union européenne - qui figurent parmi les régions qui pêchent le plus dans le monde, selon Scott Highleyman, un représentant de la section environnementale de l'organisation américaine Pew Charitable Trusts et membre de la délégation des États-Unis.

«Leurs flottes de pêche ont la capacité de parcourir le monde entier, dont cette partie de l'Arctique», a-t-il souligné.

«Pour moi, c'est un des points charnières. Est-ce que les (pays hors de l'Arctique) vont accepter d'adopter l'approche plus douce prônée par les pays de l'Arctique? Ou viendront-ils avec une approche agressive pour accélérer la pêche commerciale dans la région?», a-t-il fait remarquer.

M. Highleyman a affirmé que les premiers signes laissent entrevoir une réponse positive de la part des pays hors de l'Arctique. Une récente étude coécrite par un éminent expert chinois suggère que le pays souhaite devenir un «bon voisin» aux pays de l'Arctique alors que les intérêts dans cette région croissent.

«Les négociations sur les pêches pourraient donner l'occasion à la Chine d'être impliquée dans les affaires de l'Arctique d'une façon nouvelle et non menaçante, ce qui diminuera peut-être les inquiétudes des pays de l'Arctique quant aux intentions de la Chine», a écrit Min Pan, de l'université Tonji, à Shanghai.

La présence de la Russie malgré ses désaccords importants avec les États-Unis et le Canada sur d'autres régions du monde, démontre que les pays peuvent trouver des consensus sur l'Arctique, selon M. Highleyman.

La pêche commerciale dans cette zone de l'océan devient une possibilité de plus en plus réelle, mais les scientifiques en savent très peu sur les réserves de poissons et sur les espèces qui seraient susceptibles de migrer en raison des changements climatiques.

Le fait que ce sujet suscite des discussions souligne toute l'importance de la Conférence sur le climat de Paris qui s'est ouverte dimanche, selon M. Highleyman. «Personne n'en parlait il y a dix ans. C'est une preuve de la rapidité d'impact des changements climatiques sur l'Arctique», a-t-il précisé.

Si tout se déroule bien, une entente pourrait être conclue d'ici la fin de 2016, a prédit M. Highleyman.

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