Vins et spiritueux québécois : la CAQ veut ouvrir le marché

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François Bonnardel a déposé un projet de loi pour libéraliser le marché de la vente d'alcool au Québec.

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Cynthia Laflamme
La Voix de l'Est

(Granby) Devant l'inaction du gouvernement libéral, le député de Granby, François Bonnardel, a déposé jeudi un projet de loi visant à libéraliser le marché de la vente d'alcool québécois et à favoriser la promotion et la production de spiritueux et de vins. Le caquiste dit répondre à une promesse que les libéraux ont faite il y a 18 mois et à un projet de loi que ceux-ci ont déposé lorsqu'ils étaient dans l'opposition.

Ce projet de loi 395 a servi de base à la proposition de la Coalition avenir Québec, mais le parti en a profité pour ajouter quelques idées de son cru. «On s'est dit que, au lieu de juste promouvoir, il faut soutenir la fabrication d'alcool par la création d'un terme qui s'appelle les "agriculteurs distillateurs". Quand on parle d'alcool, que ce soit le gin Ungava ou le Coureur des bois du Domaine Pinnacle, ces distillateurs ne sont pas capables de vendre sur leur propre terre.»

Selon le député de Granby et leader parlementaire du deuxième groupe d'opposition, c'est le cas de tous les producteurs de tels alcools.

Favoriser la vente

Un marché plus libre ouvrirait de nouveaux horizons aux vins québécois. «On voulait premièrement ouvrir le marché pour que ces gens soient capables de vendre dans les bars, dans les marchés, les marchés publics, les foires, et que leurs produits ne soient pas obligés de passer directement par la SAQ. La SAQ se prend une marge de profits qui est la même que ce soit un produit du Québec ou un produit importé de l'Italie ou de l'Espagne.»

Le projet de loi vise également à ce que l'obligation d'étiquetage par la SAQ soit levée pour les alcools locaux. Actuellement, les bouteilles doivent porter le sceau de la SAQ. En enlevant cette obligation, le projet propose d'alléger la réglementation et de faciliter ainsi les démarches des propriétaires. L'allègement se situerait aussi au niveau des permis. Un agriculteur distillateur qui a un petit restaurant ou un bar dans ses installations doit avoir plusieurs permis. Le projet de loi 498 réduirait ce nombre à un seul, ajoute-t-il.

Dans le même ordre d'idée, François Bonnardel a également demandé un mandat d'initiative à la Commission des finances publiques, le mois passé, afin d'étudier le modèle d'affaires de la SAQ pour le revoir et le libéraliser pour ouvrir le marché.

«La réponse que le gouvernement pourrait te donner, c'est qu'il y a des accords internationaux qu'on va violer, reprend M. Bonnardel. Ça, c'est complètement faux parce que la Colombie-Britannique et l'Ontario ont ouvert leur marché dans les dernières années sans qu'il y ait de plaintes. Oui, on est capable de faire ça, et j'oserais croire et je suis persuadé que ça va fonctionner. Les consommateurs québécois, qui connaissent le vin de plus en plus, augmenteront leurs achats de produits québécois.»

Sommes toutes, François Bonnardel espère faire bouger les choses et serait heureux que son projet de loi soit étudié en Chambre. «Mais je ne me fais pas d'illusions. C'est mon boulot comme critique de l'opposition de démontrer qu'on peut être constructif et qu'on peut trouver des solutions. Tant mieux s'ils prennent ma loi, qu'ils vont chercher quelques points et qu'ils modifient leur propre loi pour l'améliorer. Ça va être au moins ça.»

Bisbille

Le dépôt du projet de loi 498 fait suite à des articles de journaux relatant une mésentente entre le ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, Pierre Paradis, le ministre des Finances, Carlos J. Leitão, la Régie des alcools et des jeux et la SAQ qui fait pression sur M. Leitão pour que le marché reste tel quel, soutient M. Bonnardel. «On a eu des discussions avec certains vignobles de notre région. Certains d'entre eux nous ont dit que ça ne fonctionnait pas, que la chicane était prise.»

«Il y avait un jeu de coulisses, un jeu de lobby qui est extrêmement négatif pour les vignobles et surtout les distillateurs.»

Le ministre des Finances a fait savoir, à l'Assemblée nationale, qu'il s'apprêtait justement à déposer un projet en loi en cette matière d'ici la pause du temps des Fêtes, le 4 décembre. Ce que confirme Nathalie Roberge, porte-parole de Carlos J. Leitão. L'Association des micro-distilleries du Québec sera notamment consultée lundi, ce qui rend l'échéance très courte.

Cependant, il nous a été impossible de parler à M. Leitão pour obtenir son avis sur le projet de loi caquiste. «On va le lire, on va le regarder et on va pouvoir le commenter par la suite», a dit Mme Roberge.

Durant la brève conversation téléphonique, elle a fait savoir qu'il n'y avait pas de friction entre les ministres et que les deux sous-ministres collaboraient encore mercredi, esquivant du coup les problèmes soulevés par un quotidien montréalais. Dans ce papier, Pierre Paradis laissait entendre que ses fonctionnaires n'étaient pas au courant d'une rencontre technique portant sur ce sujet.

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